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Nicolas Sarkozy attendu sur les primaires

Reuters23/09/2014 à 18:39

NICOLAS SARKOZY ATTENDU SUR LES PRIMAIRES

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy, dont la campagne pour la présidence de l'UMP débute officiellement jeudi, est pressé de clarifier sa position sur la primaire de 2016 que ses rivaux le soupçonnent de vouloir escamoter pour briguer l'Elysée à la Bonaparte.

L'ancien président se serait, selon ses proches, résigné au principe d'une primaire à droite pour la présidentielle de 2017 après l'avoir longtemps désapprouvée, mais rien n'atteste de cette conversion depuis sa déclaration de candidature.

Et dans le "chamboule-tout" qu'il promet à l'UMP après l'élection du 29 novembre, ses principaux concurrents pour 2017, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon, redoutent que cette procédure, certes en contradiction avec la tradition gaulliste du "chef", ne disparaisse corps et biens.

Si la primaire était abandonnée, "ce serait un point de conflit dur", prévient Alain Juppé mardi dans Sud Ouest.

Les nouveaux statuts de l'UMP, nés du conflit de l'automne 2012 entre Jean-François Copé et François Fillon, prévoient à l'article 34 l'organisation d'une "primaire ouverte à l'ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la République".

Il est indiqué qu'un parti politique autre que l'UMP qui en ferait la demande peut y prendre part "après accord du Bureau politique". Ces nouvelles règles ont été validées à près de 93% en juin 2013 par les militants UMP.

LA PRIMAIRE, LA CHANCE DE JUPPÉ

Depuis son entrée en lice, Nicolas Sarkozy esquive la question. Pas un mot dans sa déclaration publiée sur Facebook et cette réponse évasive - "Je n'ai pas besoin de rassurer Alain Juppé" - dimanche soir sur France 2.

Pourtant, par une confidence au Journal du Dimanche, l'ancien président a relancé les spéculations sur ses intentions réelles : "Si je réussis cette nouvelle formation, ils (Juppé et Fillon) ne pourront plus me rattraper". En clair, plus besoin de départager les prétendants à la présidentielle.

"L'article 34 implique, comme pour la primaire du PS en 2011, que tout électeur peut venir voter. Avec cette procédure, Alain Juppé bat Nicolas Sarkozy", estime le politologue Thomas Guénolé.

"Si ce dernier reprend maintenant l'UMP, c'est parce qu'il s'agit de sa dernière fenêtre de tir pour essayer de faire sauter l'article", ajoute-t-il.

Une source proche de la direction de l'UMP envisage une autre stratégie : "Sarkozy va faire croire que la primaire aura lieu mais il fera tout, avec son ouverture au centre, pour que les sondages l'imposent aux autres, jusqu'à rendre la primaire inutile. Donc il n'y aura pas de primaire si tout se passe bien pour lui."

En octobre 2011, la "primaire citoyenne" du Parti socialiste avait réuni près de 2,7 millions de votants au premier tour et 2,9 millions au second tour.

"Nicolas Sarkozy ne pourra pas faire les primaires tout seul, ça ne marchera pas. Si le but est de faire voter les 175.000 militants de l'UMP, ce n'est pas la peine, ils l'auront fait en décembre prochain", déclare Alain Juppé dans Sud Ouest.

SARKOZY "NE LÂCHERA PAS" LA PRIMAIRE

Le maire de Bordeaux, candidat déclaré à la primaire avec François Fillon et Xavier Bertrand, souhaite ouvrir le scrutin à l'UDI et au MoDem afin d'éviter une dispersion des candidatures qui "pourrait entraîner un deuxième tour entre le candidat socialiste et Marine Le Pen".

"Je sais très bien que beaucoup de militants de l'UMP ne comprennent pas que je souhaite travailler avec le MoDem, car ils ont toujours en travers de la gorge la prise de position de Bayrou au moment de l'élection présidentielle", souligne Alain Juppé. Le président du MoDem s'était prononcé pour François Hollande au second tour de la présidentielle de 2012.

"Oui, il a fait une erreur. Mais, aujourd'hui, sa position à l'égard du pouvoir socialiste est claire", assure Alain Juppé.

Claude Guéant, fidèle de Nicolas Sarkozy, est sceptique.

"Je pense que les militants de l'UMP auront quand même un regard attentif sur ce que sont des primaires ouvertes, ils n'ont pas envie que le candidat de l'UMP soit désigné par les socialistes", a-t-il dit lundi sur BFM TV.

Face à ces déclarations lourdes d'ambiguïtés, les soutiens de l'ancien président jouent l'apaisement ou la distance.

"Il m'a garanti qu'il ne lâcherait pas les primaires", a déclaré sur BFM TV Nathalie Kosciusko-Morizet, qui milite pour sa part pour des primaires ouvertes au-delà du centre.

"Les primaires viendront, elles viendront en leur temps" mais "je voudrais quand même qu'on mesure le danger du côté indécent qu'il y a à ne parler que de la primaire", a dit Laurent Wauquiez sur Radio Classique et LCI.

(Sophie Louet avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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