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Les ex-SNCM inquiets d'un nouveau changement de patron
Reuters16/02/2016 à 12:40

LE RAPPROCHEMENT DE L'EX-SNCM AVEC CORSICA MARITIMA INQUIÈTE LES SALARIÉS

MARSEILLE (Reuters) - La cession totale de l'ex-SNCM envisagée par le repreneur désigné, Patrick Rocca, au profit du consortium Corsica Maritima a provoqué de vives inquiétudes parmi les salariés de la compagnie maritime, qui craignent une liquidation de la société.

L'accord conclu le week-end dernier prévoit la cession totale des parts détenues par Patrick Rocca, qui deviendrait en échange actionnaire et membre du conseil d'administration de CM Holding, émanation de Corsica Maritima qui regroupe 130 entrepreneurs de Corse.

"Les modalités de cet accord de cession doivent être présentées mercredi lors d'un comité d'entreprise à Marseille", a précisé une source proche du dossier, confirmant une information de la revue spécialisée Le Marin.

La réunion doit se tenir au siège de Maritima Ferries (MCM), l'entité qui a officiellement succédé en janvier à l'ex-SNCM, conformément à la décision rendue le 20 novembre par le tribunal de commerce qui a choisi l'offre du transporteur corse Patrick Rocca pour la reprise de la SNCM.

Selon Le Marin, qui cite le protocole d'accord, CM Holding se dit en mesure d'obtenir un financement bancaire approprié.

L'accord reste toutefois soumis à une demi-douzaine de réserves qui apparaissent difficilement surmontables au regard du dossier, comme le transfert du siège social de Marseille à Ajaccio, la validation de cette cession par le tribunal de commerce ou encore l'obtention d'une "lettre de confort" de l'Autorité de la concurrence et de la Commission européenne garantissant la discontinuité économique.

Il prévoit aussi un accord des salariés loin d'être acquis.

L'avocat de CM Holding, Maurice Lantourne, a reconnu mardi un "rapprochement avec Patrick Rocca" et des "négociations en cours lors de ces dernières 48 heures".

Il s'est exprimé à la barre du tribunal de commerce, qui a décidé le report à jeudi de l'audience qui devait examiner en référé les assignations des comités d'entreprises de l'ex-SNCM et de MCM, demandant que cesse la concurrence jugée déloyale de Corsica Linea.

SCIENCE-FICTION

Conjointement créée par les anciens candidats à la reprise de la SNCM, le consortium Corsica Maritima et l'armateur Daniel Berrebi, Corsica Linea a ouvert en janvier une ligne de fret concurrente entre la Corse et le continent qui a contribué à davantage fragiliser la situation de la nouvelle compagnie MCM.

"Manifestement Patrick Rocca a déjà laissé le champ libre à Corsica Maritima et ne défend plus les droits de l'entreprise. C'est une véritable mascarade qui se joue dans le dos des salariés", a dénoncé en marge de l'audience le délégué CFE CGC des navigants, Pierre Maupoint de Vandeul.

La fusion entre les deux rivaux corses s'inscrit dans la volonté de la collectivité territoriale de Corse (CTC), dirigée depuis décembre par les nationalistes, de créer d'ici l'été une compagnie régionale pour assurer les liaisons entre la Corse et le continent.

"La création d'une compagnie régionale n'est que le cache-sexe d'une privatisation", s'est insurgé le secrétaire général des marins CGT, Frédéric Alpozzo.

De source proche du dossier, une partie des salariés ne serait pas hostile à une mise en liquidation judiciaire de l'ex-SNCM pour raisons économiques.

"S'il y a une cohérence, le tribunal de commerce doit reprendre la main, même avec un risque fort de liquidation judiciaire " a affirmé Pierre Maupoint de Vandeul.

Le tribunal de commerce de Marseille doit se réunir jeudi pour étudier la concurrence exercée par Corsica Linea.

A huis clos, il doit ensuite examiner le rachat effectif des actifs de l'ex-SNCM, notamment la signature de l'acte de cession des navires qui sont toujours loués par Patrick Rocca.

"Techniquement, ce dossier est une science-fiction permanente", a résumé l'un des avocats de l'affaire.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

4 commentaires

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  • M2248222
    16 février14:41

    au petit matin 1/4 des employés seulement s'étaient levés pour préparer le petit dej c'est vous dire comment cette compagnie respecte ses clients

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