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La France du médicament va mal, s'alarment plusieurs députés
information fournie par Boursorama avec Media Services24/06/2021 à 14:37

Pénuries, production au ralenti, hausse des prix... Plusieurs députés dénoncent dans un rapport parlementaire présenté mercredi 23 juin un secteur de la santé "fortement marchandisée" et réclament des politiques publiques.

(Photo d'illustration) ( AFP / LOIC VENANCE )

(Photo d'illustration) ( AFP / LOIC VENANCE )

"Le constat dressé est alarmant", résume le député PCF Pierre Dharréville. Alors que le président Emmanuel Macron doit annoncer mardi prochain des mesures concernant le secteur pharmaceutique, à l'issue d'une rencontre préparée depuis des mois avec les industriels de la santé, un rapport parlementaire sur la situation des médicaments en France a été publié mercredi 23 juin. Rien ne va, selon les députés.  

La France, qui dominait l'Europe du médicament voici encore quelques années, est passée à la quatrième ou cinquième place, que ce soit en matière de nouveaux traitements développés ou de quantité de médicaments produits. Les pénuries sont de plus en plus fréquentes, privant régulièrement des patients d'un médicament essentiel à leur santé.

"Nous avons vu croître les pénuries (et) se dégrader la capacité de réponse aux besoins de santé", a déploré M. Dharréville. "On ne peut pas s'y résoudre".

Le constat date déjà de plusieurs années même s'il est ravivé par la crise du Covid-19 avec, par exemple, l'échec de l'Institut Pasteur à développer un vaccin ou les retards du géant Sanofi en la matière. Là où l'approche des députés est neuve, c'est qu'ils se sont penchés sur l'ensemble de la situation au lieu de se concentrer séparément sur la recherche, la capacité à produire des médicaments ou les difficultés des patients à y accéder.

Selon les députés, ce qui ne va pas, c'est que le secteur pharmaceutique, pourtant déjà très régulé, est trop soumis à des logiques financières , même s'ils pointent aussi combien la lourdeur de l'administration peut décourager de mener des essais cliniques en France. "La santé est fortement marchandisée et il y a besoin de politiques publiques", a résumé M. Dharréville. "Ce n'est pas au marché de décider.

Jusqu'où l'Etat doit-il reprendre la main ?

Pour remédier à cette situation, les parlementaires proposent de créer un "chef d'orchestre" des médicaments pour coordonner les politiques publiques, augmenter les salaires des chercheurs, renforcer les sanctions contre les entreprises coupables de pénuries... Ils insistent également sur la nécessité de se coordonner avec les autres pays de l'Union européenne (UE), sur le modèle de ce qui a été fait pour commander les vaccins anti-Covid-19. 

Mais ces mesures s'apparentent difficilement au "changement de modèle" promu par le titre du rapport. Elles ne répondent notamment pas à des problèmes de fond longuement décrits par le rapport lui-même, en premier lieu les choix stratégiques des géants pharmaceutiques.

Ces derniers tendent de plus en plus à diminuer leurs propres recherches pour plutôt acheter, parfois très cher, des startups innovantes. Elles cherchent ensuite à répercuter ces coûts élevés sur le prix du médicament, même si celui-ci n'est pas libre en France.

Leur changement de modèle économique est aussi lié à la révolution des biotechnologies. Elles aboutissent à de nouveaux médicaments très puissants, par rapport aux traitements chimiques classiques, mais aussi très chers.

"Il va falloir trouver le moyen" de financer ces traitements mais "nous n'avons pas été jusqu'à le définir", a reconnu le député Jean-Louis Touraine (LREM). "On a listé quelques pistes mais on n'a pas conclu" sur celle qui sera indispensable, a-t-il ajouté.

Si les députés peinent à trancher, c'est qu'il est probablement impossible de trouver une approche consensuelle sur le plan politique . Exemple le plus marquant : est-ce une bonne idée de créer un grand organisme public, un "pôle", qui gérerait la politique du médicament, de la recherche à leur distribution ?

Communiste, M. Dharréville y est favorable, alors que sa collègue macroniste Audrey Dufeu rejette clairement l'idée. "Un pôle public, c'est illusoire" , a-t-elle assuré, excluant toute "solution magique" et préférant "une collaboration entre les différents acteurs" privés et publics.

7 commentaires

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  • bali16
    24 juin15:53

    Stephan Bancel a montre le chemin - pas d'avenir en USSR