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L'UMP adopte sa règle du jeu pour 2017

Reuters07/04/2015 à 23:15

L'UMP ADOPTE SA RÈGLE DU JEU POUR 2017

PARIS (Reuters) - La compétition à l'UMP pour l'élection présidentielle de 2017 est officiellement lancée avec l'adoption mardi des règles de la primaire "ouverte" de 2016, un exercice inédit à droite que Nicolas Sarkozy entend maîtriser à son avantage.

La Charte de la primaire, préparée par un groupe de travail présidé par le député Thierry Solère, proche de Bruno Le Maire, a été adoptée dans une version amendée, notamment sur les conditions de candidature et le nombre de bureaux de vote, par le bureau politique sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

L'ancien chef de l'Etat avait avancé la réunion d'une semaine, d'un commun accord avec Alain Juppé selon une source UMP, dans le but d'évacuer ce sujet qu'il n'a jamais goûté mais dont le maire de Bordeaux, son principal rival, et François Fillon font un point d'honneur.

L'ancien Premier ministre, qui avait prévenu de son absence le 7 avril, est furieux d'avoir ainsi été "écarté" alors que l'entourage du président de l'UMP assure que Nicolas Sarkozy ne veut pas en faire "un sujet de divisions".

Le 7 mars, lors d'une réunion avec de nouveaux adhérents, le chef de l'opposition avait assuré : "Vous avez adoré Fillon-Copé ? Je ne vous offrirai pas Juppé-Sarkozy".

Les critères de la primaire des 20 et 27 novembre 2016 (en cas de second tour), qui sera supervisée par une Haute autorité, sont censés éviter les ravages de l'élection de 2012 mais des points d'interrogation demeuraient, tel le statut de Nicolas Sarkozy qui n'a toujours pas officialisé sa candidature.

SARKOZY TAIT SON CALENDRIER

L'ancien chef de l'Etat, qui oeuvre depuis son élection au consensus comme pour circonscrire les résistances, a voulu "lever toute ambiguïté", selon son entourage, en s'engageant à démissionner dès l'annonce de sa candidature.

"Tout membre de la direction de l'UMP qui serait candidat à la primaire devra démissionner dès l'annonce de sa candidature", a précisé Thierry Solère lors d'un point de presse.

Détail d'importance, Nicolas Sarkozy reste maître de son calendrier alors que les "fillonistes", notamment, souhaitaient que son retrait intervienne bien avant le scrutin pour éviter un mélange des genres.

Il s'en remet aux statuts de 2013 de l'UMP, qui prévoient que tout membre de la direction se portant candidat démissionne "au plus tard quinze jours" avant la date de dépôt des candidatures, en l'occurrence le 9 septembre 2016.

"Les modalités seront précisées lors du prochain bureau politique, le 14 avril, consacré aux statuts", précise-t-on dans son entourage.

En outre, le vainqueur de la primaire "proposera une gouvernance pour l'UMP jusqu'aux législatives de juin 2017".

"Sarkozy a la main sur l'appareil, il a placé des hommes-clés et dispose a priori du réseau de financement potentiel le plus puissant. Il est en position de force, sous réserve d'ennuis judiciaires", note le politologue Thomas Guénolé.

Pour l'heure, Alain Juppé, François Fillon, Xavier Bertrand, Christian Estrosi ont fait acte de candidature.

Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente de l'UMP, ne s'interdit pas une candidature si ses idées ne sont "pas représentées". Bruno Le Maire, fort d'un score de 29,18% à l'élection à la présidence de l'UMP, n'exclut rien. Thierry Solère se dit "certain" de sa candidature.

MOINS DE PARRAINAGES REQUIS

Nicolas Sarkozy a consenti également une concession sur les conditions de candidature, que contestaient notamment Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Tout candidat UMP devra recueillir les parrainages d'au moins 250 élus, dont 20 parlementaires contre 25 initialement, dans au moins 30 départements, et d'au moins 2.500 adhérents à jour de cotisation répartis sur au moins quinze fédérations.

Les candidatures devront être adressées à la Haute autorité au plus tard le 9 septembre 2016. La liste définitive des candidats sera rendue publique au plus tard le 21 septembre, début de la campagne qui s'achèvera le 18 novembre à minuit.

Pour éviter les fraudes de 2012, le vote, ouvert à tous les citoyens inscrits sur les listes électorales moyennant deux euros et la signature d'une charte des "valeurs républicaines de la droite et du centre", se fera au moyen de bulletins papier, sans procuration possible, dans quelque 10.000 bureaux contre 8.000 initialement.

Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, dont l'alliance avec l'UMP s'est révélée payante pour les départementales, réserve sa réponse sur la participation de la formation centriste. Pressé par Hervé Morin, François Sauvadet ou Maurice Leroy d'entrer dans le processus, le député-maire de Drancy défend l'indépendance du centre et répète que la stratégie présidentielle de l'UDI sera fixée au printemps 2016.

Jean-Christophe Lagarde estime par ailleurs qu'une primaire sans le MoDem n'aurait pas "de sens", alors que Nicolas Sarkozy ne veut pas entendre parler de François Bayrou, accusé d'avoir précipité la défaite de 2012 en votant François Hollande.

(Sophie Louet)

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