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L'Otan propose à Moscou de négocier sur les missiles, reste ferme sur l'Ukraine
information fournie par Reuters 12/01/2022 à 17:44

L'OTAN PROPOSE À MOSCOU DE NÉGOCIER SUR LES MISSILES, RESTE FERME SUR L'UKRAINE

L'OTAN PROPOSE À MOSCOU DE NÉGOCIER SUR LES MISSILES, RESTE FERME SUR L'UKRAINE

par Robin Emmott et Sabine Siebold

BRUXELLES (Reuters) - L'Otan a proposé mercredi à la Russie des discussions sur le contrôle des armements et le déploiement des missiles avec l'objectif de prévenir tout nouveau conflit en Europe, tout en réitérant son refus d'octroyer à Moscou un droit de regard sur une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'Alliance atlantique.

A l'issue de quatre heures de discussions entre les ambassadeurs des trente pays de l'Otan et une délégation russe à Bruxelles, le secrétaire général de l'organisation, Jens Stoltenberg, a averti que l'Otan ne laisserait pas la Russie dicter ses exigences en matière de sécurité sur le continent et relancer l'idée "dangereuse" de zones d'influence.

"Il y a un risque réel de nouveau conflit armé en Europe", a déclaré Jens Stoltenberg lors d'une conférence de presse, une mise en garde qu'il avait déjà exprimée ces derniers jours.

"Il y a des divergences significatives entre les alliés de l'Otan et la Russie", a encore observé le secrétaire général de l'Otan en constatant l'absence de percée au terme de ce Conseil Otan-Russie, le premier depuis deux ans.

"Nos différences ne seront pas faciles à surmonter mais le fait que les alliés de l'Otan et la Russie s'assoient autour de la même table et discutent de questions importantes est un signal positif."

La Russie a contraint les Occidentaux à négocier sur la sécurité en Europe en massant l'automne dernier quelque 100.000 soldats près de ses frontières avec l'Ukraine, selon les estimations données par Kiev et Washington.

Moscou nie toute volonté d'envahir l'ancienne république soviétique mais réclame des engagements contraignants de la part de l'Ouest pour garantir sa propre sécurité.

La perspective de voir l'Ukraine ou la Géorgie intégrer un jour l'Alliance atlantique - une promesse formulée en 2008 mais jamais concrétisée depuis - est notamment brandie comme une ligne rouge par le Kremlin.

Pour les membres de l'Alliance atlantique, les revendications russes, exprimées en décembre dans deux projets de traités, sont inacceptables, notamment lorsqu'il lui est demandé de revenir au niveau d'activité qui était le sien en 1990, lors de la dislocation de l'Union soviétique, et de ne plus accepter de nouveaux membres.

DÉSESCALADE OU CONFRONTATION

Jens Stoltenberg a réaffirmé que tout usage de la force par la Russie contre l'Ukraine constituerait une grave erreur politique pour laquelle Moscou paierait un lourd tribut.

Dans ce cas de figure, a-t-il prévenu, l'Otan pourrait déployer des renforts sur le territoire de ses pays membres en Europe orientale.

L'Otan est prête à de nouvelles discussions avec Moscou sur une vaste palette de sujets, dont le contrôle des armements et les déploiements de missiles, a-t-il cependant assuré.

La Russie a demandé du temps pour répondre à cette proposition mais, selon la secrétaire d'Etat adjointe américaine Wendy Sherman, n'a pas fermé la porte aux discussions.

"La Russie a clairement entendu aujourd'hui de la part de tous les alliés qu'il était très dur d'avoir un dialogue, une diplomatie susceptible d'être couronnée de succès quand de fait, vous avez 100.000 soldats pratiquant des exercices à tirs réels, de la propagande et de la désinformation", a déclaré la diplomate américaine.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko, qui dirigeait la délégation russe présente au siège de l'Otan à Bruxelles, devait s'adresser plus tard à la presse.

Le Conseil Otan-Russie de mercredi a eu lieu au surlendemain de négociations entre les Etats-Unis et la Russie à Genève, à l'issue desquelles cette dernière a estimé que l'Occident ne prenait pas la mesure de l'urgence de ses demandes et prévenu qu'elle ne laisserait pas les discussions s'éterniser.

De nouvelles discussions sont prévues jeudi dans le cadre de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

"Le rythme intense des contacts bilatéraux et multilatéraux de cette semaine démontre que les Etats-Unis et nos alliés et partenaires ne cherchent pas à gagner du temps", a répondu Wendy Sherman devant des journalistes. "C'est à la Russie de faire un choix difficile : désescalade et diplomatie ou confrontation et ses conséquences."

(Avec John Chalmers, Dmitry Antonov à Moscou, version française Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)

14 commentaires

  • 13 janvier 11:55

    Les russes sont nos frères Poutine leur a volé leur liberté.


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