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Hollande tente d'éteindre l'incendie qu'il a allumé
Reuters14/10/2016 à 14:42

HOLLANDE EXPRIME SES REGRETS AUX MAGISTRATS

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande a tenté vendredi, en exprimant ses "regrets" aux magistrats, d'éteindre la zone la plus menaçante de l'incendie provoqué par ses "confidences" à des journalistes, mais les dégâts semblent loin d'être circonscrits.

Le chef de l'Etat dit comprendre la "blessure" née de ses propos qualifiant la justice d'"institution de lâcheté" parus dans "Un président ne devrait pas dire ça".

"C'est un début de réponse. Sans ça, la crise risquait de s'enkyster, c'est une manière d'éviter ça", a dit à Reuters Olivier Janson, secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire.

Le monde judiciaire n'est pas le seul à s'être offusqué des propos tenus lors d'une soixantaine d'entretiens avec deux journalistes du Monde.

A l'instar de nombreux élus PS, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, et le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, ont pressé le président de "s'exprimer vite" pour clarifier ses propos dont la révélation irrite à six mois de la présidentielle.

Claude Bartolone, "stupéfait", s'est interrogé sur la "volonté" de François Hollande d'être candidat.

"Il y a un grand besoin d’explication pour comprendre s’il veut vraiment être candidat", a-t-il dit à La Provence.

Pour Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Viavoice, "ce livre aurait pu être l'occasion de solder une partie du débat sur son bilan et au final, c'est uniquement la réactivation de tensions avec des personnes qui, sur le papier, pourraient être proches de lui".

Dans l'ouvrage, François Hollande qualifie, selon des propos rapportés, les footballeurs de "gosses mal éduqués", juge que l'immigration est trop importante et confirme qu'il utilise le terme de "sans-dents" pour les pauvres.

VALLS DEMANDE DES DÉBATS "DIGNES"

Des citations choquantes que n'a pas manqué de relever l'ex-président Nicolas Sarkozy lors du premier débat entre candidats à la primaire de la droite, jeudi soir sur TF1.

Certains voient un "suicide politique" dans cette parole livrée sans filtre à des journalistes, parfois en totale contradiction avec ses discours et ses actions de président.

Serge Raffy, biographe de François Hollande, fait même un pont avec l'affaire du Sofitel qui a fait exploser en vol, en 2011, le projet de Dominique Strauss-Kahn de briguer l'Elysée.

"L'homme au sourire de glace s'est enfin 'défoulé', en prenant le risque de dynamiter sa candidature à l'élection de 2017", écrit-il dans L'Obs, hebdomadaire de gauche, évoquant "une forme de refus du passage à l'acte".

En visite au Canada, le Premier ministre Manuel Valls a envoyé des messages qui peuvent être lus comme des signaux.

"Il faut que nos comportements (...) soient dignes, soient à la hauteur de ce que les Français attendent", a-t-il déclaré lors d'un aparté avec la presse à Montréal.

"Il faut de la dignité. Il faut de la pudeur. Il faut de la hauteur de vue. Il faut être sur des sujets qui intéressent les Français et concentrer sur une seule tâche, servir notre patrie et servir nos compatriotes", a ajouté le chef du gouvernement.

EFFETS NÉGATIFS ?

Loyal envers François Hollande, Manuel Valls se pose en recours à gauche au cas où le président choisirait de ne pas briguer à un second mandat, ce qu'il dira en décembre.

Ces dernières semaines, tout semblait conduire vers une nouvelle candidature présidentielle, malgré des sondages désastreux et les ambitions affichées des ex-ministres de l'Economie Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg.

"Sur le papier, les conditions ne sont pas tout à fait réunies, ni auprès des sympathisants de gauche, ni en terme de réussite économique et sociale", dit Jean-Daniel Lévy. "Mais en confrontation, François Hollande reste un candidat crédible pour représenter la gauche à la présidentielle".

Le député socialiste Sébastien Denaja pense que la crise de ces derniers jours n'aura pas d'incidence sur la stratégie future du locataire de l'Elysée.

"C'est les jours prochains qui le diront. Je pense que l'effet négatif de la parution de ce livre se réduit dans le temps. D'abord parce que François Hollande est l'action", a-t-il dit à Reuters.

Les dégâts sur l'opinion pourront être mesurés lors des déplacements de François Hollande de samedi à Nice, pour un hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet, et lundi à Florange, symbole des difficultés de l'industrie en France.

(Avec Yann Le Guernigou, David Ljunggren à Montréal, édité par Yves Clarisse)

10 commentaires

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  • frivet
    14 octobre18:06

    M Hollande vous nous faites honte, vous rabaissez l'image de votre fonction, il est grand temps de présenter votre démission.

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  • albert__
    14 octobre16:19

    Prochaine étape : à plat ventre devant les sportifs qui seraient des "décervelés"....

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  • albert__
    14 octobre16:19

    Il n'en finit pas d'abaisser la fonction présidentielle qui avait déjà été bien entamée par son prédécesseur. Comment aller plus bas, en quelque sorte qui dit mieux ? Il est grand temps de restaurer la dignité qui sied à qui dirige un grand pays comme le nôtre.

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  • kurki
    14 octobre16:05

    Il ne faut pas attendre la fin de sa mandature. Ce type est FOU, il faut le destituer tout de suite. La Constitution le permet : il est "dans l'incapacité" de gouverner le pays !

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  • chmey671
    14 octobre15:46

    Comment ce type a pu devenir Président ? ....c'est une mauvaise blague@lorant21 : certainement pas il est convaincu du contraire ...

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