Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets
Fermer

Gaz à effet de serre : le nucléaire français émet chaque année 1,3 à 2 tonnes de SF6, soit l'équivalent de 30 à 45.000 tonnes de CO2
information fournie par Boursorama avec Media Services 02/11/2021 à 11:47

Le SF6, utilisé pour ses propriétés d'isolant électrique, possède un potentiel de réchauffement 23.500 supérieur à celui du CO2 pour une durée de vie de 3.200 ans, selon EDF.

La centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime). ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

La centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime). ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

Réputé exceller dans ce domaine, le nucléaire français peut mieux faire en matière de gaz à effet de serre selon le gendarme du nucléaire. Les centrales nucléaires sont certes "faiblement carbonées mais elles émettent des gaz beaucoup plus puissants que le C02 qui ne sont pas négligeables par rapport au discours du nucléaire 'on est totalement clean'" pour le climat, a commenté Yannick Rousselet, chargé des question nucléaires de Greenpeace France interrogé par l' AFP .

SF6 et fluides frigorigènes, puissants gaz à effet de serre

Plus puissant des gaz à effet de serre, le SF6 est utilisé pour ses propriétés d'isolant électrique. Mais il possède un potentiel de réchauffement 23.500 supérieur à celui du CO2 pour une durée de vie de 3.200 ans, selon EDF. Or les réacteurs français émettent chaque année de 1,3 à 2 tonnes de SF6 soit entre 30.000 et 45.000 tonnes équivalent CO2, selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L'ASN relève en outre pour 2018-2020 plusieurs milliers de kilos par an de fuites de fluides frigorigènes, des gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est de 1.200 à 3.000 fois supérieur à celui du CO2 selon le type de gaz.

Ces émissions sont faibles comparées aux 396 millions de tonnes équivalent C02 émises en 2020 en France, avant tout par les transports et le chauffage. Mais le gendarme du nucléaire n'en suit pas moins ces "fuites" de près, à l'heure où l'objectif d'une neutralité carbone en 2050 doit se traduire par une électrification massive des usages. L'atome produit plus de 70% du courant en France, un record mondial.

Des émissions surveillées

Depuis 2018, l'ASN demande aux centrales nucléaires de lui déclarer un "événement significatif environnement" (ESE) dès lors que le seuil annuel de 100 kg émis est dépassé pour le SF6, comme pour les fluides frigorigènes. Le gendarme du nucléaire a ainsi enregistré 16 ESE depuis 2018 pour le SF6 et 14 à 17 par an sur 2018-2020 pour les fluides frigorigènes. Pour le SF6, le gendarme du nucléaire "a mené depuis 2019 des actions de contrôles de centrales nucléaires sur les rejets" et "EDF a mis en place depuis 2019/2020 un plan de résorption des fuites", selon l'instance. Sa mise en œuvre fait "l'objet d'une campagne de contrôle" de l'ASN en 2021.

Dans ce cadre, l'Autorité a déploré en juillet des "lacunes persistantes concernant les rejets de SF6", en 2020, à la centrale de Penly (Seine-maritime) avec des "rejets assez importants non maîtrisés" de ce gaz. Avec ses deux réacteurs, la centrale normande a émis 559 kg de SF6 en 2020, 880 kg en 2019, 777 en 2018, bien au-delà du seuil déclenchant la déclaration d'un ESE. Selon l'ASN, les fuites de SF6 concernent au total six des 18 centrales nucléaires (Penly, Paluel, Blayais, Flamanville, Golfech, Gravelines). Elles interviennent plus fréquemment sur les sites situés en bord de mer en raison de la corrosion liée à l’air salin.

EDF met toutefois en avant qu'entre 2008 et 2020 "les fuites de SF6 du parc nucléaire ont été réduites de près de 85%" et "les projections à septembre 2021 confirment des diminutions substantielles de 26 à 28% par rapport à 2020". Interrogé sur les fluides frigorigènes, le géant du nucléaire n'a pas communiqué de chiffres.

Des seuils trop laxistes ?

De son côté, l'association "Sortir du nucléaire" déplore que le seuil de 100 kg pour la déclaration d'ESE soit le même pour le SF6 et les fluides frigorigènes alors que le SF6 est beaucoup plus puissant. L'organisation regrette en outre que le seuil soit le même quel que soit le nombre de réacteurs dans la centrale.

Côté CO2, Greenpeace rappelle par ailleurs que la filière nucléaire génère d'autres émissions hors centrales, via l'extraction dans les mines, les transports de matière ou l'usine de retraitement de la Hague.

17 commentaires

  • 25 mars 18:02

    1/ SF6 nucléaire Français = 12,5% des rejets français et 0,02% des rejets de SF6 mondiaux.2/ Le SF6 mondial, c'est 0.59% des gaz à effet de serre mondiaux. Le SF6 français, c'est 0,0009% des gaz à effet de serre mondiaux (moins de un cent millième). Le nucléaire français, c'est 0.00012%, soit 1.2 millionièmes des rejets des gaz à effet de serre mondiaux...grinepisse a encore une fois manqué l'occasion de ne pas passer pour des rigolos


Signaler le commentaire

Fermer