Aller au contenu principal
Fermer

France/Budget: Le PS met la pression sur Bayrou à la veille de la Commission mixte paritaire
information fournie par Reuters 29/01/2025 à 17:54

Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris

Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris

Le Parti socialiste (PS) s'est dit prêt mercredi à reprendre les discussions budgétaires avec le gouvernement en posant ses conditions, notamment le retrait du terme controversé de "submersion" migratoire utilisé par François Bayrou.

Lundi sur LCI, le Premier ministre a estimé que l'immigration pouvait provoquer le "sentiment d'une submersion", expression que la gauche juge empruntée à l'extrême droite et qu'il a de nouveau utilisée mardi lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, provoquant l'annulation par le PS d'une réunion préparatoire à la Commission mixte paritaire (CMP) qui se réunit à partir de jeudi pour doter le pays d'un budget.

"On a suspendu les négociations parce que nous estimions que les mots n'étaient pas dignes du Premier ministre", a expliqué mercredi au micro de Sud Radio le député socialiste Philippe Brun, membre de la CMP.

"Le Premier ministre a déraillé et nous l'appelons au sursaut", a-t-il ajouté, plaidant pour une reprise des pourparlers.

"Je crois que l'intérêt du pays, c'est que le Premier ministre s'explique, que le Premier ministre retire ses propos, que le Premier ministre rassure aujourd'hui les députés et sénateurs et puis qu'on reprenne les négociations pour obtenir un budget pour la France", a-t-il ajouté.

Parmi les sujets de négociation sur la table, le député a évoqué une augmentation de la prime d'activité et du Smic, ainsi que des mesures pour l'écologie, comme le "rétablissement des crédits du Fonds vert".

Il a aussi demandé à ce que la surtaxe d'un an prévue sur les grandes entreprises - objet de vives critiques de la part du PDG de LVMH Bernard Arnault - soit instaurée pour une durée de deux ans.

Autre mesure mise dans la balance par les élus socialistes : le maintien des crédits alloués à l'aide médicale d'Etat (AME) pour les étrangers en situation irrégulière.

CENSURE

L'un des enjeux de ces négociations est l'éventuelle censure du gouvernement par le PS en cas de recours - probable - à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2025 à l'Assemblée nationale.

Interpellé à nouveau mercredi au Sénat sur le terme "submersion", François Bayrou - absent de l'hémicycle - a tenté d'apaiser les tensions.

"Les mots sont des pièges. Est-ce qu'il y a un sentiment de submersion ? Dans les sondages, les deux tiers des Français expriment ce sentiment et on ne retient dans cette expression que le mot de 'submersion' et non celui de 'sentiment'", a indiqué le chef du gouvernement dans un message lu par le ministre chargé des relations avec le Parlement, Patrick Mignola.

Insuffisant pour le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner.

"Au moment, où je vous parle, [les discussions avec le gouvernement] sont bloquées", a dit le sénateur sur Public Sénat. "Je ne sais pas si cette réponse justifierait que nous retournions à la table des négociations".

Trois élus socialistes figurent au sein de la CMP : Philippe Brun et les sénateurs Claude Raynal et Thierry Cozic.

Interrogée sur les tensions avec le PS, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas avait dit plus tôt souhaiter qu'il n'y ait pas de "prise d'otages" sur le budget et assuré que les négociations se poursuivaient, y compris avec les socialistes.

"A ce stade, les négociations sont en cours. Les membres de la Commission mixte paritaire sont en train de discuter et nous souhaitons qu'il n'y ait aucune prise d'otages de quelque nature que ce soit sur le budget", a-t-elle déclaré lors du compte-rendu du conseil des ministres.

Les crispations au PS pourraient replacer le Rassemblement national (RN) au centre du jeu en mettant une nouvelle fois dans les mains du parti une éventuelle censure du gouvernement.

Auprès de Reuters, le député RN Jean-Philippe Tanguy, membre de la commission des Finances, a assuré que sa formation discutait "sans discontinuité, depuis le début" avec le gouvernement sur la préparation du budget.

(Reportage Blandine Hénault et Elizabeth Pineau avec la contribition de Michel Rose)

32 commentaires

  • 30 janvier 16:53

    Il va mettre la pression et il va en récolter le jus .un mélange d’impôts et d’emprunts 4000 milliards a rembourser


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • jcdecaux-1 (Crédit: L. Grassin / )
    information fournie par Zonebourse 26.03.2026 07:08 

    JCDecaux annonce que sa filiale Wall GmbH s'est vu attribuer le contrat exclusif portant sur le mobilier urbain publicitaire analogique et digital de Rostock, la plus grande ville du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, avec 175 000 habitants. Principal ... Lire la suite

  • Un employé de Lynas Corp au nord-est de Perth, en Australie.
    information fournie par Reuters 26.03.2026 07:05 

    La France ‌fait partie des pays prêts à investir dans des ​projets miniers australiens liés aux minéraux critiques, a déclaré jeudi la ministre australienne des Ressources, Madeleine King. L'Australie s'est engagée ​depuis quatre ans dans une mission visant à développer ... Lire la suite

  • Illustration de la carte montrant le détroit d'Ormuz
    information fournie par Reuters 26.03.2026 06:54 

    par John Irish et Andrew Gray Les ministres des Affaires étrangères des ‌pays membres du G7 se réunissent en France cette semaine, dans un contexte de guerres en Ukraine et en Iran, d'incertitude économique, et d'inquiétude quant à la politique ​étrangère des Etats-Unis. ... Lire la suite

  • Photo prise le 25 mars 2026 et publiée par l'agence nord-coréenne KCNA le 26 mars, montrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (d.) saluant le président bélarusse Alexandre Loukachenko (centre) à la Tour de la Libération, à Pyongyang ( KCNA VIA KNS / STR )
    information fournie par AFP 26.03.2026 06:12 

    Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a été reçu mercredi par le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour sa première visite officielle en Corée du Nord, les deux pays alliés de la Russie étant confrontés à des sanctions occidentales et à des accusations de ... Lire la suite

Pages les plus populaires