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Droite et FN pressent le gouvernement de revoir sa stratégie

Reuters26/07/2016 à 17:08

DROITE ET FN APPELLENT À PLUS DE FERMETÉ CONTRE L'ISLAMISME

PARIS (Reuters) - La droite et l'extrême droite ont réclamé mardi plus d'actes et de fermeté au gouvernement à la suite de l'assassinat d'un prêtre revendiqué par l'Etat islamique, nouveau palier dans l'escalade terroriste en France qui menace selon elles de déclencher "une guerre de religions".

Comme après l'attentat meurtrier de Nice le 14 juillet, Nicolas Sarkozy, qui devrait prochainement se porter candidat à l'investiture présidentielle à droite, a mis en cause l'inertie présumée de l'Etat face à l'"ennemi".

Plusieurs élus de droite ont toutefois mis en garde contre toute déclaration polémique et souligné la nécessité de la cohésion nationale alors que perdure la controverse entre Christian Estrosi, président (Les Républicains) de Provence-Alpes-Côte d'Azur, et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sur le dispositif de sécurité à Nice.

"Cette situation doit nous conduire à la plus grande lucidité et à enfin comprendre que nous devons changer, profondément, la dimension, la mesure, la stratégie de notre riposte", a souligné le président des Républicains lors d'une déclaration au siège du parti, à Paris.

"Notre ennemi n'a pas de tabou, n'a pas de limites, n'a pas de morale, n'a pas de frontières. Nous devons être impitoyables", a-t-il poursuivi.

Nicolas Sarkozy a dénoncé sans plus de précisions "les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète" et demandé que le gouvernement applique "sans délai" les propositions avancées "depuis des mois" par son parti.

"PENTE DANGEREUSE"

Le Républicains proposent, dans le cadre de l'état d'urgence qui a été prorogé de six mois, que les préfets soient autorisés à fermer tout lieu de culte radicalisé "en urgence absolue", à diligenter des contrôles d'identité, des fouilles de bagages et de véhicules sur leur territoire de compétence.

Ils demandent que tout étranger dont les connexions, directes ou indirectes, avec un groupe terroriste sont démontrées soit expulsé de France ou que tout ressortissant français dans la même situation soit placé dans un centre fermé ou avec un bracelet électronique pour une durée de trois mois.

Ils renouvellent leur demande de création de centres de déradicalisation "à la hauteur des besoins". Ils exigent que les détenus condamnés pour terrorisme ne puissent bénéficier d’aménagements ou de réductions de peines automatiques.

Le député LR Georges Fenech, président de la commission d'enquête parlementaire sur la lutte contre le terrorisme, s'est dit à la disposition de Manuel Valls pour participer à un "effort national" contre le terrorisme.

"Nous ne pouvons pas nous laisser emporter dans ce que Daech recherche, c'est-à-dire la division, la fracture de notre société", a-t-il dit sur RTL. "Ce que je crains aujourd'hui, c'est le patron de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure-NDLR) qui nous l'avait dit, c'est qu'il y ait des violences intracommunautaires, des violences interreligieuses".

"Il faut véritablement maintenant se doter des moyens pour empêcher cette pente dangereuse qui nous guette".

MARINE LE PEN DÉNONCE "DES DÉCENNIES DE LAXISME"

Pour Hervé Morin, président (Nouveau Centre) de la région Normandie et ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, "il faut que l’on prenne des mesures comme la société israélienne a su en prendre pour assurer sa sécurité".

Le maire LR de Tourcoing (Nord) Gérald Darmanin, qui a récemment publié "Plaidoyer pour un islam français", a souhaité sur Twitter que l'Etat fasse "tout (...) pour éviter cette guerre civile 'religieuse' qui commence sous nos yeux".

Alain Juppé, favori de la primaire à droite en tournée dans le Pacifique, a fait part de son émotion via Twitter, sans plus de commentaire, tandis que François Fillon, également sur Twitter, écrivait : "Nous indigner ne suffit plus".

La présidente du Front national Marine Le Pen met en cause pour sa part des "décennies d'aveuglement et de laxisme".

"La réponse est politique" et "la préservation de l'Etat de droit, indispensable, et sur laquelle nous ne transigerons pas, passe d'abord par l'application des lois et des peines", dit-elle dans un communiqué.

Elle presse le gouvernement de "passer à l'action" et le met en garde : "Sa responsabilité serait historique s'il se maintenait dans une inaction qui pourrait entraîner la mise à mal de la cohésion nationale ou pire de la paix civile".

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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