Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets

Concentration des médias : Vincent Bolloré, Martin Bouygues, et d'autres industriels convoqués au Sénat
information fournie par Boursorama avec Media Services17/01/2022 à 12:05

(Photo by ERIC PIERMONT / AFP) ( AFP / ERIC PIERMONT )

(Photo by ERIC PIERMONT / AFP) ( AFP / ERIC PIERMONT )

Le Sénat compte remettre fin mars son rapport pour faire la lumière sur les conséquences économiques et démocratiques de la concentration des médias.

Bernard Arnault, Vincent Bolloré, et d'autres grands industriels sont convoqués à partir de cette semaine au Sénat, sur fond d'inquiétudes croissantes suscitées par leur mainmise sur la plupart des médias français.

"Jamais dans l'histoire de l'Hexagone une poignée de milliardaires n'a eu une emprise aussi forte sur les chaînes de télévision, radio, journaux et magazines et, ce en pleine campagne présidentielle", souligne l'historien des médias Alexis Lévrier, maître de conférences à l'université de Reims.

Le plus emblématique d'entre eux est Vincent Bolloré - premier actionnaire de Canal +, de deux grands groupes d'édition (Editis, Hachette), de nombreux journaux (magazines de Prisma Media, JDD, Paris Match ) et de la radio Europe 1 . Il sera auditionné mercredi.

C'est sur sa chaîne d'information CNews que Eric Zemmour, polémiste d'extrême-droite, a pris son envol pour devenir candidat à la présidentielle.

"Bolloré n'a ni tenu compte des injonctions du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), ni de la justice sur Eric Zemmour. Là, il est rappelé à l'ordre par l'autorité parlementaire, il va devoir rendre des comptes", estime Alexis Lévrier.

Bernard Arnault auditionné jeudi

Vincent Bolloré, qui avait laissé en 2018 à son fils Yannick la présidence du conseil de surveillance de Vivendi, n'a pas décliné l'invitation du Sénat. Et pour cause : "que l'on soit puissant ou pas, quel que soit son pedigree, on doit répondre aux convocations et venir répondre aux questions des parlementaires", rappelait récemment sur France Inter David Assouline, sénateur socialiste et rapporteur de la Commission d'enquête sur la concentration des médias.

Egalement auditionnés : Bernard Arnault, PDG de LVMH à la tête des quotidiens Les Echos, Le Parisien et de Radio Classique , attendu jeudi, Patrick Drahi, patron du groupe télécom Altice ( BFMTV, RMC ) prévu pour le 2 février et le roi du BTP Martin Bouygues (dont le groupe de télévisions TF1 projette de fusionner avec M6 ), attendu pour le 9 février, pour ne citer que trois des plus puissants patrons de la liste.

Le Sénat compte remettre fin mars son rapport pour faire la lumière sur les conséquences économiques et démocratiques d'une telle concentration.

Reste à savoir ce que le président ou la présidente sorti(e) des urnes en fera. Beaucoup jugent en effet obsolète la loi de 1986 relative à la liberté de communication.

Ainsi, dans une tribune du Monde publiée à la mi-décembre, plus de 250 journalistes et professionnels des médias, dont Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, appelaient les candidats à la présidentielle à prendre des engagements pour s'opposer au "fléau" de l'hyperconcentration dans les médias.

Ils réclamaient une "réforme en profondeur" de la loi de 1986, assortie de la création d'un "statut juridique" spécifique pour les rédactions et d'un "délit de trafic d'influence en matière de presse" pour "limiter tout interventionnisme des actionnaires" et "garantir la participation active des rédactions à la gouvernance de leurs médias".

"Jamais sans doute un homme d’affaires français n’a concentré autant de médias entre ses mains. Jamais la production d’informations et la production culturelle n’ont dépendu à ce point d’une seule et même personne qui méprise l’une des valeurs fondamentales de toute démocratie : l’indépendance des journalistes", peut-on lire dans la tribune.

"On a besoin de médias privés et publics forts" selon Delphine Ernotte

Lors d'une audition au Sénat vendredi, Christophe Deloire a également appelé l'Arcom, nouvelle entité issue de la fusion du CSA et de la Hadopi, à sévir davantage contre les atteintes à l'indépendance, au pluralisme et à l'intégrité de l'information.

La montée en puissance de mastodontes internationaux, comme les plateformes américaines Netflix et Amazon Prime Video, a toutefois bouleversé les équilibres du paysage audiovisuel français. Et certains ne voient d'autre salut que dans le regroupement des chaînes.

C'est d'ailleurs l'un des arguments avancés pour la fusion TF1-M6 , en cours d'examen par l'Arcom et l'Autorité de la concurrence.

"En un temps de quasi monopole des Gafa, l'heure n'est pas à s'inquiéter de la concentration dans le secteur de la TV en France", jugeait récemment à ce sujet auprès de l'AFP l'un des spécialistes du secteur, Patrick-Yves Badillo, directeur de Medi@Lab à l'Université de Genève.

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, estimait elle aussi la semaine dernière sur France Inter que, pour lutter "contre l'hégémonie des médias mondiaux américains aujourd'hui et peut-être demain asiatiques (...), on a besoin de médias privés et publics forts".

Mais elle précisait: "j'ai toujours mis à mon soutien affiché à la fusion TF1/M6 une condition (...) c'est d'avoir un service public fort".

Valeurs associées

Euronext Paris 0.00%
Euronext Paris +1.05%
Euronext Paris -0.19%
Euronext Paris -2.09%
Euronext Paris 0.00%
Euronext Paris +0.06%
TF1
Euronext Paris +0.13%
Euronext Paris +1.39%
NASDAQ +0.26%
NASDAQ +1.58%

7 commentaires

  • 18 janvier09:06

    La liberté de la presse pourquoi la contrôler? Il suffit de lui rendre sa liberté. Et de ne pas financer avec mes impôts des idées qui ne sont pas les miennes.