PIB russe en recul, inflation : la banque centrale de Russie abaisse encore son taux directeur sur fond de difficultés économiques information fournie par Boursorama avec Media Services 24/04/2026 à 14:00
Vladimir Poutine a lui même sonné l'alerte quant au ralentissement de l'économie russe, dont le PIB a même reculé de 1,8% en début d'année.
Après les avertissements lancés par le chef du Kremlin, la Banque centrale de Russie (BCR) a abaissé vendredi 24 avril son taux directeur de 0,5 point, à 14,5%, dans un contexte de difficultés économiques dues au coût de l'offensive en Ukraine et aux sanctions occidentales. La BCR a évoqué dans un communiqué justifiant sa décision un affaiblissement général de la croissance et une "incertitude significative concernant l'environnement extérieur et les paramètres de politique budgétaire".
Vladimir Poutine s'est inquiété mi-avril d'une économie en berne, avec un Produit intérieur brut (PIB) en baisse de 1,8% en janvier-février, et a demandé "des propositions de mesures supplémentaires" pour relancer la croissance. La banque centrale a dit s'attendre à un taux directeur moyen compris entre 14 et 14,5% cette année et entre 8 et 10% en 2027. Elle estime aussi que l'inflation annuelle devrait atteindre entre 4,5 et 5,5% en 2026. Les statistiques économiques russes font toutefois l'objet de doutes, émis par plusieurs services de renseignements dont le "Must" suédois, qui a récemment accusé Moscou de truquer ses données pour afficher une économie plus résiliente qu'en réalité.
La BCR a par ailleurs indiqué continuer de tabler sur une prévision de croissance du PIB pour 2026 comprise entre 0,5 et 1,5%. En 2025, le PIB russe avait augmenté de 1%, un rythme de croissance bien plus lent qu'en 2024. La BCR avait maintenu un taux directeur à près de 20% pendant deux ans, alors que l'économie russe bénéficiait de l'explosion des dépenses militaires liées à l'offensive à grande échelle en Ukraine lancée en février 2022.
Les tensions au Moyen-Orient à la rescousse des caisses russes
Mais ces dépenses colossales ont également fait grimper l'inflation, pesant sur la croissance du PIB, tandis que les entreprises ont dénoncé les coûts d'emprunt élevés. La BCR a progressivement abaissé son taux directeur en 2025 à la faveur d'un ralentissement de l'inflation passée de 9,5% en 2024 à environ 5,6% l'an dernier. La guerre au Moyen-Orient a apporté à Moscou un certain répit financier. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la Russie a presque doublé ses revenus provenant des exportations de pétrole en mars. Mais des problèmes structurels, tels que les pénuries de main-d'oeuvre, la volatilité de la monnaie, une inflation tenace et un climat d'investissement morose, continuent de freiner la croissance.