Le rachat de FRHI par AccorHotels coûte cher selon des analystes

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DES ANALYSTES JUGENT COÛTEUX LE RACHAT DE FRHI PAR ACCORHOTELS
DES ANALYSTES JUGENT COÛTEUX LE RACHAT DE FRHI PAR ACCORHOTELS

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le luxe a un prix. Le rachat de FRHI Holdings par AccorHotels est stratégique pour le groupe hôtelier français, qui se renforce sur le très haut de gamme et le marché américain, mais il est aussi cher payé, estiment des analystes.

AccorHotels a annoncé mercredi l'acquisition des prestigieuses marques Raffles, Fairmont et Swissôtel pour 2,64 milliards d'euros, comblant ainsi ses manques dans le segment du luxe et une quasi-absence aux Etats-Unis.

Avec ces trois marques, le groupe français porte de 15% environ à 35% son exposition au segment du luxe.

"L'opération semble cher payée (...) au regard des caractéristiques 'asset light' (les hôtels sont gérés à 90% en contrat de management) de FRHI", estiment les analystes de Credit Suisse, pour lesquels l'impact relutif sur le bénéfice par action sera limité.

Cette acquisition permettra cependant à AccorHotels d'être mieux placé dans la perspective d'une nouvelle consolidation, ajoutent-ils.

Le secteur de l'hôtellerie mondiale, qui vient de voir le rachat de Starwood par Marriott pour 12 milliards de dollars, est en pleine restructuration pour mieux concurrencer les agences de réservation en ligne (OTA) comme Booking et les plates-formes de location entre particuliers, Airbnb en tête.

Les analystes de Kepler Cheuvreux estiment que FRHI apporte à AccorHotels une légitimité qu'il n'avait pas dans le luxe, le groupe étant jusqu'ici surtout reconnu pour ses enseignes économiques et milieu de gamme (Ibis, Mercure).

Avec une valorisation estimée à 3,8 fois l'Ebitda après synergies, le prix payé par AccorHotels leur semble "raisonnable" par comparaison aux 12,7 fois payés par Marriott pour Starwood avant synergies.

"ATTRAIT EN VUE D'UN ÉVENTUEL SPINOFF"

"Le marché devrait mal réagir à court terme, mais nous estimons qu'AccorHotels constitue un investissement intéressant compte tenu du plan de transformation en cours et d'un profil qui devient plus mondial", ajoutent-ils.

Pour Bryan Garnier, l'opération devrait être dilutive de 15% sur le bénéfice par action 2016 mais légèrement relutive en 2017, en tenant compte des synergies attendues.

Les analystes s'accordent à dire que la notation financière d'AccorHotels n'est pas en risque et que la restructuration de son pôle immobilier (HotelInvest) pourra être poursuivie.

"Le ratio de dette nette sur Ebitda devrait ressortir à 0,5 fois en 2016. Ce deal n'altère donc pas, selon nous, la capacité de HotelInvest à saisir les opportunités de restructuration du parc immobilier", notent ceux d'Oddo Securities.

Perplexes sur la "rationalité" de l'opération, il estiment cependant qu'elle devrait "à terme renforcer l'attrait du pôle de gestion hôtelière (HotelServices) dans le cadre d'un éventuel spinoff, tout en laissant une marge de manoeuvre importante à HotelInvest".

Après avoir perdu plus de 3% dans les premiers échanges à la Bourse de Paris, le titre AccorHotels ne cède plus que 0,1% à 38,82 euros à 13h13, dans un marché lui aussi en léger repli (-0,22% pour le CAC 40).

(Edité par Dominique Rodriguez)

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