Le marché des obligations vertes prend son essor

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(NEWSManagers.com) - La semaine dernière, le groupe australien ANZ a lancé sa première obligation verte, pour un montant de 600 millions de dollars australiens, soit environ 458 millions de dollars US. Une émission très bien accueillie qui illustre l'intérêt des investisseurs pour ce nouveau segment de marché.

Selon l'agence de notation Moody's, qui vient de publier une étude sur le sujet (" Environmental Risks and Developments: Green Bonds Start to Bloom" ), le potentiel de croissance du marché est même considérable. Les marchés américain et européen sont de plus en plus sophistiqués et des pays émergents comme l'Inde et la Chine commencent à s'intéresser de très près à ces instruments.

L'an dernier, le volume des obligations vertes proposées sur le marché a triplé par rapport à 2013 pour atteindre près de 37 milliards de dollars et, selon des estimations de la Climate Bonds Initiative, le volume d'émissions pourrait encore tripler cette année à environ 100 milliards de dollars.

" La croissance du marché des obligations vertes dans le monde devrait se poursuivre alors que se présentent de nouveaux émetteurs présentant des profils de risque très différents, notamment dans des pays comme la Chine et l'Inde qui veulent concilier la croissance de leurs économies avec le développement durable" , souligne Falk Frey, l'un des co-auteurs de l'étude, senior vice-president chez Moody's. En mars dernier, la banque indienne Yes Bank a ainsi lancé sa première obligation verte sur le marché local. Et la Chine veut développer son marché de la dette, ce qui pourrait ouvrir de nouvelles opportunités au secteur des obligations vertes.

L'étude relève que le développement du marché des obligations vertes est bien évidemment favorisé par l'intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour la finance responsable. Les investissements ISR pourraient désormais représenter près de 35% des actifs mondiaux gérés par des professionnels, estime Moody's.

L'an dernier, les émissions d'obligations vertes émises par les collectivités locales et les entreprises ont pour la première fois dépassé celles des banques de développement (46% contre 44%). Une diversification bienvenue qui s'accompagne d'une plus grande variété de notations. En août 2014, les premières obligations vertes high yield ont été émises par l'américain NRG Yield. On observe également une diversification des devises d'émission. Jusqu'en 2009, les obligations vertes étaient libellées en euro, en dollar et en couronne suédoise. L'an dernier, on a dénombré 16 devises d'émission, dont le real brésilien et la roupie indonésienne.

Reste que le marché présente encore quelques défauts inhérents à un nouveau secteur en pleine croissance, entre autres un déficit de standardisation. Et les investisseurs ne seraient pas non plus hostiles à une meilleure prise en compte de la nuance " verte" de ces obligations. C'est d'ailleurs ce qu'ont revendiqué les investisseurs australiens dans l'émission d'ANZ : une prime pour la " bonne cause" par rapport à une obligation classique pour rémunérer et encourager l'investisseur à s'intéresser à un secteur encore un peu jeune...

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