France-Un plan d'urgence pour les éleveurs présenté mercredi

le , mis à jour à 23:04
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* Hollande promet des mesures conjoncturelles et structurelles * Les banques proposent de revoir les termes d'endettement * Le Foll s'est rendu à Caen, réunion mercredi sur les prix * Le mouvement des éleveurs continue dans l'Ouest (Actualisé après réunion,) PARIS, 21 juillet (Reuters) - Le gouvernement français annoncera mercredi un plan d'urgence en faveur des éleveurs et des producteurs de lait, qui ont lancé une campagne de protestation face à l'érosion des prix de leurs productions, avec de premiers résultats enregistrés dès mardi. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, qui a finalement consenti à se rendre à Caen (Calvados) mardi après-midi à la rencontre des responsables agricoles, comme le réclamaient les éleveurs de Normandie, a évoqué "16 à 17" mesures, notamment un allègement de la dette des producteurs. Les banques ont réagi pour faciliter la situation pour les producteurs de lait et lors d'une réunion tardive au ministère de l'Agriculture, la question de la restructuration des dettes a été posée selon Xavier Beulin, président de la FNSEA. A l'issue du rendez-vous normand de l'après-midi, Stéphane Le Foll avait expliqué pour sa part que les critères présidant à l'attribution des aides allaient être revus car ils ne correspondent pas à la réalité des exploitations. Ces éléments donnent les contours des mesures qui devraient être annoncées mercredi. La création d'une plateforme pour aider les éleveurs français à conquérir des marchés à l'export est également évoquée. Des blocages et barrages étaient toutefois encore en cours mardi soir, après que le mouvement des éleveurs qui réclament le respect des accords de revalorisation du 17 juin pour les filières porcine et bovine, s'est étendu dans l'Ouest et a gagné d'autres départements, notamment dans le Sud-Ouest. Dans la journée, les accès à Caen, Evreux, ainsi qu'au Mont-Saint-Michel, l'un des sites touristiques les plus visités de France, au pont de Normandie et au pont de Tancarville ont été bloqués. Il en était de même en Bretagne à Saint-Malo, Brest et Quimper. Le mouvement s'est étendu à la Dordogne, où des éleveurs ont interdit pendant une grande partie de la journée l'accès à la réplique de la grotte de Lascaux. HOLLANDE PREND LA MAIN La crise s'amplifiant après les premières actions des derniers jours, François Hollande a annoncé un plan d'urgence dont les mesures seront dévoilées mercredi. "Je demande à tous les agriculteurs de comprendre que nous sommes tous mobilisés, nous sommes conscients de leurs difficultés", a-t-il déclaré en marge d'un discours à Paris. Les ministres concernés ont étudié les mesures envisageables lors d'une réunion à Matignon en présence de Manuel Valls et le ministre de l'Agriculture s'est rendu à Caen puis a reçu les représentants des éleveurs pour la remise du rapport sur les prix du médiateur pour les relations commerciales. A l'issue de cette réunion, les différents acteurs ont souligné que l'engagement pris sur le porc était quasiment tenu, avec un prix au kilo de 1,38 euro contre 1,40 envisagé, mais que la revalorisation sur la viande bovine était encore insuffisant. "On avait des objectifs qui auraient dû nous amener à une revalorisation de 20 centimes, on est arrivé à 10 centimes parce qu'on a un constat à la fois sur une complexité des cotations beaucoup plus grande (...) et des catégories qui sont différentes", a dit Stéphane Le Foll à la presse. "On va poursuivre l'engagement qui a été pris le 17 juin, continuer à faire pression et on doit atteindre les objectifs", a ajouté le ministre qui réunir à nouveau mercredi les acteurs de la filière -- éleveurs, industriels, grande distribution. "Tout le monde doit se responsabiliser. Il faut faire en sorte que collectivement on arrive à trouver une solution", a-t-il souligné, admettant que même sur le porc, la situation restait "fragile" et qu'il fallait la "tenir dans la durée". Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine, a salué pour sa part l'effort de la grande distribution qui est "dans les clous" mais a déploré "une hétérogénéité au niveau des industriels de l'abattage sur le territoire". "On va avoir du ménage à faire", a-t-il prévenu. MODERNISATION En fin d'après-midi, à Caen, Stéphane Le Foll avait réuni éleveurs bovins, porcins mais aussi producteurs de lait, tous touchés d'une façon ou d'une autre par des problèmes de prix sur le marché français mais aussi à l'export, avec des consommations moindres (Chine) ou embargo (Russie). Le gouvernement a décidé en février de renforcer les aides, des allègements ou des reports de charges et de cotisations à hauteur 23 millions d'euros, et celles-ci vont être affinées. Le gouvernement va "revoir les critères qui s'appliquent pour que les aides aillent aux exploitations qui ont des difficultés", a dit Stéphane Le Foll. Outre les difficultés immédiates va se poser la question de la structuration du secteur et du maintien des niveaux de prix. La grande distribution assure avoir accordé des hausses "importantes" des prix et s'interroge sur la destination de cet argent qui "ne va pas dans la poche des producteurs". Interrogé lors d'une audition à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Economie a estimé "ce sont principalement les filières qui ont eu énormément de mal à moderniser l'appareil productif et à s'adapter durant les années précédentes". "On a des éleveurs qui ne sont pas mieux payés et on a des coûts qui sont 40 à 50% supérieurs (...) Le défi structurel, il est là", a ajouté Emmanuel Macron dans une comparaison avec l'Allemagne et les Pays-Bas, appelant à la "concentration" des petites structures avec l'aide financière de la BPI. (Grégory Blachier, avec Sophie Louet, Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, et Claude Canellas à Bordeaux)


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  • nayara10 le mardi 21 juil 2015 à 10:53

    L'Ouest,pour moi c'est la Bretagne.Seule region qui ne changera pas de nom....