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L’Élysée est une passoire thermique, malgré les travaux entrepris
information fournie par Le Figaro25/11/2021 à 06:00

(Crédits photo : Wikimedia Commons - Leurent.t )

(Crédits photo : Wikimedia Commons - Leurent.t )

En 2017, le candidat Macron a promis de supprimer les passoires thermiques. Mais en 2021, le chef de l'État vit dans un bâtiment loin d'être exemplaire.

«Faites ce que je dis, pas ce que je fais!» Emmanuel Macron pris en flagrant délit de ne pas respecter ses propres engagements. En 2017, alors candidat à l'élection présidentielle, l'actuel locataire de l'Élysée avait promis de supprimer les «passoires thermiques», ces logements les plus énergivores. Qu'ils soient privés comme publics. Une manière de montrer l'exemple. Force est de constater que c'est loin d'être le cas. Le chef de l'État vit et travaille dans un bâtiment public certes particulièrement prestigieux mais loin d'être exemplaire en matière de performance énergétique.

Entre 2018 et 2020, la consommation énergétique de l'Élysée (le palais de l'Élysée et ses dépendances: l'hôtel de Marigny situé en face ainsi que les bureaux des 2,4 et 14 rue de l'Élysée, soit près de 24.200 m²) a grimpé de plus de 8%, selon une enquête de la revue We Demain publiée ce jeudi qui s'appuie sur un diagnostic établi par le cabinet spécialisé Elan France que Le Figaro s'est procuré. En 2020, elle atteint 257,15 kWh/m²/an, ce qui équivaut à une étiquette énergétique de niveau E (A étant la meilleure et G la pire). Un score cohérent pour un monument historique du 18e siècle, selon Elan France.

Les émissions de gaz à effet de serre? Elles sont de l'ordre de 74 kg/m²/an - en hausse de plus de 7% depuis 2018 - et correspondent à une étiquette climat de niveau F, selon les seuils du nouveau Diagnostic de performance énergétique. Voilà qui fait mauvais genre pour un président qui a promis de «diminuer les émissions de gaz à effet de serre». Idem pour le Palais de l'Alma (8266 m²), autre site présidentiel situé dans le 7e arrondissement à Paris. Cet ancien hôtel particulier acquis par l'État en 1960 est aussi classé E pour la consommation énergétique (240,72 kWh/m²/an) et F pour les émissions de gaz à effet de serre (58 kg de CO²/m²/an). Au final, pour cet ensemble immobilier de 32.460 m², où travaillent 800 personnes, la facture de chauffage s'élève à 345.159 euros en 2020 et à 412.881 euros pour l'électricité.

Quid de 2021? L'Élysée n'a pas encore communiqué les chiffres mais, selon nos informations, la situation ne s'est pas grandement améliorée. Or, depuis le 1er juillet et l'entrée en vigueur du nouveau DPE, la donne a changé. Et la nouvelle méthode de calcul n'est pas à l'avantage de l'Élysée. «C'est la pire des 2 notes (énergie et climat, NDLR) qui est prise en compte pour déterminer la classe énergétique du bâtiment», affirme Audrey Zermati, directrice stratégie d'Effy, spécialiste de la rénovation énergétique. C'est donc la note F qui fait de l'Élysée une passoire thermique.

L'Élysée valide les chiffres publiés par We Demain et met en avant les travaux engagés, en... 2020, soit 3 ans après l'élection de l'actuel chef de l'État, pour réduire la consommation énergétique et l'empreinte carbone de l'hôtel d'Évreux. «Depuis le début du quinquennat, beaucoup de travaux ont été entrepris, assure l'Élysée. Mais on parle de monuments historiques du 18e et du 19e siècles dans les lesquels les efforts d'investissements sont importants et nécessite du temps pour réaliser les diagnostics et trouver les bons maîtres d'ouvrage.»

Ainsi, deux vieilles chaudières au fioul du palais de l'Élysée ont été remplacées par une chaufferie au gaz. Des travaux d'isolation des fenêtres ainsi que de la toiture des bureaux de la rue de l'Élysée sont en cours, 200 têtes thermostatiques ont été installées sur les chauffages du palais pour plafonner la température et réduire l'utilisation de... radiateurs d'appoint ou encore des ampoules des lampadaires ont été remplacées par des leds. Enfin, l'Élysée va libérer les bureaux du 14, rue de l'Élysée qui sont les plus énergivores. Les services de cet ancien hôtel particulier acquis par l'État il y a 50 ans, seront déployés dans le palais de l'Alma qui disposera d'une crèche haute performance environnementale à structure en bois. Et au programme des chantiers de 2022 figure aussi l'installation d'une double isolation.

Il serait temps que l'Élysée et ses dépendances ne soient plus des passoires thermiques. Sinon, l'État propriétaire ne pourra plus les louer, conformément à la loi du gouvernement Castex qui interdit à un propriétaire de mettre en location une passoire thermique. Heureusement pour le futur locataire de 2022, cette mesure n'entre en vigueur qu'en 2023... Mais le palais emblématique du 55, rue du Faubourg Saint-Honoré mérite bien une révolution verte. Sans quoi l'Élysée devrait se priver de son locataire, obligé de déménager dans un bâtiment moins fastueux mais plus moderne et fonctionnel. Pour l'heure, il n'est pas question de déménager. «Certes, nous avons beaucoup de points à améliorer mais les efforts sont notables, nous avançons sur ces projets de façon cohérente et coordonnée en améliorant progressivement l'isolation thermique par exemple. Nous voulons faire du palais de l'Élysée un bâtiment plus performant qui entre dans la transition écologique», assure-t-on à l'Élysée.

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