Aller au contenu principal
Fermer

Heurs et malheurs de la fiscalité de l’assurance-vie

information fournie par Le Cercle des économistes 01/02/2021 à 08:26
Philippe Trainar
Philippe Trainar

Philippe Trainar

CNAM

professeur titulaire de la chaire assurance

https://lecercledeseconomistes.fr/

"Réjouissons-nous de la soudaine sagesse du législateur qui s'est laissé convaincre par les vertus incontestables de la stabilité fiscale. Regrettons cependant que cette stabilité ait été acquise au prix d'une fiscalité sous-optimale et peu incitatrice à l'épargne dans la mesure où elle taxe celle-ci deux fois, une fois avant d'investir et une seconde fois au moment de la sortie." (Crédit photo : Adobe Stock)

"Réjouissons-nous de la soudaine sagesse du législateur qui s'est laissé convaincre par les vertus incontestables de la stabilité fiscale. Regrettons cependant que cette stabilité ait été acquise au prix d'une fiscalité sous-optimale et peu incitatrice à l'épargne dans la mesure où elle taxe celle-ci deux fois, une fois avant d'investir et une seconde fois au moment de la sortie." (Crédit photo : Adobe Stock)

Avec la crise sanitaire, les Français ont boudé l'assurance-vie en 2020. Les montants retirés ont atteint 6,5 milliards d'euros, du jamais vu. Alors que le gouvernement veut réorienter vers l'investissement les importantes sommes mises de côté, Philippe Trainar explique comment ce type d'épargne bénéficie d'une stabilité fiscale.

La fiscalité de l'assurance-vie a été pendant plus de trente ans le marronnier du législateur qui n'avait pour objectif que de rogner ses « avantages » tout en s'évertuant à créer de nouveaux produits politiquement tapageurs et économiquement ineptes. Curieusement, depuis peu, le prurit réformateur du législateur semble s'être calmé, se limitant à quelques effets de manche peu convaincants.

Pourquoi ce calme subit ? Certainement pas parce que la fiscalité de l'assurance-vie serait désormais claire et lisible. Bien malin l'épargnant qui, parmi les 45% de ménages français disposant d'un contrat d'assurance-vie, serait en mesure de dire quel est le régime fiscal de son contrat. Tout dépend de son âge, de la génération de son contrat, du montant du contrat, de son taux d'imposition marginale etc. et s'en suit une exubérance fiscale de situations, difficile à résumer sur une page. En fait, ce calme subit vient de ce que la fiscalité de l'assurance a temporairement atteint un port d'attache : par-delà son arborescence foisonnante, elle est aujourd'hui quasi-équivalente à celle des autres produits d'épargne. Naturellement, le «quasi» cache de nombreuses déviations possibles.

Si l'on veut se limiter au cas particulier d'un investissement en assurance-vie effectué aujourd'hui, et en simplifiant, on peut dire que le produit de cet investissement sera taxé à 17,2% pour la fraction de l'investissement détenue plus de 8 ans dans la limite de l'abattement de 4.600 euros pour un(e) célibataire et de 9.200 euros pour un couple (soit 17,2% de prélèvements sociaux), à 24,7% pour la fraction de l'investissement détenue plus de 8 ans, supérieure au plafond de l'abattement mais inférieure à 150.000 euros (soit 17,2% de prélèvements sociaux plus 7,5% de prélèvement forfaitaire réduit) et 30% pour la fraction de l'investissement détenue moins de 8 ans ou supérieure à 150.000 euros (soit 17,2% de prélèvements sociaux plus 12,8% de prélèvement forfaitaire unique).

A quoi s'ajoutent les régimes particuliers des ménages dont le taux marginal de l'impôt sur le revenu est inférieur aux taux ci-dessus, des contrats vie-génération investis dans l'économie sociale et solidaire, des contrats rente-survie et des contrats épargne-handicap.

Reste l'avantage fiscal lié aux droits de succession qui s'est réduit comme peau de chagrin et se limite aujourd'hui au fait que les contrats d'assurance-vie ne sont par rapportés au reste de la succession et qu'ils bénéficient d'un barème moins progressif dont les tranches sont sensiblement plus larges que le barème normal et dont les taux sont plafonnés à 31,5%, le conjoint survivant restant exonéré.

Réjouissons-nous de la soudaine sagesse du législateur qui s'est laissé convaincre par les vertus incontestables de la stabilité fiscale. Regrettons cependant que cette stabilité ait été acquise au prix d'une fiscalité sous-optimale et peu incitatrice à l'épargne dans la mesure où elle taxe celle-ci deux fois, une fois avant d'investir et une seconde fois au moment de la sortie.

Dans les années 80, les pouvoirs publics avaient laissé miroiter l'espoir que ce soit le régime fiscal de l'épargne financière qui tende vers celui plus optimal de l'assurance-vie… mais, tragiquement, c'est l'inverse qui s'est passé : le régime de l'assurance-vie a finalement convergé vers celui sous-optimal de l'épargne financière. Regrettons aussi l'imposition d'un prélèvement social strictement redistributif, sans contrepartie aucune pour l'épargnant, contrairement à tous les autres prélèvements.

DÉCOUVREZ LE CONTRAT D'ASSURANCE VIE BOURSOVIE

Et si l'assurance vie était faite pour vous ?

Vous souhaitez épargner pour des projets long termes, comme un futur achat immobilier ou les études de vos enfants ? Découvrez l’assurance vie BoursoVie !

En fonction de votre appétence au risque, vous pouvez choisir les supports d’investissement qui vous intéressent avec la gestion libre – entre supports garantis (fonds en euros) et supports financiers (supports en unités de compte), ou déléguez la gestion de votre contrat avec la gestion pilotée.

Ce contrat présente un risque de perte en capital

10 commentaires

  • 13 février 14:48

    Toute la question pour le Gouvernement est de savoir comment mettre la main sur ce trésor de guerre?Au nom de la solidarité républicaine


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Une femme en train de passer un appel téléphonique pour la gestion de son épargne (Crédits: Adobe Stock)
    information fournie par Café de la Bourse 16.02.2026 10:38 

    Investir 200 000 euros en 2026 mérite réflexion : les choix doivent concilier performance, diversification et optimisation fiscale, tout en tenant compte du contexte économique et financier incertain. Trois axes complémentaires méritent une attention particulière ... Lire la suite

  • Les bijoux des maisons de haute couture sont très prisés. ( crédit photo : Getty Images )
    information fournie par Le Particulier 13.02.2026 14:44 

    Le marché des bijoux vintage issus de la haute couture est particulièrement dynamique. En parallèle des pièces classiques en or et pierreries, la demande est de plus en plus forte pour les créations fantaisie des grandes maisons de mode. Ces pièces plus abordables ... Lire la suite

  • Assurance-vie : doit-on préférer la rente viagère ? / iStock.com - William_Potter
    information fournie par Boursorama avec LabSense 10.02.2026 08:30 

    L'assurance-vie fait partie des placements préférés des Français pour constituer un capital, préparer sa retraite ou transmettre son épargne. À la sortie du contrat, son titulaire peut opter pour une rente viagère, qui garantit des versements réguliers jusqu'à ... Lire la suite

  • Peut-on faire une donation de son assurance-vie de son vivant ? / iStock.com - Jamakosy
    information fournie par Boursorama avec LabSense 07.02.2026 08:30 

    Produit d’épargne privilégié des Français, l’assurance-vie est souvent associée à la transmission de patrimoine. Mais est-il possible de donner directement son assurance-vie de son vivant à un proche ou à un organisme ? Le cadre juridique est précis et distingue ... Lire la suite

Pages les plus populaires