PER: pourquoi les Français n'ont jamais autant préparé leur retraite? information fournie par Le Particulier 18/07/2026 à 08:00
Sommaire:
- Un PER devenu produit phare de l’épargne longue
- La fin du tabou de la capitalisation
- Un système par répartition sous pression démographique et financière
- Quand ouvrir un PER?
Un PER devenu produit phare de l’épargne longue
C’est un véritable raz-de-marée silencieux qui secoue le paysage de l‘épargne en France. Fin 2025, le PER a franchi un cap symbolique: 150,4 milliards d’euros d’encours, en hausse de 20% sur un an et de 46% en deux ans, selon les chiffres publiés mi-mai par le ministère de l‘Économie(1).
Au-delà des capitaux accumulés, c’est l’adoption massive par la population qui impressionne. Le dispositif rassemble désormais plus de 12,9 millions de titulaires à travers l’Hexagone.
Cette dynamique touche tous les compartiments:
- Le PER individuel domine avec 88,5 milliards d'euros (+21%).
- Le PER collectif d'entreprise atteint 33,86 milliards d'euros (+22%).
- Le PER obligatoire s'établit à 28,04 milliards d'euros (+13%).
La fin du tabou de la capitalisation
Longtemps regardée avec méfiance en France, la retraite par capitalisation séduit désormais un nombre croissant d‘épargnants, et le PER en est le principal représentant. Cette montée en puissance s’explique déjà par les caractéristiques intrinsèques du produit.
Le PER cumule en effet plusieurs atouts:
- Une sortie possible en rente viagère, en capital (en une ou plusieurs fois) ou sous une formule mixte.
- Un déblocage anticipé autorisé dans certains cas particuliers (acquisition de la résidence principale, surendettement, expiration des droits de chômage, etc.)
- Un avantage fiscal significatif puisque les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans certaines limites, particulièrement attractives pour les contribuables fortement imposés.
Un système par répartition sous pression démographique et financière
Mais le véritable moteur de son succès est ailleurs. Il réside dans l’inquiétude croissante des Français quant à la capacité du système de retraite par répartition à garantir des pensions suffisantes à long terme. 86% des Français se disent préoccupés par les conséquences de l’endettement public et de la situation budgétaire de l‘État sur le financement futur des retraites.
Une situation mise encore plus à mal par la baisse de la natalité française, qui promet bel et bien de fragiliser davantage un modèle des retraites déjà mal en point.
Cette situation a d’ailleurs amené le Conseil d’orientation des retraites (COR) à réévaluer à la hausse le déficit du système à long terme: celui-ci devrait atteindre 2,4% du PIB en 2070, contre 1,4% initialement prévu dans la version de 2025. Face à ce constat, le PER n’est plus considéré comme une simple niche fiscale, mais comme un véritable pilier patrimonial. Avec des encours en forte croissance et une adoption large, il reflète une maturité nouvelle des Français face à l’incertitude.
Quand ouvrir un PER?
Au-delà de l’engouement, un élément joue un rôle déterminant dans la performance du PER: le temps. Plus l’épargne est constituée tôt, plus elle bénéficie de la mécanique des intérêts composés, considérée comme l’un des moteurs les plus puissants de la capitalisation à long terme.
À ce titre, la tranche des 35-45 ans constitue une période particulièrement pertinente pour initier un PER. À cet âge, les revenus sont généralement stabilisés, la capacité d’épargne est plus forte, et l’horizon de placement reste suffisamment long pour absorber les cycles de marché.
La logique de gestion suit ensuite une progression classique:
- Phase d’accumulation (long terme): exposition majoritaire à des supports dynamiques (actions, unités de compte), afin de rechercher de la performance et de maximiser la croissance du capital.
- Phase de sécurisation (approche de la retraite): réallocation progressive vers des supports plus prudents (fonds en euros, obligations, supports sécurisés) pour réduire la volatilité et protéger le capital constitué.
Ce mécanisme, dit de «désensibilisation progressive au risque», permet d’optimiser le couple rendement/sécurité sur toute la durée de vie du contrat.
Comment protéger son conjoint grâce à la réversion du PER?
Au moment de la retraite, le PER offre trois options : la sortie en capital, en rente viagère, ou un mélange des deux. Si la rente garantit un revenu à vie, elle comporte un écueil patrimonial majeur: en cas de décès prématuré, le capital résiduel est définitivement perdu pour les proches. Pour y pallier, l’option de réversion est indispensable. Fixé à 50%, 70 %, 90% ou plus, ce taux permet au conjoint survivant de percevoir sa quote-part de la pension afin de maintenir son niveau de vie. En contrepartie, plus le taux de réversion choisi est élevé, plus la rente initiale versée au titulaire du PER est minorée.
Mentions:
(1) Ministère de l’économie - « Épargne retraite: record battu pour le PER avec plus de 150 milliards d'euros d'encours au 4e trimestre 2025 et 12,9 millions de titulaires » - Lien
(2) ISOS - « Les Français renforcent leur épargne de précaution et s’inquiètent de l’avenir des retraites » - Lien