Pourquoi les femmes négocient moins leur salaire… et ce que cela change pour leur patrimoine
information fournie par Boursorama avec Editorialink 06/08/2026 à 13:08

Shutterstock

Les écarts de rémunération entre femmes et hommes ne s’arrêtent pas au salaire. Ils peuvent aussi influencer l’épargne et la construction du patrimoine.

À compétences comparables, le salaire ne dépend pas seulement du poste occupé ou de l’expérience accumulée. La façon dont chacun aborde la rémunération compte également, notamment au moment d’une embauche, d’une promotion ou d’un entretien annuel. Or, sur ce terrain, les femmes restent moins à l’aise que les hommes. Selon le baromètre 2026 « Les femmes et l’argent », réalisé par ViaVoice pour ViveS Media en partenariat avec Natixis Wealth Management et BoursoBank, seules 29 % des femmes disent se sentir à l’aise pour négocier leur salaire à l’embauche, contre 48 % des hommes. Un écart qui peut sembler limité à une discussion avec son employeur, mais dont les conséquences financières peuvent se prolonger bien au-delà de la fiche de paie.

Des écarts qui s’installent dès le début de carrière

Cette différence apparaît très tôt dans les parcours professionnels. Dès 2019, le baromètre Audencia-KPMG indiquait que 34 % des femmes négociaient leur rémunération lors de leur premier emploi, contre 41 % des hommes. Au fil de la carrière, l’écart se réduisait sans disparaître : 55 % des femmes avaient déjà négocié leur salaire, contre 60 % des hommes. Les données récentes montrent surtout que le malaise persiste. En 2026, une femme sur trois seulement se dit à l’aise lorsqu’il faut demander une augmentation, contre près d’un homme sur deux. Les femmes parlent également moins d’argent au travail : 59 % déclarent le faire, contre 69 % des hommes.

Pour autant, expliquer les écarts de rémunération par un simple « manque d’audace » serait réducteur. La négociation se déroule dans un environnement où les mêmes comportements ne sont pas toujours perçus de la même façon selon qu’ils viennent d’un homme ou d’une femme. Des recherches récentes ont d’ailleurs nuancé l’idée selon laquelle les femmes seraient intrinsèquement moins bonnes négociatrices. Certaines montrent qu’elles savent parfaitement défendre leurs intérêts lorsqu’elles disposent d’informations, d’alternatives et d’un contexte favorable. Le problème tient donc autant à la confiance accordée à la négociation qu’aux normes sociales, à la transparence salariale et aux possibilités concrètes d’évolution dans l’entreprise.

Des inégalités de revenus aux inégalités patrimoniales

La parentalité constitue un autre point de bascule. Dans l’étude ViaVoice de 2026, 69 % des femmes estiment qu’elle pénalise leur carrière , contre 50 % des hommes. Temps partiel, interruptions professionnelles, promotions différées ou progression salariale plus lente peuvent ensuite produire des effets cumulatifs. Le phénomène est d’autant plus important qu’une rémunération légèrement inférieure au début d’un parcours peut servir de nouvelle base aux augmentations suivantes. Ce différentiel finit alors par influencer non seulement le revenu disponible, mais aussi la capacité à constituer une épargne régulière, à investir ou à préparer un projet immobilier.

C’est là que la question salariale rejoint directement celle du patrimoine. Deux personnes qui épargnent la même proportion de leurs revenus ne constituent pas le même capital si leurs salaires évoluent différemment pendant vingt ou trente ans. À cela s’ajoutent des choix d’investissement qui ne sont pas identiques . Le baromètre 2026 montre que les femmes et les hommes déclarent épargner dans des proportions proches, mais seules 11 % des femmes privilégient davantage le rendement en acceptant un risque de perte en capital, contre 20 % des hommes. Elles étaient également 8 % à avoir investi en Bourse, contre 22 % des hommes. Des écarts de revenus peuvent ainsi se doubler, au fil du temps, d’écarts de rendement et de capital accumulé.

Du salaire à l’épargne, préparer son avenir financier

L’enjeu consiste donc à agir simultanément sur les revenus et sur l’argent déjà disponible. Négocier suppose de connaître les rémunérations pratiquées, de documenter ses résultats et de fixer une demande avant l’entretien plutôt que d’attendre une proposition. Mais la construction patrimoniale ne doit pas être repoussée jusqu’au jour où les revenus deviennent plus élevés. Même avec une capacité d’épargne limitée, commencer tôt permet d’organiser progressivement ses finances en fonction de ses objectifs et de son horizon de placement. Chez BoursoBank, cette logique se traduit notamment par une gamme allant des livrets disponibles comme le Livret A , le LDDS, le LEP ou le Livret Bourso+ au compte à terme, en passant par le PEL et le CEL pour les projets immobiliers.

Pour les horizons plus longs, d’autres solutions peuvent compléter cette épargne de précaution. BoursoBank propose notamment une assurance-vie pouvant être gérée librement ou via une gestion pilotée, ainsi que le PERin Matla pour préparer la retraite. Cette diversification prend une importance particulière lorsque les trajectoires professionnelles sont moins linéaires ou que les pensions futures sont une source d’inquiétude : 69 % des femmes interrogées en 2026 anticipent une retraite insuffisante, contre 47 % des hommes. Négocier son salaire reste donc un levier parmi d’autres. L’essentiel est de ne pas considérer rémunération, épargne et patrimoine comme trois sujets séparés : chaque euro obtenu aujourd’hui peut aussi devenir, lorsqu’il est épargné ou investi selon ses besoins et son profil, une ressource supplémentaire pour demain.