PEA : pourquoi les épargnants y reviennent information fournie par Tout sur mes finances 11/06/2026 à 11:26
Porté par la bonne tenue des marchés boursiers et par sa fiscalité avantageuse, le plan d'épargne en actions a enregistré une nette progression l'an dernier.
Le plan d'épargne en actions (PEA) poursuit son redressement. Selon une étude publiée le 26 mai 2026 par la Fédération bancaire française (FBF), l'encours (le cumul des versements, majoré des plus-values) des PEA a atteint 126,5 milliards d'euros l'année dernière. Cela représente une hausse de 10,9% par rapport à 2024.
Cette progression s'explique notamment par l'ouverture de plus de 246 000 nouveaux plans l'an passé. Au 31 décembre 2025, la France comptait ainsi 5,6 millions de PEA, contre 5,4 millions un an auparavant. Une dynamique qui contraste avec la période de ralentissement observée après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. À cette époque, le nombre de plans était tombé à 5,1 millions et leur encours avait reculé à 100 milliards d'euros.
Les placements garantis délaissés
En 2022 et 2023, la remontée des taux d'intérêt, instaurée par la Banque centrale européenne (BCE) pour combattre la forte inflation consécutive à la flambée des prix énergétiques engendrée par la guerre en Ukraine, a influencé les comportements des épargnants français. Les livrets d'épargne, les comptes à terme (CAT) et les fonds en euros de l'assurance vie offraient alors des rendements attractifs, sans exposition aux fluctuations des marchés financiers.
À lire aussi | Comprendre le PEA pas à pas : avantages, règles et fiscalité
La baisse progressive de l'inflation a toutefois changé la donne. Avec le recul des taux, ces placements obligataires ont perdu une partie de leur attrait, tandis que les actions ont retrouvé les faveurs des particuliers. Les performances boursières ont également joué un rôle non négligeable. En 2025, le CAC 40 a progressé de 10,42%, renforçant l'intérêt pour le PEA investi dans les actions françaises et européennes.
Un avantage fiscal qui fait la différence
Si le PEA séduit autant, c'est aussi grâce à son régime fiscal. Après cinq ans de détention, les plus-values réalisées sont exonérées d'impôt sur le revenu.
Vous restez néanmoins redevable des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) sur les gains réalisés. Malgré cette contrainte, le PEA conserve un avantage significatif par rapport au compte-titres ordinaire (CTO), dont les gains sont soumis à une fiscalité plus lourde.
Même trajectoire pour le PEA-PME
Le regain d'intérêt ne concerne pas uniquement le PEA classique. Le PEA-PME, destiné au financement des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI), affiche lui aussi une croissance soutenue.
Le nombre de plans est passé de 103 000 en 2021 à 138 500 en 2025. Dans le même temps, leur encours a progressé de 2,3 milliards à 3,7 milliards d'euros. Même si ces montants restent modestes comparés à ceux du PEA traditionnel, leur évolution témoigne d'un intérêt croissant des investisseurs pour ce support créé en 2014.
Un élan freiné par la nouvelle taxation ?
Cette dynamique pourrait toutefois être mise à rude épreuve cette année. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a relevé de 1,4 point de pourcentage la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital. Conséquence : les prélèvements sociaux sur les plus-values issues des retraits opérés sur le PEA et le PEA-PME atteignent désormais 18,6%, contre 17,2% auparavant.
Dans le même temps, certains produits concurrents, comme les contrats d'assurance vie, le plan épargne logement (PEL) ou le compte épargne logement (CEL), conservent, eux, un taux de prélèvements sociaux de 17,2%. Un écart qui pourrait peser sur l'attractivité du PEA et du PEA-PME dans les prochains mois.