Les amendes peuvent atteindre jusqu'à 375 euros si le retard de paiement dépasse deux mois. Illustration. (Schwoaze / Pixabay)
Les automobilistes qui empruntent l'A13 entre Caen et Paris n'ont plus à s'arrêter au péage depuis décembre 2024. Les barrières ont été supprimées pour être remplacées par des péages au flux libre. Mais si cette solution présente plusieurs avantages, elle peut aussi s'avérer très coûteuse lorsqu'on oublie de s'acquitter de la somme demandée, comme l'explique France 3 Normandie .
Un paiement sous trois jours
Dans le détail, des portiques enregistrent les plaques d'immatriculation des véhicules qui passent par l'autoroute à l'aide de caméras. Les automobilistes sont ensuite invités à payer la note à l'issue de leur trajet dans un délai de 72 heures, en passant par le site de l'opérateur, une borne spéciale ou certains buralistes. Un gain de temps non négligeable pour les conducteurs, la suppression des barrières permettant de réduire à la fois les embouteillages, les freinages et la pollution.
Mais des usagers ont encore du mal avec le concept et ne comprennent pas toujours ces nouvelles modalités de règlement. L'opérateur multiplie les messages de rappel sur l'A13, mais ils ne sont pas assez visibles pour certains. « C'est mal indiqué. Il suffirait de modifier un peu la communication et ce serait fluide pour tout le monde » , a notamment réagi un automobiliste.
Jusqu'à 375 euros de majoration
En effet, mieux vaut ne pas oublier de payer, au risque de voir la facture grimper en flèche. Une fois le délai de trois jours dépassé, l'opérateur envoie des lettres de relance et applique des majorations. Les amendes sont de 10 euros pour moins de 15 jours de retard, 90 euros jusqu'à deux mois de retard, et atteignent 375 euros au-delà. « Je recevais tellement de courriers qui disaient que je ne payais pas, et tout de suite ça devenait 94, 120, 140 euros... Du coup, à un moment donné, je ne pouvais pas contester, je ne pouvais pas les avoir au téléphone. J'ai payé, j'ai laissé tomber » , a raconté une femme de passage sur l'A13 il y a quelques mois.
Un an après la mise en place du dispositif, la SANEF expliquait que 94 % des automobilistes réglaient le péage avant le moindre courrier de relance. Mais comme le révélait le Canard Enchaîné à la mi-août, la minorité restante a permis à la société autoroutière d'engranger 25 millions d'euros sur l'axe Paris-Normandie grâce aux pénalités de retard en 2025. Sachant que des millions de véhicules l'empruntent régulièrement, les personnes concernées représentent des centaines de milliers de dossiers. En d'autres termes, plus les usagers oublient de régler, plus la manne financière est importante pour l'opérateur.
Un délai bientôt rallongé ?
Les personnes âgées ou précaires et les touristes sont les plus vulnérables face à ce système, car ils n'ont pas toujours accès aux outils numériques ou ne parviennent pas à lire les panneaux. Pour réduire ces inégalités, un amendement prévoit d'élargir le délai de paiement de 72 heures à un mois. Par ailleurs, d'autres pays européens ayant recours au flux libre sont bien moins répressifs en la matière. C'est notamment le cas de la Norvège, qui se contente d'envoyer les factures sans appliquer de pénalités.