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Le nombre de commandes en ligne atteint lui aussi un niveau inédit : 3,2 milliards de transactions sur internet ont été dénombrées en 2025 en France, soit une croissance de 10% en un an, selon la Fédération du e-commerce (Fevad).
Les Français commandent plus que jamais sur internet. Malgré le contexte économique et géopolitique instable, le commerce en ligne se rapproche d'un cap symbolique : son chiffre d'affaires a frôlé les 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, atteignant 196,4 milliards d'euros, selon le bilan annuel de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), publié ce mercredi. Un montant en hausse de 7% sur un an, mais qui cache un petit ralentissement, puisque la croissance du secteur avait atteint 9,6% en 2024.
Dans le détail, cette progression du marché est tirée par les services, puisque leurs ventes ont bondi de 9% (120,3 milliards), quand celles des produits ont augmenté de 4% (76,1 milliards). En nombre de commandes en ligne, les chiffres sont, là aussi, inédits : la Fevad a dénombré 3,2 milliards de transactions sur internet en 2025, soit une croissance de 10% en un an.
«Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les recompositions commerciales, disposer d'une filière e-commerce forte et structurée constitue un atout stratégique et un instrument de souveraineté qu'il nous appartient de préserver et de renforcer» , a estimé le directeur général de la Fevad, Marc Lolivier. Et le représentant du secteur d'alerter sur la «concurrence déloyale des plateformes asiatiques», appelant à renforcer les règles européennes relatives aux produits importés hors UE.
La mode en souffrance
Les plateformes chinoises, comme Shein et Temu, tirent d'ailleurs vers le bas le panier moyen des consommateurs français. Il s'élevait à 62 euros l'année dernière, en recul de 3%. Les raisons à cette baisse sont également à chercher du côté de l'envolée de l'épargne, selon Marc Lolivier, ainsi que de l'explosion de la seconde main ( Vinted , Leboncoin...). Ainsi, les Français commandent davantage mais font tout de même attention au montant de leurs dépenses.
La mode est le secteur qui s'en tire le moins bien en ligne, puisqu'il est en recul de 0,5% en 2025 en termes de chiffre d'affaires. Là encore, cela s'explique par les plateformes chinoises et par la seconde main. De leur côté, l'électronique et l'électroménager s'en tirent le mieux, puisqu'ils progressent de 5,2% ; le sport de 5,1%, le meuble/décoration de 3%, les textiles maison de 2,9%, les produits de grande consommation de 2,7% et la beauté de 2%.
L'IA de plus en plus utilisée
Par ailleurs, l'intelligence artificielle (IA) est déjà omniprésente dans les comportements d'achats en ligne des Français. Selon une enquête réalisée par l'institut Odaxa pour la Fevad en janvier 2026, près d'un tiers des «cyberacheteurs» (31%) utilisent l'IA générative . Dans le détail, 58% des consommateurs «l'emploient pour gagner du temps, obtenir des informations neutres, comparer des produits ou effectuer une première sélection» , indique cette étude.
Et celle-ci de noter que l'IA «s'installe plus naturellement pour les achats perçus comme plus techniques, plus complexes ou plus engageants en amont de la décision» . Par exemple, les produits techniques et l'électroménager représentent 29% des recherches, alors qu'il ne s'agit que de la septième catégorie de produits achetés en ligne en 2025. À l'inverse, l'habillement, qui se situe au premier rang des achats de produits physiques, n'arrive qu'en cinquième place en ce qui concerne le recours à l'IA.
Cette pratique est en outre très corrélée à l'âge, à l'activité et à la zone de résidence. Ainsi, elle est plus répandue chez les 15-24 ans (49%), les 25-34 ans (46%), les cadres (44%) et les habitants de l'Île-de-France (40%). Beaucoup de Français restent néanmoins méfiants envers l'IA : 57% craignent un manque de neutralité commerciale et 51% s'interrogent sur la confidentialité des données. «Celui qui contrôle les IA génératives, contrôle aussi les arbitrages des consommateurs» , souligne le directeur général de la Fevad.
