Anticiper la baisse de revenus, adapter son budget et constituer une épargne de précaution permet de mieux préparer son congé parental ( Shutterstock )
Prendre un congé parental, c’est aussi revoir ses habitudes financières. Quelques décisions prises en amont peuvent faire toute la différence pour le foyer.
Prendre quelques mois pour s’occuper de son enfant est une décision familiale qui mérite aussi un calcul budgétaire. Le congé parental ne modifie pas seulement l’emploi du temps : il peut réduire fortement les revenus, précisément quand les dépenses du foyer augmentent. Avant de fixer une date de départ, mieux vaut donc examiner ses ressources, mesurer les charges à venir et discuter de la contribution financière de chacun. L’objectif n’est pas de tout prévoir, mais d’ éviter que les questions d’argent ne s’invitent trop tard dans cette nouvelle organisation.
Des aides financières qui permettent de compenser la perte de salaire
Pour les salariés ayant au moins un an d’ancienneté, le congé parental permet de suspendre son activité ou de passer à temps partiel, avec au minimum 16 heures travaillées par semaine. Dans le cas général d’une naissance unique, il peut être renouvelé jusqu’aux trois ans de l’enfant. Mais un congé à temps plein n’est pas rémunéré par l’employeur, sauf dispositions plus favorables. À temps partiel, seules les heures travaillées sont payées. Un couple a donc intérêt à comparer plusieurs scénarios : arrêt total, activité réduite ou alternance entre les parents.
La prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) compense partiellement cette perte, sous conditions. Depuis avril 2026, elle atteint 459,70 euros mensuels en cas d’arrêt complet, 297,17 euros pour une activité au plus égale à un mi-temps et 171,42 euros au-delà, jusqu’à 80 % d’activité. Son versement ne couvre pas forcément tout le congé : pour un premier enfant, chaque parent en couple dispose de six mois au maximum, dans la limite du premier anniversaire. L’allocation de base de la PAJE peut compléter ces ressources, sous conditions. Autre possibilité : le congé supplémentaire de naissance , indemnisé à 70 % puis 60 % du salaire net dans certaines limites, peut précéder le congé parental.
Une nouvelle organisation financière à trouver en couple
Le bon réflexe consiste à refaire son budget comme si le congé avait commencé. On additionne les revenus attendus, puis on retranche le logement, les crédits, les assurances, les courses et les achats liés au bébé. Couches, lait infantile ou frais médicaux éventuels peuvent peser chaque mois, tandis que les trajets professionnels diminuent. Pour un salaire net habituel de 2 200 euros, la PreParE à taux plein laisse, à elle seule, un écart de plus de 1 700 euros mensuels. Une réserve permet aussi d’absorber les imprévus ou un versement tardif des prestations.
Cette réflexion doit se mener à deux lorsque les parents vivent ensemble. Si l’un conserve son salaire tandis que l’autre interrompt son activité, partager les dépenses à parts égales peut devenir déséquilibré. Contribuer selon ses revenus, en préservant une somme personnelle pour chacun, répartit mieux l’effort. Un compte joint facilite le paiement des charges familiales. Chez BoursoBank, son ouverture est gratuite lorsque les deux cotitulaires sont déjà clients individuels. La demande s’effectue depuis leur Espace Client et chaque titulaire peut solliciter une carte, sous conditions.
Une épargne de précaution pour faire face aux imprévus
L’ épargne constituée avant la naissance joue aussi un rôle important. Plutôt que de compter sur un placement difficile à débloquer, mieux vaut conserver une réserve accessible pour les mois plus serrés. Chez BoursoBank, le Livret A et le LDDS permettent de garder des fonds disponibles, avec des intérêts exonérés d’impôt. Le Livret Bourso+ , sans plafond de versement, offre une autre possibilité : l’argent reste disponible, mais les intérêts sont fiscalisés. Alimenter progressivement cette réserve avant le départ, même par de petits virements réguliers, limite le risque de devoir financer le quotidien à crédit.
Enfin, le calcul ne doit pas s’arrêter à la fin du congé. La reprise du travail peut entraîner des frais de garde et de transport à réintégrer, en tenant compte des aides éventuelles , notamment du complément de libre choix du mode de garde. Cette interruption peut aussi affecter l’évolution professionnelle et la retraite, même si le congé ouvre, sous conditions, des droits à des trimestres supplémentaires. Il faut donc discuter du partage du congé, consulter sa convention collective et simuler ses droits auprès de la CAF. Cette préparation préserve une vraie liberté de choix.
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