Shutterstock
Le découvert ne pourra bientôt plus être un réflexe du quotidien. Une réforme arrive et change la donne. Voici comment s’y préparer.
Pendant longtemps, le découvert a joué le rôle de petit filet de sécurité, celui qu’on sollicite sans trop y penser, entre une facture imprévue et un plein d’essence un peu trop tôt dans le mois. Mais ce réflexe va devoir changer. À partir du 20 novembre 2026, l’autorisation automatique de découvert va disparaître : plus question pour la banque d’activer ce recours sans examen approfondi de votre situation. Chaque avance de trésorerie sera assimilée à un crédit à la consommation, avec des règles plus strictes, un contrôle de votre solvabilité et, au-delà de 200 euros, une vérification de vos incidents de paiement. Autrement dit, le découvert ne sera plus une évidence, mais une autorisation encadrée, discutée et formalisée noir sur blanc.
Un nouveau cadre beaucoup plus strict pour le découvert
Concrètement, cela signifie que votre banque ne pourra plus vous accorder un découvert “par défaut” au moment de l’ouverture du compte, ou le prolonger indéfiniment sans se poser de questions. Pour toute nouvelle autorisation après novembre 2026, elle devra analyser vos revenus, vos charges, votre taux d’endettement et, si le montant dépasse 200 euros, consulter le fichier des incidents de remboursement. Elle devra aussi vous remettre une information très claire sur le coût réel de ce découvert : taux annuel effectif global, conditions de remboursement et durée, indique la Banque de France. Vous devrez donner votre accord par écrit, comme pour un crédit classique. Les autorisations déjà en place avant cette date pourront continuer à exister, mais la banque gardera la possibilité de les réduire ou de les supprimer, avec un préavis et un plan de remboursement étalé.
Ce durcissement des règles arrive dans un contexte où le découvert est devenu un mode de vie pour beaucoup. Près d’un Français sur deux passe au moins une fois par an dans le rouge, rapporte une étude du comparateur Panorabanques publiée en 2024. Or ce “mini-crédit” est loin d’être neutre. Même lorsqu’il est autorisé, il génère des agios, parfois à des taux compris entre 15 et 20 %, auxquels s’ajoutent des agios forfaitaires et, en cas de dépassement, des agios majorés. Chaque incident de paiement peut en plus déclencher des commissions d’intervention, plafonnées par la loi, mais souvent répétées, et des frais de courrier. Résultat : ce qui, au départ, devait “dépanner” quelques jours finit par coûter très cher sur l’année.
Les bons gestes qui empêchent le découvert de s’installer
Reprendre la main passe d’abord par une étape que beaucoup redoutent : rouvrir son appli bancaire, même quand on sait déjà qu’elle va afficher du rouge. L’idée n’est pas de culpabiliser, mais de voir concrètement ce qui se passe. En regardant ses comptes plus souvent, on anticipe mieux les débits à venir, on repère les dépenses automatiques oubliées, et on évite les surprises qui déclenchent des agios. Consulter son compte une fois par semaine suffit au début, avant de passer à deux ou trois fois lorsque la démarche devient plus naturelle.
Ensuite, il faut identifier ce qui grignote vraiment le budget. Les dépenses “plaisir” ne sont pas interdites, mais leur accumulation explique souvent à elle seule un découvert mensuel. À l’inverse, revoir ses charges fixes peut créer des marges immédiates : renégocier une assurance, comparer les abonnements, changer de fournisseur d’énergie, suspendre les services inutilisés. Pour les budgets plus serrés, une méthode simple fonctionne très bien : répartir le mois en enveloppes virtuelles ou sur plusieurs comptes, un pour les charges, un pour le quotidien, un pour les projets. C’est basique, mais redoutablement efficace pour ne pas dépasser.
Repenser son budget pour ne plus vivre en mode survie
Certaines situations demandent des solutions plus structurelles. Un crédit à renégocier, un cumul de mensualités trop lourd, une activité complémentaire pour retrouver un peu d’air… Le but n’est pas de “gagner plus pour dépenser plus”, mais d’améliorer le reste à vivre pour ne plus dépendre du découvert à chaque fin de mois. S’il existe un point commun à toutes les personnes qui sortent durablement du rouge, c’est la régularité : surveiller ses flux, ajuster son budget quand les revenus changent, remettre à plat ses dépenses après un imprévu.
La fin de l’autorisation automatique ne signifie pas la fin du découvert, mais la fin de son accès facile. Cette nouvelle règle oblige simplement à le considérer pour ce qu’il est : un mini-prêt coûteux, utile lorsqu’il reste exceptionnel, risqué lorsqu’il devient une habitude. Derrière ce changement, il y a une opportunité réelle : celle de reprendre la main, de sortir du pilotage automatique et de remettre un peu de maîtrise dans son budget. Le réflexe du découvert touche à sa fin, mais d’autres habitudes, plus solides et moins anxiogènes, peuvent le remplacer.
2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer