Partager équitablement les dépenses du couple suppose de tenir compte des revenus, des charges et de la situation financière de chacun ( Shutterstock )
Faire moitié-moitié pour les dépenses communes paraît naturel. Mais derrière cette répartition en apparence équilibrée peuvent se cacher de véritables inégalités.
Au moment de s’installer ensemble, diviser le loyer, les courses et les factures par deux semble aller de soi. La méthode est simple : chacun paie la même somme, sans négocier chaque dépense. Pourtant, une contribution identique ne représente pas nécessairement le même effort. Lorsque les revenus diffèrent, l’un peut continuer à épargner pendant que l’autre termine le mois avec peu de marge. La question n’est donc pas seulement de savoir qui règle quoi, mais ce que chacun conserve une fois les charges payées.
Le prorata des revenus pour mieux répartir les dépenses du couple
Cette distinction entre égalité et équité n’a rien d’anecdotique. Selon une enquête CSA Research réalisée pour Cofidis, 55 % des couples déclarent partager toutes leurs dépenses à parts égales, contre 32 % qui privilégient une participation proportionnelle aux revenus. Or, dans 86 % des couples interrogés, les partenaires ne gagnent pas la même somme. Le 50/50 peut convenir à des personnes dont les ressources et les contraintes sont comparables. Il devient moins pertinent lorsque le budget commun absorbe une grande partie des revenus de l’un, mais une fraction de ceux de l’autre.
Le prorata des revenus propose une autre logique : chacun finance les dépenses communes selon sa part dans les ressources du foyer. Prenons un couple percevant 3 000 et 1 500 euros nets par mois, pour 1 800 euros de charges partagées. Avec le 50/50, chacun verse 900 euros. Le premier conserve 2 100 euros, le second 600. Au prorata, les contributions passent à 1 200 et 600 euros, soit deux tiers et un tiers du budget commun. Les deux partenaires consacrent alors la même proportion de leur salaire aux dépenses du ménage.
Le reste à vivre, un autre critère pour partager les dépenses équitablement
Le prorata ne résout pas toutes les situations. Un crédit antérieur à la vie commune, une pension alimentaire, des frais de santé ou des revenus irréguliers peuvent modifier la capacité de chacun à contribuer. Certains couples préfèrent raisonner en « reste à vivre » : après les dépenses incontournables, combien demeure disponible pour les besoins personnels, les loisirs et l’épargne ? Cette approche permet d’ajuster les versements pour éviter que l’un soit systématiquement privé de marge financière. Elle suppose de s’accorder sur les dépenses prises en compte et de revoir les montants lorsque la situation évolue.
Il faut également regarder au-delà des virements. Réduire son temps de travail pour s’occuper des enfants, assumer davantage de tâches domestiques ou renoncer à une promotion peut peser sur les revenus futurs. De même, régler les courses et les dépenses courantes n’a pas les mêmes conséquences patrimoniales que financer l’achat d’un logement ou alimenter des placements. Un budget équilibré doit préserver l’autonomie des deux partenaires, leur capacité à constituer une épargne personnelle. Pour un achat immobilier, il importe aussi de clarifier les apports, les remboursements et les droits de propriété.
Une gestion du budget à deux plus simple et plus transparente
Pour simplifier l’organisation, une solution consiste à conserver deux comptes individuels et à alimenter un compte joint pour les dépenses définies ensemble : logement, énergie, alimentation ou frais liés aux enfants. Les virements suivent alors la répartition choisie. Chez BoursoBank, les deux titulaires doivent déjà être clients à titre individuel pour ouvrir un compte joint depuis leur Espace Client, rubrique « Produits », puis « Compte bancaire ». L’ouverture est gratuite et, après validation par les deux personnes, le compte apparaît dans leurs espaces respectifs sous trois jours ouvrés maximum. Chacun peut demander une carte bancaire, sous conditions.
Reste à vérifier que la répartition fonctionne dans la durée. Avec Wicount , BoursoBank propose une catégorisation automatique des opérations, y compris celles de comptes externes agrégés, des graphiques budgétaires et des alertes à l’approche des plafonds de dépenses définis. Le service donne accès à un solde prévisionnel à 30 jours et permet de suivre l’évolution de l’épargne. Ces outils peuvent nourrir un bilan à deux, par exemple chaque trimestre ou après un changement de salaire. Un partage équitable n’est pas figé : il doit permettre de financer les projets communs sans compromettre la sécurité financière de chacun.
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