Une semaine sur les marchés : le recap du 23 au 27 février
information fournie par Boursorama 27/02/2026 à 09:06

recap (Crédits: Boursorama - A. Morris)

Lundi 23 février

CAC 40 : -0,22% à 8.497,17 points et 3,9 milliards d'euros échangés

La séance

Après la nette hausse de vendredi dernier, le CAC 40 démarre la semaine dans le rouge alors que la Cour suprême des Etats-Unis a jugé en fin de semaine dernière que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs en imposant des droits de douane sur de nombreux produits entrant aux Etats-Unis, infligeant un sérieux revers au président américain. En réponse à cette décision, Donald Trump a décrété vendredi une nouvelle taxe douanière mondiale de 10%, qu'il a ensuite portée samedi à 15%. Le président américain a aussi menacé lundi d'imposer des droits de douane "beaucoup plus élevés" aux pays qui seraient tentés de "jouer" avec les conséquences de la décision de la Cour suprême. Le Parlement européen a de son côté suspendu la procédure de mise en œuvre de l'accord commercial entre l'UE et les Etats-Unis, dans l'attente "d'éclaircissements" de Washington.

Côté américain, le Dow Jones a cédé 1,66%, l'indice Nasdaq a reculé de 1,13% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 1,04%.

En parallèle des derniers développements sur les droits de douane, les acteurs du marché s'inquiètent encore des conséquences du développement de l'intelligence artificielle (IA). Dernière victime en date de ces craintes, IBM a chuté de plus de 13%, plombé par le lancement d'un nouvel outil IA de l'entreprise californienne Anthropic qui vient concurrencer son quasi-monopole sur le langage de programmation Cobol.

Valeurs en vue

Les bons résulats d'Exosens n'ont pas vraiment été récompensés, avec une chute de près de 10%. Le spécialiste de l'optronique a enregistré un résultat net des activités poursuivies de 70,2 millions d'euros pour l'exercice 2025, en hausse de 106% par rapport à 2024. Le résultat net total s'élève à 42,7 millions, soit une progression de 39,2% sur un an. Le chiffre d'affaires annuel ressort à 468,2 millions, en croissance de 22,1%, tiré par la forte demande en technologies de vision nocturne et d'imagerie pour la Défense, qui représente désormais 75% des ventes du groupe. L'EBITDA ajusté atteint 151,6 millions, en hausse de 26,6%, correspondant à une marge de 32,4%, en progression de 115 points de base. Le flux de trésorerie disponible reste solide à 57,3 millions, en léger recul de 2,4% par rapport à 2024, malgré une hausse des investissements industriels et du besoin en fonds de roulement.

Pour 2026, Exosens anticipe une nouvelle croissance à deux chiffres, avec un chiffre d'affaires compris entre 520 et 540 millions et un EBITDA ajusté attendu entre 168 et 178 millions. À moyen terme, le groupe vise désormais une croissance organique annuelle pouvant atteindre 15% pour les revenus et supérieure à 15% pour l'EBITDA ajusté, confirmant ainsi une ambition renforcée par rapport à ses précédentes perspectives.

Mardi 24 février

CAC 40 : +0,26% à 8.519,21 points et 3,9 milliards d'euros échangés

La séance

Le CAC 40 fonctionne un peu en courant alternatif en ce moment. Tantôt une hausse, tantôt une baisse. Il termine donc cette journée dans le vert au cours d'une séance qui a affiché de airs de "veillée d'armes" avant la publication ultra attendue des résultats de Nvidia mercredi, après la fermeture de la Bourse américaine. La nervosité a augmenté depuis lundi après une étude publiée par le cabinet indépendant d'analyse financière Citrini Research présentant l'hypothèse d'un chômage massif des cols blancs d'ici deux ans. Côté valeurs, Forvia a pris 3,77% dans la foulée de ses résultats 2025.

Outre-Atlantique, l'indice Dow Jones a gagné 0,76% et le Nasdaq Composite a pris 1,05%, à 22.863,68 points. Le compartiment des technologies a enregistré l'une des hausses les plus importantes de la séance parmi les principaux secteurs du S&P 500, tandis que les soins de santé ont, à l'inverse, subi le repli le plus lourd. En déclin la veille en raison de la tempête hivernale ayant paralysé des pans du Nord-Est américain, les compagnies aériennes et les titres du secteur du voyage ont, eux, rebondi. A noter : Advanced Micro Devices AMD.O a bondi de 8,8% à la suite de l'annonce de la vente à Meta Platforms META.O de jusqu'à 60 milliards de dollars de puces destinées à l'IA dans le cadre d'un accord permettant à la maison-mère de Facebook d'acquérir jusqu'à 10% du fabriquant de semiconducteurs.

Valeur en vue

Une éclaircie pour Edenred ? Le titre perd encore plus de 40% depuis un an mais il a grimpé de 3,9% aujourd'hui. La société française de services prépayés a annoncé des revenus records en 2025, en hausse de 3,7% à près de 3 milliards d'euros, grâce notamment à des acquisitions réalisées au Brésil, au Danemark et en Italie. Le groupe a publié un bénéfice net supérieur aux attentes pour 2025, à 521 millions, en hausse de 2,8% par rapport à 2024. L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a atteint un niveau record à 1,36 milliard, en croissance de 7,5%, mieux qu'attendu en moyenne par les analystes. Le chiffre d'affaires de la branche Avantages aux salariés, qui représente les deux tiers de l'activité, s'élève à 1,763 milliard, en hausse de 3,6%. Cette croissance est poussée par l'augmentation des montants octroyés par les employeurs à leurs salariés, notamment la hausse des valeurs faciales maximales décidées par les pouvoirs publics. Edenred proposera à ses actionnaires un dividende en hausse de 10%, à 1,33 euro par action.

Mercredi 25 février

CAC 40 : +0,47% à 8.559,07 points et 3,9 milliards d'euros

La séance

Nouvelle progression pour un CAC 40 qui décroche un nouveau sommet. L'indice vedette a ainsi atteint un record en clôture, à 8.559,07 points, dépassant le précédant à 8.519,21 points qui datait de mardi. Le CAC 40 a également enregistré un nouveau record absolu à 8.560,91 points en séance. Coté valeurs, dans le sillage de son concurrent britannique Diageo, qui s'est effondré de près de 13% à la Bourse de Londres après avoir fait état de performances en berne aux États-Unis et revu à la baisse ses perspectives annuelles, Pernod Ricard a perdu 7,93% à 77,54 euros et le groupe Rémy Cointreau 5,94% à 41,20 euros. Les spiritueux ont été secoués sur leurs marchés traditionnels par les guerres douanières, et rencontrent une "moindre facilité" que d'autres secteurs" pour faire passer des hausses de prix pour compenser" les surtaxes, explique Guillaume Chaloin.

Aux Etats-Unis, l'indice Dow Jones a gagné 0,63%, à 49.482,15 points et le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 1,26% à ‌23.152,08 points. Aidé par les gains du secteur des semi-conducteurs, le Nasdaq a enregistré la plus forte hausse du jour, tandis qu'approche la ​fin d'un mois de février ‌tumultueux pour les principaux indices de Wall Street avec les ⁠craintes liées aux possibles répercussions néfastes de l'IA dans un éventail de secteurs. très attendus, les résultats de Nvidia sont ressortis très bons, reste à savoir s'ils seront à la hauteur des attentes des investisseurs...

Valeurs en vue

On est parfois surpris de la réaction des marchés. Seb a fait la course en tête sur le SBF 120 dans la foulée de ses résultats 2025. Pourtant, sur l'exercice écoulé, le groupe français a vu son chiffre d'affaires reculer de 1,2% à 8,17 milliards d'euros. Le bénéfice net part du groupe augmente de 5,6% à 245 millions mais il s'agit d'une progression en trompe-l'oeil, Seb ayant écopé en 2024 d'une amende de l'autorité de la concurrence de près de 190 millions pour entente avec d'autres fabricants d'électroménager, sans laquelle l'évolution en 2025 aurait été moins flatteuse. Le résultat opérationnel, qui ne prend pas en compte cette sanction, a chuté, lui, de 25%. Si une large part de cette chute est due à des difficultés aux Etats-Unis, et à un environnement perturbé par les droits de douane, "au delà de ça, on voit une transformation forte de la relation entre les marques et les consommateurs. On voit une accélération des cycles d'innovation, le marché accélère", a indiqué le dirigeant, qui souhaite "réduire de 30% le temps de mise en marché" des innovations du groupe. Le spécialiste du petit électroménager a également indiqué qu'il lançait un plan d'économies draconien, afin de renouer avec la croissance et de s'adapter à un marché de plus en plus concurrentiel : jusqu'à 2.100 suppressions de postes dans le monde sont attendues, dont 500 en France.

Jeudi 26 février

CAC 40 : +0,72% à 8.620,93 points et 4,3 milliards d'euros

La séance

La Bourse de Paris a terminé jeudi pour la première fois au-dessus des 8.600 points, battant de nouveaux records dans la foulée d'une série de résultats d'entreprises et faisant fi des inquiétudes des investisseurs sur la tech après la publication de Nvidia. Le CAC 40 a atteint un nouveau record en séance à 8.642,23 points, franchissant pour la première fois les 8.600 points.

Les investisseurs ont par ailleurs accueilli une batterie de résultats, plutôt bien accueillis. Bouygues (+2,33% à 52,72 euros) a dégagé en 2025 un bénéfice net de 1,1 milliard d'euros, en hausse de 7,6%, pour des ventes stables à 56,9 milliards d'euros (+0,2%). Schneider Electric (+3% à 272,90 euros) a maintenu le cap en 2026 après un "record" pour son chiffre d'affaires annuel en 2025, grâce aux centres de données et en dépit des effets de change, a annoncé le groupe français. Le géant de l'assurance Axa (+1,62% à 40,86 euros) a lui réalisé un chiffre d'affaires et dégagé un bénéfice records en 2025, en ligne avec les attentes des analystes, portés par l'ensemble de ses activités, et par la cession du gestionnaire d'actifs Axa IM. Enfin, l'action d'Engie a grimpé de 7,23% à 29,53 euros, au lendemain de l'annonce de l'acquisition de UK Power Networks (UKPN), distributeur d'électricité de référence au Royaume-Uni, et de la présentation de résultats 2025 en baisse, mais au-dessus des attentes.

Côté américain, la Bourse de New ‌York a fini en ordre dispersé : le  Dow Jones finit presque à l'équilibre quand le S&P 500 a reculé de 0,54%, ​à 6.908,86 points et le Nasdaq Composite de 1,18%, à 22.878,38 points. Si les trois principaux indices de ⁠Wall Street devraient enregistrer de légers gains sur l'ensemble de la semaine, le S&P 500 et le Nasdaq devraient boucler février en baisse.

Valeur en vue

Les actions de Nvidia ont finalement chuté au lendemain de la publication des résultats, les investisseurs ayant fait abstraction des bons chiffres, craignant que le concepteur de puces continue de canaliser des capitaux dans l'expansion de l'écosystème de l'IA, dont les retombées ne sont pas encore claires, plutôt que de stimuler les rendements pour les actionnaires. Ses actions NVDA.O ont chuté de 4 % à 187,6 dollars et ont entraîné dans leur chute d'autres actions de puces, notamment Broadcom AVGO.O et Advanced Micro Devices AMD.O .

La réaction baissière reflète les préoccupations croissantes quant à savoir si l'élan record de Nvidia peut tenir alors que les rivaux poussent de nouveaux accélérateurs d'IA, que les hyperscalers investissent dans le silicium personnalisé et que le cycle de dépenses d'IA plus large devient plus inégal.

À la question d'un analyste, lors d'un appel téléphonique après la publication des résultats, de savoir si la société envisageait de restituer aux actionnaires une partie des 100 milliards de dollars de liquidités qu'elle était susceptible de générer cette année, la directrice financière Colette Kress a déclaré que Nvidia souhaitait continuer à investir dans l'écosystème de l'intelligence artificielle. La société la plus valorisée au monde a déclaré qu'elle s'attendait à un chiffre d'affaires de 78 milliards de dollars au premier trimestre fiscal, plus ou moins 2%, par rapport à l'estimation moyenne des analystes de 72,60 milliards de dollars, selon les données compilées par LSEG. Le ratio cours/bénéfice de la société (PE) est actuellement de 24,5 fois les bénéfices à venir, contre 34,6 le 29 octobre, lorsque la capitalisation boursière a atteint 5.000 milliards de dollars pour la première fois, selon LSEG DataStream.

Vendredi 27 février

CAC 40 : -

La séance

Les principales Bourses européennes sont en ordre dispersé en début de séance vendredi, alors que les investisseurs analysent une série de données économiques et de résultats financiers.

À Paris, le CAC 40 .FCHI perd 0,04% à 8.617,69 points vers 08h07 GMT. A Francfort, le Dax .GDAXI avance de 0,01% et à Londres, le FTSE 100 .FTSE monte de 0,22%. L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E est en hausse de 0,02%, le FTSEurofirst 300 .FTEU3 progresse de 0,13% et le Stoxx 600 .STOXX avance de 0,15%.

Valeur en vue

Séance compliquée pour TP, l'ancien Teleperformance, dans la foulée de la publication de ses résultats 2025. Sur l'année écoulée, le spécialiste mondial de l'expérience client a réalisé un chiffre d'affaires de 10,2 milliards d'euros, en hausse de 1,3% à données comparables hors hyperinflation, mais en recul de -0,7% en publié, pénalisé par un effet de change négatif de 362 millions. L'EBITA courant atteint 1,485 milliard, soit une marge de 14,6% (14,8% à taux de change constants), contre 15% en 2024. Le résultat net part du groupe s'établit à 497 millions, le résultat net ajusté à 781 millions. Le cash-flow net disponible hors éléments non récurrents atteint 901 millions. La dette nette ressortait à 3,966 milliards fin 2025, en légère progression.

Le groupe annonce par ailleurs la nomination de Jorge Amar au poste de directeur général à compter du 16 mars prochain. Daniel Julien et Thomas Mackenbrock quitteront leurs fonctions exécutives le 15 mars 2026. Ancien senior partner chez McKinsey, Jorge Amar pilotera le plan stratégique Future Forward, centré sur l'intégration à grande échelle de l'IA. L'année 2026 marquera la première année pleine de ce déploiement. Amar, spécialiste du déploiement de l'IA, sera le pilote d'une revue stratégique d'envergure, qui devrait aboutir à un changement de périmètre.

Pour 2026, TP vise une croissance organique comprise entre 0% et 2%, une marge d'EBITA stable autour de 14,6% et un cash-flow net disponible de 800 à 850 millions. Entre 70 et 90 millions d'euros de coûts de restructuration sont attendus. Le dividende proposé s'élève à 4,50 euros par action, contre 4,20 euros au titre de 2024. A horizon 2028, TP cible une croissance organique de 4 à 6%, une marge d'environ 15,5% et 3 milliards d'euros de cash-flow cumulé sur 2026-2028.

Laurent Grassin, avec Reuters, AFP et ZoneBourse