Santé : des perspectives prometteuses, après 2 ans de sous-performance boursière
information fournie par TRIBUNE LIBRE 12/03/2026 à 12:06

Florent Martini, gérant actions internationales thématiques. (crédit : DR)

Par Florent Martini, gérant actions internationales thématiques


Si les titres boursiers liés à la santé ont sous-performé le marché ces deux dernières années, force est de constater que, depuis septembre 2025, ce secteur a repris des couleurs, notamment aux Etats-Unis. Une dynamique positive qui pourrait s'inscrire dans la durée grâce à plusieurs facteurs.

Les causes passées de cette contre-performance

Plusieurs raisons expliquent les performances décevantes des actions « Santé ». Tout d'abord, la bonne tenue de l'économie mondiale a favorisé les valeurs cycliques et de croissance, au détriment du secteur de la santé, jugé plus défensif. A cela s'est ajoutée la nomination de Robert F. Kennedy Jr. au poste de secrétaire d'État à la Santé au sein de l'administration Trump. Personnage hautement controversé, notamment pour ses positions anti-vaccination, son arrivée a suscité de multiples inquiétudes auprès des investisseurs.

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En outre, les changements organisationnels au sein de la FDA (“Food and Drug Administration”, agence chargée de réguler les médicaments et les dispositifs médicaux), la volonté de mise en place d'une politique de « MFN » (“Most Favored Nation” – dispositif visant à aligner le prix des médicaments payés aux Etats-Unis sur le prix le plus bas payé dans d'autres pays comparables) et les incertitudes sur les droits de douane appliqués aux médicaments ont été autant de facteurs qui ont poussé les investisseurs à limiter leur exposition vis-à-vis de ce secteur.

Une reprise progressive du secteur depuis septembre

L'annonce, le 30 septembre 2025, d'un accord entre l'administration Trump et le laboratoire Pfizer - premier d'une longue série d'accords avec d'autres grands laboratoires - a fortement contribué à réduire le risque lié à cette incertitude politique. Cet accord, en plus de limiter les baisses de prix « MFN » à Medicaid (programme d'assurance fédéral américain pour les revenus les plus faibles), exempte les Big Pharmas de tout droit de douane pendant 3 ans.

La contrepartie étant d'investir dans des appareils productifs aux Etats-Unis, environ 400 milliards de dollars en agrégé ont été promis d'être mis sur la table par les laboratoires. Ces accords et annonces permettent d'envisager une réduction durable de la prime de risque politique, qui a tant pesé sur le secteur ces dernières années, ainsi qu'un retour de la visibilité sur les budgets de R&D des grands laboratoires.

Cette visibilité retrouvée devrait profiter notamment au secteur des Biotechs, soutenu par une vague de fusions-acquisitions, les grands laboratoires pharmaceutiques faisant face à un certain nombre de pertes d'exclusivité sur leurs blockbusters dans les années à venir. Du côté du secteur des Sciences de la vie, les fournisseurs d'outils et de machines d'équipements à destination des laboratoires devraient également bénéficier des investissements consentis.

Innovation et IA, deux éléments porteurs de croissance pour le secteur

Enfin, malgré les difficultés des deux dernières années, le secteur a continué d'innover sur de nombreux fronts thérapeutiques. Des progrès majeurs ont été constatés en immunologie, oncologie, neurologie, génomique… L'intégration de l'intelligence artificielle, ouvrant de nouveaux horizons en matière d'analyse des données, de diagnostics et d'identification de solutions adaptées à des cas complexes, a aussi permis d'améliorer la recherche et les pratiques.

L'IA devrait également permettre d'améliorer tous les processus de bio-production, d'accélérer les mises sur le marché d'un certain nombre de traitements et la réalisation de gains de productivité massifs. Habituellement jugé comme défensif, ce secteur pourrait donc désormais changer de statut aux yeux du marché.

Une décote boursière dont il faut profiter

Dans ce contexte, et malgré le rebond déjà observé au cours des derniers mois, le secteur de la Santé continue d'être valorisé aujourd'hui avec une décote d'environ 15 % par rapport à l'ensemble du marché. Le potentiel est donc important, si vous estimez comme nous qu'une prime de valorisation devrait être appliquée à ce compartiment de la cote, dans un monde plus qu'incertain.

Beaucoup d'investisseurs restent à ce stade sous-pondérés, alors que la Santé représente 10 % du MSCI World (indice boursier mondial mesurant la performance d'environ 1.300 grandes et moyennes capitalisations dans 23 pays développés). Nous estimons que l'intérêt pour ce secteur devrait progressivement s'accroître, entraînant une dynamique très favorable en termes de flux.