(Actualisé avec exportateurs de vins et spiritueux de France)
PARIS, 3 octobre (Reuters) - Voici une série de réactions
européennes, jeudi, à l'autorisation accordée par l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) aux Etats-Unis de surtaxer des
produits européens dans le cadre du litige opposant Airbus
AIR.PA à Boeing BA.N .
Des droits de douane de 25% entrent en vigueur à la
mi-octobre pour des produits industriels et agricoles importés
de l'Union européenne comme le vin français, le fromage italien
ou le whisky écossais.
FRANCE, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le
Maire, à des journalistes :
"Nous tendons la main. Nous avons tendu la main depuis
plusieurs mois parce que nous pensons que c’est dans l’intérêt
économique et politique des Etats-Unis comme de Europe. Si
l’administration américaine refuse la main tendue par la France
et par l’Union européenne, nous nous tenons prêts à réagir par
des sanctions"
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FÉDÉRATION DES EXPORTATEURS DE VINS ET SPIRITUEUX DE FRANCE
(FEVS), dans un communiqué :
"Nous déplorons cette décision qui va à l'encontre de
l'ouverture du commerce. La mise en place de ces droits de
douane pénalisera très fortement les producteurs et exportateurs
de vins français mais également nos clients et nos consommateurs
aux Etats-Unis."
"Nous demandons solennellement aux autorités françaises et
européennes de trouver, dans les meilleurs délais, une solution
négociée au différend qui les oppose aux Etats-Unis (...) et
d'obtenir ainsi la suppression de ces droits qui touchent
désormais arbitrairement les vins français."
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LACTALIS, groupe agroalimentaire français, Michel Nalet,
directeur de la communication :
"Les produits laitiers sont impactés au premier plan. On
s'étonne que ça se retourne contre des fleurons agroalimentaires
français. On va se battre pour que ces mesures soient retardées.
On n'a pas la décision entre nos mains, on attend la réponse de
Bruxelles."
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COAG, coordination des agriculteurs et éleveurs espagnols,
dans un communiqué :
"Il est totalement injuste et disproportionné que la
communauté rurale doive payer pour une guerre commerciale avec
l'Union européenne qui n'a rien à voir avec l'Espagne", déclare
son secrétaire général, Miguel Blanco.
L'organisation estime que les exportations espagnoles de
vins, huiles, fromages, olives, etc., seront affectées
annuellement à hauteur d'un milliard d'euros.
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La SCOTCH WHISKY ASSOCIATION, qui représente l'industrie du
whisky écossais, dans un communiqué de sa présidente Karen Betts
:
"Les droits de douane vont indubitablement nuire au secteur
du whisky écossais. Les Etats-Unis sont notre marché le plus
important et le plus rémunérateur, plus d'un milliard de livres
de whisky écossais y ont été exportées l'an dernier. Les droits
vont mettre en danger notre compétitivité et nos parts de
marché."
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En ITALIE, le président du Conseil Giuseppe Conte a déclaré
lors d'une conférence à Milan que l'Italie travaillait avec
l'Union européenne à des contre-mesures. Le gouvernement
italien, a-t-il souligné, va mettre en oeuvre tout ce qui est en
son pouvoir pour limiter les dommages pour les secteurs
affectés.
La Confédération nationale des cultivateurs (Coldiretti)
chiffre à quelque 500 millions d'euros le volume de produits
alimentaires touchés.
(Bureaux de Paris, Londres, Madrid, Rome, Sophie Louet pour le
service français)