Prêt européen de 3 milliards d'euros à Airbus : les États-Unis menacent l'UE et dénoncent une "subvention distortive" information fournie par Boursorama avec Media Services 27/10/2026 à 10:27
Depuis 2004, les États-Unis et l'UE se sont régulièrement accusés de pratiques déloyales, centrées principalement sur des subventions à des entreprises privées telles que Boeing et Airbus.
Le représentant au commerce des États-Unis, Jamieson Greer, a dénoncé lundi 26 octobre le prêt de 3 milliards d'euros accordé à Airbus par l'Union européenne, le qualifiant de "subventions distorsives" et jugeant qu'il mettait en péril la trêve douanière conclue en 2021 après un différend autour de l'avionneur et de son concurrent américain Boeing.
"J'espérais sincèrement que les subventions européennes distorsives à Airbus soient du passé" , a regretté Jamieson Greer. Des aides publiques sont qualifiées de distorsives quand elles faussent la concurrence en octroyant un avantage injuste aux entreprises récipiendaires. Le responsable s'est dit préoccupé par le fait que son bureau n'ait reçu "aucun détail concernant ce prêt", appelant à résoudre la situation "aussi vite que possible".
En juin, la Banque européenne d'investissement (BEI) avait annoncé un prêt record de 3 milliards d'euros à l'avionneur pour financer son département recherche et développement.
Un accord en 2021
"Ce nouveau financement -inédit dans l'histoire de la BEI- vise à apporter à Airbus non seulement la capacité mais aussi la flexibilité nécessaires pour investir dans la recherche, le développement et l'innovation à long terme, dans les secteurs de l'aviation commerciale comme de la sécurité et de la défense", avait alors détaillé auprès de l' AFP le vice-président de l'institution, Ambroise Fayolle.
Depuis 2004, les États-Unis et l'UE se sont régulièrement accusés de pratiques déloyales, centrées principalement sur des subventions à des entreprises privées telles que Boeing et Airbus. En 2021, sous la présidence de Joe Biden, Washington et Bruxelles ont trouvé un accord sur cinq ans qui a permis la suspension des droits de douane en milliards de dollars de part et d'autre. Ces surtaxes n'ont pas été rétablies depuis.
Les propos de Jamieson Greer interviennent par ailleurs quatre mois après le feu vert donné par les 27 pays membres de l'UE à l'accord commercial global négocié l'an dernier avec les États-Unis, après l'offensive douanière générale de Donald Trump.