POINT HEBDO-Inflation, taux et résultats des banques au menu des marchés information fournie par Reuters 05/01/2024 à 13:04
Une avalanche de données devrait donner aux marchés une idée plus précise de la vitesse à laquelle l'inflation diminue dans le monde, mais les tensions en mer Rouge et la remontée des cours du pétrole sont susceptibles de raviver les craintes sur l'évolution des prix.
Côté entreprises, les grandes banques de Wall Street vont donner la semaine prochaine le coup d'envoi de la saison des résultats trimestriels, tandis que les mouvements sur les cryptoactifs devraient alimenter une plus grande volatilité.
Tour d'horizon des perspectives de marché dans les prochains jours:
1/ LE RALLYE DE NOËL À L'ÉPREUVE DE L'INFLATION
Les marchés actions ont affiché un important rallye fin 2023 dans la perspective d'une baisse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année. Les données sur l'inflation américaine, qui seront publiées le 11 janvier, devront conforter cet espoir au risque de décevoir.
Le ralentissement progressif de l'inflation a accru les attentes selon lesquelles la banque centrale pourrait commencer à réduire les coûts d'emprunt dès le mois de mars. Des signes montrant que l'inflation est restée faible en décembre soutiendraient probablement ce point de vue, même si une baisse plus importante que prévu pourrait également alimenter les craintes que le durcissement monétaire commence à peser sur l'économie.
À l'opposé, un rapport montrant que les prix à la consommation repartent à la hausse pourrait raviver la crainte que les marchés sous-estiment sans doute le temps qu'il faudra pour faire refluer les pressions inflationnistes. Les économistes interrogés par Reuters s'attendent à ce que les prix à la consommation réaccélèrent de 0,2% en décembre, après une hausse de 0,1% en novembre.
2/ EAUX TROUBLES
Les investisseurs surveillent le développement du conflit entre Israël et le Hamas palestinien pour déterminer s'il aura un impact sur les cours du brut et par conséquent sur l'inflation. Mais les prévisions d'une offre excédentaire de brut sur le marché ne permettent de pas de tirer des conclusions claires.
Outre les craintes d'une escalade du conflit au Moyen-Orient, les attaques des rebelles yéménites Houthis en mer Rouge rajoutent une dose d'incertitude sur l'évolution des prix.
Les groupes maritimes de transport étant contraints d'éviter la mer Rouge, les distributeurs se retrouvent face à l'un des plus grands bouleversements en matière de fret depuis que la pandémie de COVID-19 a paralysé le secteur en 2020.
Cela rallonge les délais de livraison, crée des pénuries et renchérit les coûts qui pourraient à leur tour alimenter l'inflation, expliquent les analystes spécialisés dans le commerce.
Le British Retail Consortium estime que la hausse des coûts pourrait inverser la tendance observée jusqu'ici sur la modération de l'inflation des produits alimentaires.
Les investisseurs, davantage concentrés sur les prix relativement modérés du pétrole LCOc1 , ont jusqu'à présent manifesté peu d'inquiétude quant au transport maritime via la mer Rouge. Mais ils seraient bien inspirés de surveiller de plus près les coûts du fret pour y déceler les signes d'une possible résurgence de l'inflation.
3/ AVALANCHE DE DONNÉES SUR L'INFLATION
Les responsables des banques centrales en Australie, en Chine et au Japon vont scruter les données sur l'inflation prévues dans la semaine, un indicateur clé, afin de déterminer le travail restant à effectuer cette année.
La Banque de Réserve d'Australie (RBA), qui fait partie des banques centrales susceptibles de baisser ses taux d'intérêt cette année, pourrait trouver un certain soulagement dans les chiffres de l'inflation de novembre, dont la publication est prévue le 10 janvier, en cas de ralentissement.
La Banque du Japon (BoJ), dont la politique monétaire est à contre-courant de celle de la plupart des grandes banques centrales, devrait en revanche accueillir favorablement une éventuelle hausse des prix à la consommation mardi prochain. Un indicateur à la hausse permettrait aussi de conforter les partisans d'une sortie de la politique ultra accommodante de la banque. Cet espoir a fait bondir le yen de 5% par rapport au dollar en décembre.
En Chine, les chiffres attendus vendredi indiqueront plus clairement si les pressions déflationnistes continuent de s'intensifier dans la deuxième économie mondiale.
4/ LA FED AU SOUTIEN DES BANQUES Les grandes banques de Wall Street comme JPMorgan Chase JPM.N , Bank of America BAC.N et Citigroup C.N ouvriront le bal des résultats du quatrième trimestre et de l'ensemble de l'exercice fiscal vendredi prochain.
Ces banques devraient avoir profité des taux d'intérêt élevés de la Fed, compensant ainsi une nouvelle baisse des revenus issus des opérations de fusions-acquisitions.
La banque de détail sera également surveillée dans un contexte où certains consommateurs, en particulier ceux à faible revenu, commencent à accuser des retards de remboursement.
L'immobilier commercial devrait rester un frein dans l'activité des banques, qui ont provisionné des liquidités pour couvrir des prêts défaillants. Comme de nombreux salariés continuent de travailler à distance ou de manière hybride, les propriétaires de bureaux qui ont emprunté de l'argent pour financer leurs bâtiments sont susceptibles d'être confrontés à de nouvelles tensions.
5/ ESPOIRS SUR LES ETF CYRPTO Le bitcoin BTC=BTSP a démarré la nouvelle année au même rythme que la fin de 2023 avec des gains importants, les investisseurs continuant de parier sur une approbation imminente de fonds indiciels ETF directement adossés au bitcoin par le régulateur boursier américain, la SEC (Securities and Exchange Commission).
La plus célèbre des cryptomonnaies a bondi de 156% l'an dernier, sa meilleure performance annuelle en trois ans, dépassant les 45.000 dollars.
Les acteurs du marché estiment qu'une décision favorable de la SEC pourrait entraîner une nouvelle vague de capitaux vers les cryptomonnaies.
Le bitcoin reste cependant encore volatil. Il a récemment effacé une partie des gains acquis en 2024 et demeure toujours loin de son record historique à 69.000 dollars touché en novembre 2021. Selon certains analystes, des doutes subsistent quant à l'ampleur de la demande pour un ETF bitcoin, tout comme son éventuelle approbation par la SEC.
(Rédigé par Rae Wee à Singapour, Ira Iosebashvili et Lananh Nguyen à New York, et Naomi Rovnick et Tom Wilson à Londres; graphiques par Vineet Sachdev, Pasit Kongkunakornkul, Sumanta Sen, Kripa Jayaram et Riddhima Talwani; compilé par Karin Strohecker et Dhara Ranasinghe; version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)