PETROLE-Les prix s'envolent de 7% avec les perturbations du trafic maritime au Moyen-Orient
information fournie par Reuters 02/03/2026 à 12:14

Les prix du pétrole s'envolaient de près de 8% lundi vers la mi-séance en réaction aux perturbations du trafic maritime dans le Détroit d'Ormuz, axe vital pour le commerce maritime mondial de brut, provoquées par les représailles iraniennes en réponse au troisième jour de l'opération militaire d'Israël et des Etats-Unis contre l'Iran.

Le Brent LCOc1 s'envole de 7,71% à 78,49 dollars le baril, après avoir touché un plus haut depuis janvier 2025, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 grimpe de 7,48% à 71,96 dollars vers 11h00 GMT.

L'armée israélienne menait lundi des frappes à grande échelle contre le territoire iranien, dont de nouvelles "cibles" à Téhéran, alors que le régime iranien portait de son côté la riposte sur plusieurs fronts, monarchies du Golfe incluses.

Un nouveau front s'est par ailleurs ouvert au Liban, où Tsahal a frappé le Hezbollah en différents points du pays en réplique à des projectiles lancés en direction d'Israël par le mouvement chiite armé, allié de Téhéran.

L'incertitude était toujours de mise quant à la durée de l'opération et aux conséquences des représailles iraniennes, qui ont déjà endommagé des pétroliers au large des côtes du Golfe et contraint plus de 200 navires, dont des pétroliers et des méthaniers, à jeter l'ancre en dehors du Détroit d'Ormuz.

Environ un cinquième du commerce maritime mondial de pétrole transite par ce détroit et 20% de celui de gaz naturel liquéfié.

PAS ENCORE DE CRISE SYSTÉMIQUE

"Ce mouvement reflète l'incertitude qui règne autour de l'ampleur et de la durée du conflit actuel et reconnaît que l'avenir politique de l'Iran pourrait avoir des répercussions importantes sur la stabilité au Moyen-Orient", a estimé James Hosie, de Shore Capital.

"Les scénarios d'escalade suggèrent qu'une altération durable de la capacité de transit à Ormuz pourrait propulser le pétrole nettement plus haut, potentiellement vers 90 à 100 dollars, voire davantage dans les cas extrêmes. Ce n'est pas le scénario central, mais cela fait désormais partie de l'éventail des issues plausibles", ont écrit pour leur part les analystes d'eToro.

Les prix du pétrole sont étroitement surveillés, car une hausse soutenue menacerait la reprise économique mondiale, stimulerait l'inflation et pourrait faire grimper les prix de l'essence aux États-Unis, ce qui nuirait au président américain Donald Trump à l'approche des élections de mi-mandat en novembre prochain.

L'envolée des cours s'est toutefois ralentie depuis ce matin, une évolution que les analystes attribuent au fait que les opérateurs ont déjà intégré une prime de risque dans les prix en prévision du conflit.

Le Brent avait augmenté de plus de 19% cette année jusqu'à la clôture de vendredi, tandis que le brut léger américain avait pris 17%.

"Les marchés reconnaissent la gravité du conflit, mais signalent également que, pour l'instant, il s'agit d'un choc géopolitique et non d'une crise systémique", note Priyanka Sachdeva, analyste chez Phillip Nova.

L'Opep+ a par ailleurs décidé dimanche d'augmenter sa production de pétrole de 206.000 barils par jour pour le mois d'avril. Tous les producteurs de l'organisation, à l'exception de l'Arabie saoudite, produisent à pleine capacité, a déclaré Helima Croft, analyste chez RBC Capital.

Sur les marchés d'actions, les titres des entreprises énergétiques s'envolaient également, bénéficiant de la flambée des prix du brut.

TotalEnergies TTEF.PA prend 3,8% Maurel & Prom MAUP.PA 5,6%, Equinor EQNR.OL 6,3%, Eni ENI.MI 2,4% et Shell

SHEL.L 2,72%. Le secteur énergétique du Stoxx 600 avance de près de 2%, seul secteur, avec celui de la défense, à afficher des gains ce lundi.

(Reportage Florence Tan et Sudarshan Varadhan, avec la contribution de Lucie Barbier and Alessandro Parodi, version française Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)