"Nous sommes en discussions avec tous les États européens" : après la France et l'Allemagne, le Français Chapsvision espère signer avec d'autres pays information fournie par Boursorama avec Media Services 18/06/2026 à 11:47
Chapsvision vise les "États qui souhaitent avoir une certaine indépendance technologique" par rapport aux États-Unis.
Alors que la France et l'Allemagne ont déjà décidé de tourner le dos aux solutions américaines d'analyse de données pour leurs services de renseignements, le spécialiste français du secteur, Chapsvision, espère désormais signer avec d'autres pays européens, a annoncé son directeur général mercredi 17 juin au salon VivaTech.
"Nous sommes en discussions avec tous les États européens (...) mais aussi, au-delà de l'Union Européenne, des États d'Asie et du Moyen-Orient, qui sont des États qui souhaitent avoir une certaine indépendance technologique ", a affirmé Silvano Sansoni, lors d'une conférence de presse organisée au lendemain de l'annonce de son accord avec la France.
"Nous voyons l'Ukraine comme un marché potentiel. (...) Nous regardons comment travailler avec les autorités ukrainiennes de manière proche", a poursuivi Silvano Sansoni, qui a également dit souhaiter trouver un accord avec l'Allemagne. Les services secrets allemands ont annoncé mi-mai se tourner vers Chapsvision pour leur logiciel d'analyse de données, afin de se détourner de Palantir. Selon plusieurs médias d'Outre-Rhin, l'Office fédéral pour la protection de la Constitution (le renseignement intérieur allemand) a opté pour la solution française et sa plateforme IA ArgonOS, dans un revirement stratégique sur les questions d'approvisionnement numérique.
L'ombre de l'Américain Palantir
L'entreprise française, créée en 2019, doit remplacer sa concurrente américaine Palantir dans la fourniture de services d'analyse de données utilisés par la DGSI, a annoncé mardi le Premier ministre français, Sébastien Lecornu.
À VivaTech, le patron de ChapsVision a souligné que sa plateforme ArgonOs devait également être déployée ensuite auprès de l'ensemble des administrations françaises, sans toutefois donner de calendrier.
Interrogé mercredi lors d'une visite de ce salon parisien dédié aux nouvelles technologies, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a indiqué que ce déploiement des solutions de ChapsVision chez la DGSI prendrait "sans doute plusieurs mois" , sans préciser quand les outils fournis par Palantir cesseraient d'être utilisés.
Fondée en 2003 par Peter Thiel, figure de la droite libertarienne de la Silicon Valley, Alex Karp et d'autres, avec le soutien de la CIA, Palantir est critiquée par des ONG qui pointent depuis des années des risques de surveillance de masse, d'atteinte aux libertés individuelles et à la protection des données. La DGSI avait choisi de collaborer avec Palantir à partir de 2016 "dans le contexte d'une exposition à une intense menace terroriste" et après "une large consultation incluant des industriels français". "Il s'agissait alors du seul outil existant sur le marché permettant de répondre aux besoins de la Direction pour couvrir des enjeux de sécurité nationale", a-t-elle ajouté. Un renouvellement de ce contrat pour trois ans avait été annoncé en décembre 2025, après deux renouvellements en 2019 et 2022, "dans l'attente du déploiement d'un nouvel outil souverain", avait encore précisé le renseignement intérieur français.