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Renseignement et IA : la DGSI rompt son contrat avec Palantir pour la pépite française Chapsvision, annonce Lecornu
information fournie par Boursorama avec Media Services 16/06/2026 à 10:57

Le renseignement français s'était tourné vers l'entreprise américaine dès 2016, dans un contexte de forte menace terroriste jihadiste. Les inquiétudes en matière de souveraineté numérique changent désormais la donne, au profit d'une entreprise française qui a déjà conquis le renseignement allemand.

Chapsvision avait remporté un appel d'offres de la DGSI en 2024 ( POOL / STEPHANE DE SAKUTIN )

Chapsvision avait remporté un appel d'offres de la DGSI en 2024 ( POOL / STEPHANE DE SAKUTIN )

"Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique". Dans une longue vidéo consacrée aux investissements de la France dans le domaine de l'intelligence artificielle, Sébastien Lecornu a annoncé mardi 16 juin que le renseignement intérieur français (DGSI) avait décidé de rompre son contrat avec le géant américain de l'analyse de données Palantir, dont le cofondateur Peter Thiel est proche de Donald Trump.

La DGSI a finalement "retenu" la société française ChapsVision, spécialisée dans le traitement de données par IA, qui se fait une place de plus en plus visible dans l'écosystème du renseignement européen.

Les services secrets allemands avaient ainsi annoncé mi-mai se tourner vers Chapsvision pour leur logiciel d'analyse de données, afin de se détourner de Palantir. Selon plusieurs médias d'Outre-Rhin, l'Office fédéral pour la protection de la Constitution (le renseignement intérieur allemand) a opté pour la solution française et sa plateforme IA ArgonOS, dans un revirement stratégique sur les questions d'approvisionnement numérique.

Créée en 2019 par Olivier Dellenbach, Chapsvision a multiplié les acquisitions pour s'imposer progressivement comme une solution pour le renseignement français. La structure avait ainsi remporté en 2024 un important appel d'offres de la DGSI, face une joint venture Thalès-Atos, pour remplacer le système de gestion de données de masse fourni par Palantir.

Palantir, une aide précieuse devenue menace?

Fondée en 2003 par Peter Thiel, figure de la droite libertarienne de la Silicon Valley, Alex Karp et d'autres, avec le soutien de la CIA, Palantir est critiquée par des ONG qui pointent depuis des années des risques de surveillance de masse, d'atteinte aux libertés individuelles et à la protection des données.

La DGSI avait choisi de collaborer avec Palantir à partir de 2016 "dans le contexte d'une exposition à une intense menace terroriste" et après "une large consultation incluant des industriels français". "Il s'agissait alors du seul outil existant sur le marché permettant de répondre aux besoins de la Direction pour couvrir des enjeux de sécurité nationale", a-t-elle ajouté. Un renouvellement de ce contrat pour trois ans avait été annoncé en décembre 2025, après deux renouvellements en 2019 et 2022, "dans l'attente du déploiement d'un nouvel outil souverain", avait encore précisé le renseignement intérieur français.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi acté mardi 16 juin ce passage à une solution 100% tricolore, se disant désireux de "construire une véritable autonomie" pour ne "pas dépendre du bon vouloir de certains partenaires, capables (...) de couper le robinet d'accès" à l'IA.

3 commentaires

  • 11:58

    Si la solution retenue est moins performante que celle de palantir, c'est une perte pour la dgsi.

    J'espère que ce critère n'a pas été oublié.


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