OSLO, 14 novembre (Reuters) - Les projets de prospection
pétrolière de la Norvège dans l'Arctique sont contraires à sa
Constitution car ils sont une atteinte au droit à un
environnement sain, a estimé mardi un avocat de Greenpeace,
devant un tribunal d'Oslo.
C'est la première affaire de ce genre à être jugée en
Norvège. Les plaignants estiment que les licences accordées dans
l'Arctique à plusieurs groupes pétroliers comme Statoil STL.OL
et Chevron CVX.N violent la Constitution.
Pour les avocats du gouvernement, cette affaire est un coup
d'éclat qui, s'il aboutit, sera dommageable à l'emploi.
La Norvège est le plus important producteur de pétrole et de
gaz d'Europe de l'Ouest; les hydrocarbures représentent ses
exportations les plus importantes.
"En vertu de l'article 112 de la Constitution (...), l'Etat
norvégien a le devoir de ne pas porter atteinte au climat", a
déclaré devant le tribunal Ketil Lund, qui a siégé pendant une
vingtaine d'années à la Cour suprême.
"Notre objectif, c'est d'obtenir que la justice reconnaisse
que les licences accordées en mer de Barents ne sont pas valides
et doivent être retirées parce qu'elles sont une atteinte au
droit des générations futures à bénéficier d'un environnement
sain", a dit à Reuters Truls Gulowsen, directeur de Greenpeace
Norvège.
Aux abords du tribunal, pendant que la première neige
tombait sur Oslo, des militants de Greenpeace avaient mis en
place un bloc de glace de cinq tonnes, avec gravé dessus
l'article de la Constitution sur lequel ils s'appuient pour
contester les licences pétrolières.
(Gwladys Fouche; Eric Faye pour le service français)