Les ventes trimestrielles de LVMH envoient des signaux contrastés pour le secteur du luxe - DJ Plus
information fournie par Agefi Dow Jones 13/10/2026 à 16:12

LVMH SITE (crédit photo : Adobe Stock )

Le numéro un mondial du luxe LVMH (propriétaire de L'Agefi) a subi au cours du trimestre écoulé un ralentissement de la demande en Chine qui a pesé sur les ventes de sa principale division, mode et maroquinerie. Mais les performances des autres pôles s'avèrent robustes malgré le contexte géopolitique perturbé.

La division Vins et Spiritueux a ainsi vu ses ventes progresser de 6% en données comparables au troisième trimestre, dépassant les attentes des analystes et confirmant le redressement de la demande de champagne et de cognac après une année 2025 plombée par les droits de douane américains.

La distribution sélective, emmenée par Sephora, a elle aussi accéléré avec une croissance de 8% cet été, tirée par un nouvel afflux de touristes en Europe.

Le "hard luxury", qui regroupe les bijoux et les montres, bénéficie quant à lui de son rôle de réserve de valeur : ses ventes ont augmenté de 6% sur le trimestre écoulé, après une hausse de 11% au deuxième. Les ventes de parfums et cosmétiques sont restées globalement stables (+1%), dans un marché très concurrentiel et qui avait beaucoup progressé au cours des dernières années. Seule la mode et maroquinerie (Louis Vuitton, Dior, Céline, Loro Piana, ...) affiche un recul de son chiffre d'affaires (-5%). Il s'agit de la division la plus importante, qui concentre près de la moitié des ventes de LVMH et les trois quarts de ses bénéfices.

Au global, le chiffre d'affaires du conglomérat du luxe a progressé de 1% au troisième trimestre sur un an, à 18,50 milliards d'euros. Sur les neuf premiers mois de l'exercice, le chiffre d'affaires de LVMH ressort à 57,15 milliards d'euros, en baisse de 2% en données publiées et en hausse de 2% à taux de change et périmètre constants.

Pour Antoine Fraysse-Soulier, analyste chez eToro, "la diversification joue pleinement son rôle d'amortisseur" dans les résultats de LVMH. Toutefois, si la demande chinoise reste durablement affaiblie, cette diversification ne permettra pas de sortir le groupe de la période actuelle de croissance faible, ajoute-t-il.

En dehors de la mode et maroquinerie, le quatrième trimestre "ne se présente pas mal dans la mesure où les divisions et les zones en croissance au T3 [Etats-Unis, Europe, Japon, ndlr] devraient rester en mesure de progresser au quatrième trimestre avec un léger bémol pour Montres et Joaillerie où la base de comparaison sera difficile chez Bulgari", estime de son côté Oddo BHF.

+Réactions boursières+

"Reste évidemment le sujet Mode et Maroquinerie/Chine". Au troisième trimestre, les ventes du pôle auprès de la clientèle chinoise ont probablement reculé de 15%, bien que la tendance se soit un peu améliorée en fin de trimestre, indique la banque.

Louis Vuitton a ressenti ce coup de frein plus fortement que les autres marques. Le malletier a peut-être pâti de ses démêlés avec une marque locale de thé, Molly Tea, qu'il a fait condamner pour avoir utilisé un logo trop proche du célèbre monogramme à fleur ornant ses sacs à main.

LVMH n'a pas fait de commentaire sur l'incidence de cette affaire. Mais le problème en Chine semble plus profond. "Après les hausses de prix des dernières années, les consommateurs chinois se tournent de plus en plus vers des marques chinoises qui deviennent également plus crédibles, avec des produits culturellement proches et des prix souvent plus accessibles", observe ainsi Antoine Fraysse-Soulier, chez eToro.

L'ampleur du ralentissement sur ce marché devrait être au centre de l'attention lors des prochaines publications trimestrielles dans le secteur du luxe, indiquent les analystes de Jefferies.

Les investisseurs n'ont pas attendu pour tirer les leçons de la publication de LVMH. Vers 16h00 mardi, les titres de Rémy Cointreau et Pernod Ricard figuraient parmi les plus fortes hausses à la Bourse de Paris, s'adjugeant respectivement 5,7% et 3,5%, grâce aux commentaires du groupe sur la demande de champagne et de cognac.

A l'inverse, Hermès et Kering se repliaient de 2,6% et 2,4% en réaction au repli plus important que prévu de l'activité de mode et maroquinerie. L'action LVMH lâchait quant à elle 0,7%.

-François Schott, Agefi-Dow Jones; fschott@agefi.fr ed: CJE

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