L'Iran revendique toujours le contrôle d'Ormuz après le cessez-le-feu américain information fournie par Reuters 27/07/2026 à 19:49
(Actualisé avec Trump, déclaration de l'Arabie saoudite)
par Nayera Abdallah, Elwely Elwelly et Bo Erickson
L'Iran a déclaré lundi qu'il contrôlait toujours le détroit d'Ormuz et qu'il ne cherchait pas à reprendre des négociations avec les Etats-Unis après l'arrêt au cours du week-end par Donald Trump d'une nouvelle campagne de deux semaines de bombardements sur les conseils de son entourage.
Après 13 nuits consécutives de frappes en territoire iranien, qui ont amené Téhéran à riposter en visant des bases américaines au Moyen-Orient, le président des Etats-Unis a mis fin à ces bombardements et l'Iran a réagi en suspendant ses propres représailles.
Donald Trump s'est félicité lundi de mener de "bonnes discussions" avec Téhéran, arguant de nouveau qu'un accord était possible tout en réitérant ses menaces de bombardements américains si les négociations échouaient.
"Nous discutons en ce moment", a-t-il déclaré à des journalistes à bord de son avion présidentiel Air Force One.
"Nous avons de bonnes discussions (...) Je pense qu'il y a de bonnes chances pour que quelque chose se passe, et si c'est le cas, tant mieux, sinon nous retournerons à ce que nous avons fait il y a deux jours."
Cette accalmie a fait plonger les cours du pétrole lundi matin. Le baril de Brent LCOc1 , qui était brièvement repassé au-dessus de 100 dollars pour la première fois depuis mai la semaine dernière, est retombé à environ 89 dollars.
Le président américain a pris sa décision conformément à l'avis de ses conseillers, civils et militaires, selon lesquels cette campagne destinée à desserrer l'étreinte iranienne sur le détroit d'Ormuz avait atteint ses limites, selon un responsable américain interrogé par Reuters et de nombreux médias aux Etats-Unis.
Selon ce responsable, les chefs militaires américains ont dit à Donald Trump qu'ils n'avaient plus de cibles à viser. Le chef d'état-major des armées américaines, le général Dan Caine, a aussi exprimé son inquiétude face au tarissement des armes de défense antiaérienne pour protéger les bases américaines dans la région, a rapporté ce responsable.
L'IRAN DIT AVOIR REPOUSSÉ SIX NAVIRES À ORMUZ
Le New York Times, CNN, Axios et d'autres médias américains ont aussi rapporté au cours du week-end que des collaborateurs civils et militaires de Donald Trump lui avaient conseillé de mettre fin à cette campagne.
Le représentant des Etats-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a déclaré dimanche que le président américain avait suspendu les bombardements pour favoriser une reprise des négociations.
Esmail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a cependant déclaré lundi lors d'une conférence de presse télévisée que l'Iran n'avait pas réclamé de reprendre des pourparlers, contrairement aux déclarations des dirigeants américains, dont Donald Trump lui-même, présentant Téhéran comme désireux de conclure un accord.
Des messages continuent d'être transmis entre les deux parties via des médiateurs et l'Iran ne tourne pas le dos à la diplomatie mais les "affirmations selon lesquelles l'Iran réclame des négociations avec les Etats-Unis relèvent de l'invention", a dit Esmail Baghaei. "Ce n'est pas dans notre ADN."
Signe que l'Iran pourrait tester la réalité du cessez-le-feu américain, la Jordanie a dit lundi avoir abattu deux drones et des sources de sécurité irakiennes ont fait état d'une attaque de drones contre des combattants de l'opposition kurde iranienne dans le nord de l'Irak. Aucune victime n'a été signalée dans les deux cas.
L'Arabie saoudite a également rapporté avoir abattu des drones tirés depuis l'Irak par des groupes soutenus par Téhéran qui ciblaient des sites pétroliers. Ryad a dit se réserver le droit de répondre.
Téhéran a aussi fait passer le message lundi qu'il continuait de contrôler le détroit d'Ormuz, voie essentielle au commerce mondial des hydrocarbures.
Plusieurs médias officiels iraniens ont cité une "source informée" disant que l'Iran avait fait rebrousser chemin lundi matin à six "navires en infraction" qui tentaient de franchir le détroit sans autorisation iranienne. L'un de ces bateaux a eu un "accident", a dit la source citée dans les médias iraniens.
Oman, qui se trouve sur la rive opposée du détroit, a envoyé une délégation à Téhéran au cours du week-end pour discuter du contrôle de cette voie maritime. Esmail Baghaei a dit que les discussions s'étaient bien passées.
(Rédigé par Peter Graff, version française Bertrand Boucey et Zhifan Liu, édité par Benoit van Overstraeten et Benjamin Mallet)