* Premier rapport officiel sur la catastrophe qui a fait 157
morts
* Les pilotes ont respecté les procédures d'urgence-rapport
* Le rapport ne désigne pas de responsables
(Actualisé avec réaction de la FAA au §14)
par Jason Neely
ADDIS ABABA, 4 avril (Reuters) - Les pilotes du Boeing
BA.N 737 MAX d'Ethiopian Airlines qui s'est écrasé le 10 mars
non loin d'Addis Ababa ont respecté les procédures d'urgence
pour tenter de garder le contrôle de l'avion, a déclaré jeudi
Dagmawit Moges, la ministre des Transports éthiopienne, à
l'occasion de la présentation du premier rapport traitant de
l'accident.
"Le personnel a effectué toutes les procédures (...)
fournies par le constructeur mais n'a pas été en mesure de
contrôler l'avion", a-t-elle lors d'une conférence de presse.
Le rapport devrait être publié d'ici vendredi.
Conformément aux règles internationales aériennes, le
rapport préliminaire ne désigne aucun responsable de cet
accident. Il ne fournit pas non plus d'analyse détaillée du vol,
travail qui devrait prendre plusieurs mois avant la
présentation, d'ici un an, du rapport final.
Mais le rapport, qui montre clairement les points sur
lesquels les enquêteurs se concentrent, établit que les pilotes
n'ont pas effectué de procédures incorrectes et émet deux
recommandations à l'intention de l'avionneur Boeing et des
autorités de réglementation.
Il suggère que le constructeur américain revoie son système
de contrôle de vol et que les autorités de l'aviation confirment
que le problème a bien été résolu avant d'autoriser à nouveau ce
type d'appareil à voler.
Tous les 737 MAX sont cloués au sol depuis la catastrophe
aérienne d'Ethiopian Airlines, survenue cinq mois après
l'accident d'un même appareil de la compagnie indonésienne Lion
Air, qui a fait 189 morts.
LE TITRE BOEING A PERDU 9% DEPUIS LE 10 MARS
"Etant donné que des conditions de piqué du nez répétitives
et non voulues sont observées (...), il est recommandé que le
constructeur examine le système de contrôle de vol", a déclaré
Dagmawit Moges.
Ethiopian Airlines estime pour sa part que son équipage a
suivi toutes les instructions pour faire face à une situation
d'urgence difficile.
Toutefois, ce rapport pourrait susciter un débat avec Boeing
sur la manière dont les pilotes ont réagi à la suite de données
suspectes reçues d'un capteur, en particulier sur le fait de
savoir s'ils avaient stabilisé l'avion avant de désactiver le
système anti-décrochage.
Le constructeur américain a déclaré qu'il étudierait le
rapport.
Les familles des 157 victimes, les autorités de régulation
et des voyageurs du monde entier attendent d'en savoir plus sur
les raisons pour lesquelles l'avion d'Ethiopian a plongé vers le
sol s'écrasant six minutes après son décollage dans un champ non
loin de la capitale éthiopienne.
Le rapport préliminaire sur la catastrophe de Lion Air
indiquait que les pilotes avaient perdu le contrôle après avoir
bataillé avec le système anti-décrochage MCAS (Manoeuvring
Characteristics Augmentation System), une nouvelle fonction
automatisée destinée à incliner automatiquement le nez de
l'appareil pour maintenir l'effet ascensionnel.
La direction de l'aviation civile américaine (FAA), qui a
été critiquée pour avoir certifié le MCAS, a souligné que
l'enquête n'était pas encore terminée.
"Nous continuons à travailler afin de comprendre
complètement tous les aspects de cet accident. Au fur et à
mesure que nous en saurons plus sur l'accident et que les
résultats de cette évaluation seront disponibles, nous prendrons
les mesures qui s'imposent", déclare-t-elle dans un communiqué.
Boeing a annoncé mercredi avoir testé avec succès une mise à
jour de ce logiciel, conçue pour donner plus de latitude aux
pilotes pour conserver le contrôle manuel de l'appareil.
Dans les premiers échanges d'avant-Bourse, le titre Boeing
reculait de 0,4% à la suite de la publication du rapport des
autorités éthiopiennes. Au cours de clôture de mercredi, la
valeur a perdu près de 9% depuis l'accident du 10 mars, ce qui
ne l'empêche toutefois d'afficher une progression de plus de 19%
depuis le début de l'année +12,4% pour le Dow Jones .DJI sur
la période.
(Avec la contribution de Maggie Fick à Nairobi, Catherine
Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Benoit Van
Overstraeten)