L'agence mondiale de l'aviation va revoir la formation des pilotes
information fournie par Reuters 03/07/2019 à 04:48

    MONTREAL, 3 juillet (Reuters) - Une réunion de l'agence de
l'aviation des Nations unies se tiendra la semaine prochaine
pour passer en revue les exigences en matière de licences de
pilote, au coeur des débats après les crashs mortels de deux
avions Boeing  BA.N  737 MAX l'an dernier. 
    C'est la première fois que l'Organisation de l'aviation
civile internationale (OACI), qui fixe les normes mondiales pour
les 193 pays membres, va procéder à un examen aussi vaste des
besoins en formation.
    Bien que la réunion n'ait pas été convoquée à la suite des
deux accidents de 737 MAX, elle coïncide avec un débat plus
vaste qui consiste à savoir si les avions commerciaux, de plus
en plus automatisés, compromettent les compétences des pilotes.
    Le 737 MAX a été immobilisé dans le monde entier en mars
après l'accident d'un appareil des Ethiopian Airlines et celui
d'un avion de Lion Air quatre mois plus tôt. Les deux
catastrophes ont fait 346 morts. 
    Dans les deux cas, le logiciel anti-décrochage MCAS a été
mis en cause, que Boeing a mis en place pour que l'appareil
fonctionne comme les modèles précédents de 737. 
    La formation dispensée aux pilotes pour leur permettre de
gérer au mieux ces problèmes fait également l'objet d'un examen
approfondi, élargissant le débat sur les compétences des
pilotes, qui fait rage depuis des années, alors que les
équipages passent de moins en moins de temps à piloter des
avions manuellement.
    "Récemment, au vu de l'actualité, les gens se demandent si
les exigences minimales ou l'expérience sont toujours valables,
(ou) si nous devrions revoir cela", dit à Reuters le chef de la
sécurité opérationnelle de l'OACI, Miguel Marin. 
    
    "UNE PREMIÈRE ÉTAPE"
    En plus des régulateurs, des représentants d’un groupe
mondial de pilotes devraient assister à la réunion qui se
tiendra du 8 au 12 juillet, ajoute Miguel Marin, qui qualifie
cette réunion de "première étape". 
    Aux États-Unis, l'agence de l'aviation civile (FAA) a
augmenté le nombre d'heures de formation requises pour les
pilotes commerciaux, passant de 250 à 1.500 en 2013, une mesure
excessive selon certains, en particulier car le secteur va
devoir faire face à des pénuries de pilotes.
    Parmi les sujets abordés lors de la réunion de Montréal
figurent les heures de vol et la formation axée sur les
compétences, où les pilotes doivent démontrer leur capacité à
faire atterrir un avion, plutôt que de se concentrer sur
l’apprentissage du vol et l’accumulation d’heures, quel que soit
le type d’aéronef.
    La licence de pilote en équipage multiple de l'OACI, créée
en 2006, axe sa formation sur les compétences, au cours de
laquelle un pilote a besoin de 240 heures pour devenir premier
officier sur un seul type d'aéronef.
    "Ce que nous voyons dans les avions hautement automatisés,
ce n'est pas comment gérer l'avion si tout va bien. Ce sont ces
dysfonctionnements inattendus qui déstablisent l'avion",
explique Miguel Marin.
    "Nous pensons que cela ne peut être abordé qu'avec une
approche différente de la formation plutôt que de simplement
dire, donnez-leur plus d'heures."

 (Allison Lampert;
Arthur Connan pour le service français)