Iran et Oman travaillent toujours sur un accord pour le détroit d'Ormuz-source information fournie par Reuters 26/08/2026 à 17:33
par Parisa Hafezi et Jana Choukeir
L'Iran et Oman travaillent toujours sur les détails d'un accord pour le détroit d'Ormuz, a déclaré mercredi une source iranienne de haut rang, démentant qu'un accord avait déjà été conclu au sujet de cette voie maritime stratégique, comme l'avaient laissé entendre plus tôt les Gardiens de la Révolution islamique.
"Un accord avec Oman concernant le détroit d'Ormuz n'a pas encore été finalisé", a dit à Reuters cette source, ajoutant que les discussions se poursuivaient sur les détails d'un accord.
Un porte-parole du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) avait déclaré plus tôt mercredi que l'Iran et Oman étaient parvenus à un accord sur le partage du territoire et des recettes, ce qui a provoqué une nette baisse des cours du brut, tombés plus tôt en séance à un creux de 16 jours.
Vers 17h00, le Brent LCOc1 perdait encore 0,97% à 87,72 dollars et le brut léger américain CLc1 reculait de 0,69% à 81,81 dollars.
L'Iran et Oman mènent depuis des semaines des pourparlers intermittents sur le contrôle du trafic maritime via le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du transport mondial d'hydrocarbures.
En réponse à la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février dernier, l'Iran a de facto fermé le détroit d'Ormuz - le nombre de bateaux l'empruntant a chuté de 90% en raison des craintes des armateurs de voir leurs navires être attaqués.
Le porte-parole des Gardiens de la révolution a également réaffirmé mercredi que le détroit d'Ormuz ne serait pas rouvert tant que Washington n'aura pas satisfait aux conditions fixées par Téhéran dans l'accord de cessez-le-feu intérimaire conclu en juin, avant d'être rompu, les deux camps se reprochant mutuellement de l'avoir enfreint.
Parmi les conditions fixées par Téhéran figurent la levée du blocus américain des ports iraniens - mesure mise en place par les Etats-Unis en réponse au blocage du détroit d'Ormuz -, le versement d'indemnités et la levée des sanctions imposées depuis des décennies par Washington.
Même s'il n'y a pas eu d'échanges de tirs depuis quelques semaines entre les deux pays, l'absence de toute perspective de fin du conflit affecte les cours du brut qui, malgré leur baisse mercredi, restent à un niveau élevé, avec pour effet à leur tour d'entretenir des pressions inflationnistes à travers le monde.
L'administration du président américain Donald Trump a annoncé lundi un renforcement des sanctions secondaires qu'elle entend imposer aux entités et aux pays qui entretiennent des relations commerciales avec l'Iran à travers le monde, tout en se gardant de dévoiler à ce stade de nouvelles pénalités.
Plus tôt ce mois-ci, Donald Trump avait mis en garde Oman contre toute coopération avec Téhéran, déclarant à la chaîne Fox News : "Si Oman se met en travers de notre chemin, on va les bombarder jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien".
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré à ses alliés que Washington ne prévoyait pas, pour l'instant, de lancer de nouvelles frappes contre l'Iran, se focalisant plutôt sur d'autres moyens de pression, a rapporté Axios mardi.
Le soutien de l'opinion publique américaine à la guerre est tombé à son plus bas niveau depuis le début du conflit, et la popularité de Donald Trump est également à un niveau historiquement bas à l'approche des élections de mi-mandat au Congrès ("midterms") en novembre, selon un sondage Reuters/Ipsos.
(Parisa Hafezi et Jana Choukeir; version française Benoit Van Overstraeten, édité par Jean Terzian)