Guerre au Moyen-Orient : quelles conséquences pour les marchés ? information fournie par Le Cercle des économistes 09/03/2026 à 08:06
Personne n'est devin dans les circonstances actuelles. De plus, cet article est écrit mercredi 4 mars 2026 à 15h et beaucoup de choses peuvent arriver avant sa publication.
A date, trois scénarios sont envisageables :
1/ La guerre dure environ un mois et ne fait intervenir à titre principal ‘que' les Etats-Unis et Israël, plus les pays du Golfe persique qui ont été touchés par des drones ou missiles iraniens, d'un côté ; et l'Iran seul de l'autre. Hypothèse : à l'issue de ce scénario, l'Iran est affaibli, le détroit d'Ormuz est ouvert et les prix du pétrole et du gaz reviennent vers les niveaux antérieurs. Les Bourses reviennent progressivement à leurs niveaux antérieurs de fin février 2026 avec des valeurs Défense qui restent à un niveau significatif en fonction de la durabilité de ce scénario. L'impact sur l'activité de l'Europe et de l'Amérique du Nord est réduit en termes de croissance et de balance commerciale.
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A terme, si l'Iran ne peut plus aider la Russie, un arrêt des hostilités en Ukraine est envisageable et à l'issue de négociations qui ne seraient pas interminables. L'éventuelle levée des sanctions sur la Russie serait un boost considérable pour la croissance de l'Union européenne, du Royaume-Uni et de la Suisse. Dans ce scénario augmenté, il y a un rebond de la croissance d'UE-RUS en 2026-2027 et les marchés financiers européens surperforment les marchés américains dans cette période.
2/ La guerre dure trois mois, le pétrole se maintient autour de 100 dollars le baril, plusieurs avions et bateaux américains et israéliens sont détruits, le détroit d'Ormuz est impraticable pour plusieurs semaines, etc. La croissance européenne est durement affectée avec une stagnation de l'activité pendant deux ou trois trimestres, les profits anticipés sont décevants et l'Europe apparaît plus que jamais comme un appendice de plus en plus impuissant des Etats-Unis. Les Bourses peuvent se replier jusqu'à 15% par rapport aux niveaux du 27 février. La guerre entre la Russie et l'Ukraine s'intensifie, la Russie profitant de l'attention internationale portée sur le Moyen-Orient pour organiser des frappes d'une totale violence sur Kiev. Kiev est KO debout et un effondrement militaire de l'Ukraine semble possible. L'Union européenne est aux abois.
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3/ La guerre dérape. La Russie s'en mêle et la Chine commence à signaler son extrême irritation. Les pays du Golfe subissent des destructions considérables, les prix du pétrole et du gaz atteignent des niveaux insupportables, l'activité européenne plonge et les Bourses chutent de 30% à 40%. Personne ne peut anticiper, à ce stade, ce qu'il adviendra dans les prochaines semaines mais le premier scénario pourrait se renforcer avant la fin mars s'il n'y a pas de dérapage majeur.
En ce qui concerne l'Iran, l'effondrement du régime à date est improbable mais, une fois la phase active de la guerre terminée, la pression du peuple iranien demandant des comptes au régime devrait s'amplifier.