(Actualisé avec citation d'Agnès Pannier-Runacher §8 à §11)
PARIS, 2 juin (Reuters) - Belfort, où General Electric
GE.N envisage de supprimer un millier d'emplois, restera un
site majeur du groupe américain, promet le directeur général de
GE France, Hugh Bailey, dans un entretien accordé au Journal du
Dimanche.
Le conglomérat a annoncé l'ouverture à la mi-juin de
négociations sur ces suppressions d'emplois. Ce plan était
attendu depuis plusieurs mois, le marché de l'énergie et
notamment des turbines à gaz traversant une période difficile à
l'échelle mondiale.
"Belfort ne fermera pas. Il restera le premier site
industriel de GE Power en Europe. Nous y avons des compétences
d'excellence", déclare Hugh Bailey. "Belfort restera un site
majeur de GE. Mais pour cela, nous devons nous adapter."
"Présenter ce projet, c'est une décision difficile, mais qui
nous permettrait d'assurer la pérennité de l'outil industriel,
des savoir-faire et de l'emploi", poursuit-il.
Hugh Bailey reconnaît que le groupe n'a pas tenu sa
promesse de créer 1.000 postes en France, faite lorsqu'il a
racheté la division énergie d'Alstom ALSO.PA en 2015.
"Dans un contexte difficile, nous avons recruté près de
3.000 personnes en trois ans. Mais nous ne sommes pas parvenus à
la création des 1 .000 emplois nets", dit-il, en précisant que
le groupe avait "une forte ambition dans le renouvelable, qui
n'est que décalée dans le temps", dans l'attente en particulier
du démarrage de chantiers dans l'éolien en mer.
Le DG France, qui était dans les cabinets d'Arnaud
Montebourg, ministre du Redressement productif, et d'Emmanuel
Macron, ministre de l'Economie au moment de la vente d'Alstom à
GE, déclare ne pas avoir travaillé à l'époque sur ce dossier
"qui était hors de (son) champ de compétence".
Le gouvernement "prendra au mot" le DG France de GE, a fait
savoir dimanche la secrétaire d'Etat auprès du ministre de
l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, sur Europe 1.
"Il s'engage à maintenir l'outil industriel, les
savoir-faire et l'emploi. C'est splendide. On sera derrière lui
et on s'assurera que ces trois belles propositions soient mises
en oeuvre concrètement dans les mois qui viennent", a-t-elle
dit.
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, se rendra par
ailleurs sur le site de Belfort lundi pour "être aux côtés des
organisations syndicales, des salariés et des élus locaux", et
pour "montrer qu'on ne se laissera pas faire", ajoute-t-elle.
"On ne se laissera pas embobiner par de belles paroles mais
on sera, emploi par emploi, à demander des explications et des
développements industriels", ajoute-t-elle.
Les syndicats de GE en France ont contesté mercredi le plan
social envisagé dans l'activité turbines à gaz, y voyant une
volonté de délocalisation.
(Jean-Baptiste Vey, avec Caroline Pailliez, édité par Pierre
Serisier)