Dissuasion nucléaire française : une "surmarche" budgétaire pour financer l'augmentation du nombre de tête, selon Catherine Vautrin
information fournie par Boursorama avec Media Services 03/03/2026 à 11:14

La dissuasion nucléaire représente actuellement "13% du budget de la défense", qui s'élève en tout à 57,1 milliards d'euros en 2026.

Catherine Vautrin à Cracovie, en Pologne, le 20 février 2026. ( AFP / WOJTEK RADWANSKI )

La ministre des Armées, Catherine Vautrin a précisé mardi 3 mars le financement de l'augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises annoncée la veille par Emmanuel Macron : le coût sera financé par le budget supplémentaire prévu dans le projet d'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM).

"Vous verrez que dans la loi de programmation, nous avons ce qu'on appelle une surmarche, c'est-à-dire une augmentation de budget sur le sujet puisque le président de la République a souhaité que nous renouvelions des têtes", a expliqué Catherine Vautrin sur la radio France Inter .

La dissuasion nucléaire représente actuellement "13% du budget de la défense", a-t-elle rappelé. Celui-ci s'élève à 57,1 milliards d'euros en 2026.

Le gouvernement doit présenter au printemps un projet d'actualisation de la loi de programmation militaire ajoutant 36 milliards d'euros aux 413 milliards déjà prévus sur la période 2024-2030.

"La France est souveraine de bout en bout"

Si Emmanuel Macron a mis en avant lundi un concept de "dissuasion avancée" associant huit pays européens, "la France est souveraine de bout en bout" , a rappelé la ministre.

"Cela reste une décision totalement française, financée totalement par la France. C'est le fondement même de notre doctrine", selon elle.

L'augmentation du nombre de têtes (290 actuellement), dont le président n'a pas précisé le niveau, vise à "anticiper les évolutions futures" pour garantir la crédibilité de la dissuasion , a de son côté expliqué la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo sur la chaîne TF1 .

"Ce qui est anticipé là, c'est une complexification des crises avec probablement potentiellement une coordination de nos adversaires et surtout la nécessité de maintenir ce qui est l'objet de la dissuasion, c'est-à-dire la capacité à avoir un pouvoir de destruction qui garantit justement la crédibilité de la dissuasion", selon elle.