Défense : l'Australie signe un contrat pour l'achat de missiles américains, alors que Washington craint d'en manquer
information fournie par Boursorama avec Media Services 06/08/2026 à 14:28

Avant même la guerre contre l'Iran, les fabricants de missiles faisaient déjà face à des pénuries mondiales de composants essentiels.

( AFP / ROBYN BECK )

L'Australie a annoncé jeudi 6 août l'achat auprès des États-Unis de missiles de longue portée pour ses avions de combat -dont un modèle uniquement utilisé par l'armée américaine jusque-là-, dans le cadre d'un contrat de 736 millions de dollars australiens (518 millions de dollars américains). Il s'agit d' un montant bien inférieur à la vente de plus de trois milliards de dollars approuvée par Washington en mars.

Cette acquisition intervient alors que des élus américains s'inquiètent de l'épuisement des stocks de missiles des États-Unis à la suite de la guerre contre l'Iran.

Canberra va acheter jusqu'à 450 missiles air-air AIM-260 Joint Advanced Tactical Missile (JATM) du groupe américain Lockheed Martin pour son armée de l'air, faisant de l'Australie le premier pays, hors États-Unis, à se doter de ce nouveau missile, a indiqué à la presse le ministre australien de la Défense, Richard Marles. Il n'a pas précisé la date de livraison des missiles, et son ministère n'a pas expliqué pourquoi ce contrat est inférieur à la vente approuvée par le Congrès américain. Une notification adressée en mars au Congrès américain concernant des ventes d'armes à l'étranger indiquait que l'Australie avait demandé 450 missiles dans le cadre d'un programme, incluant des essais et des services associés, d'une valeur de 3,16 milliards de dollars américains.

Pénurie de munitions

Une analyse publiée la semaine dernière par le centre de réflexion américain Center for Strategic and International Studies (CSIS) estime que la guerre contre l'Iran a fortement entamé les stocks américains de missiles de défense antiaérienne Patriot et THAAD, créant un "risque pour la capacité des États-Unis à mener une guerre contre la Chine dans le Pacifique occidental".

Le Washington Post a rapporté jeudi que le président américain Donald Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth s'étaient opposés au sujet des pénuries de munitions, notamment de missiles guidés de longue portée et de missiles intercepteurs. Donald Trump a démenti ces informations et assuré sur les réseaux sociaux que les États-Unis disposaient d'importants stocks de munitions.

Avant même la guerre contre l'Iran, les fabricants de missiles faisaient déjà face à des pénuries mondiales de composants essentiels en raison de la prolongation du conflit en Ukraine.

L'Australie a annoncé vouloir consacrer jusqu'à 36 milliards de dollars australiens sur dix ans au développement d'une industrie nationale de fabrication de missiles guidés, en partenariat avec des groupes internationaux, dont Lockheed Martin. Canberra a également annoncé jeudi avoir testé avec succès un moteur-fusée développé en partenariat avec le groupe français Thales, dans le cadre d'un programme destiné à remédier à la pénurie de ce composant essentiel à la fabrication des missiles.