Capgemini recule en Bourse, les objectifs à moyen terme ne convainquent pas
information fournie par Reuters 27/05/2026 à 18:59

(Actualisé avec citations de la journée investisseurs, cours de Bourse, détails et précisions)

par Coralie Lamarque et Leo Marchandon

Capgemini CAPP.PA a reculé en Bourse mercredi, les perspectives à moyen terme de l'entreprise française de services informatiques, qui mise sur son positionnement autour de l'intelligence artificielle (IA) pour stimuler la croissance, n'ayant pas convaincu les investisseurs.

Le groupe a annoncé, à l'occasion de sa journée investisseurs, viser une croissance annuelle de son chiffre d’affaires comprise entre 5,5% à 7,5% à taux de change constants de 2025 à 2028.

Il a ajouté dans un communiqué tabler sur un free cash flow (FCF) organique cumulé supérieur à 6 milliards d'euros sur 2026-2028 et prévoir de porter son résultat d'exploitation avant charges liées aux acquisitions à 12,1%-12,3% du chiffre d'affaires entre 2025 et 2028.

Capgemini mise par ailleurs sur une progression de la marge portée par la création de valeur client liée à l’IA, citant notamment l'impact de l’acquisition de WNS annoncée en juillet et finalisée en octobre.

Dans un communiqué, le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, indique que le positionnement du groupe sur l'IA s'appuie sur "une connaissance approfondie des enjeux métiers propres à chaque secteur avec des capacités uniques".

"Au-delà de l’IA, nous bénéficierons également de notre solide positionnement sur des marchés en forte croissance tels que la souveraineté et la défense", ajoute-t-il.

Le groupe a par ailleurs confirmé ses objectifs pour l'exercice 2026 comme annoncés mi-février.

À la Bourse de Paris, l'action, qui a perdu près de 26% depuis le début de l'année, a terminé la séance en recul de 3,5% à 100,65 euros, tandis que le CAC 40 .FCHI a pris 0,43%.

L'OBJECTIF DE FCF DÉÇOIT

Dans une note, les analystes de Jefferies font état d'objectifs globalement en ligne avec leurs prévisions, tout en déclarant que les récentes réactions des investisseurs suggèrent que le meilleur catalyseur pour les valeurs liées à l'IA serait l'accélération des tendances au niveau sectoriel plutôt que les messages spécifiques à l'entreprise.

Les analystes ont indiqué que le débat pour les investisseurs porte sur la question de savoir s'il est préférable de privilégier l'amélioration des marges plutôt que de miser sur une croissance plus rapide, ainsi que sur l'absence de dynamique du FCF disponible par rapport aux prévisions.

Selon les analystes de JP Morgan, l'objectif de FCF semble se situer en-deçà du consensus Bloomberg, le courtier attendant la présentation de Capgemini, à partir de 12h15 GMT, pour obtenir des précisions sur "la trajectoire de croissance, l'évolution des marges entre les activités existantes et les nouvelles activités pour la période 2026-2028, le nouveau cadre de rentabilité et la conversion du flux de trésorerie disponible".

"EXPLOSION" DES OPPORTUNITÉS

S'exprimant à l'occasion de la journée investisseurs, Aiman Ezzat a déclaré mercredi après-midi que l'IA ouvrait des perspectives commerciales inédites pour le groupe, au-delà des budgets informatiques traditionnels dont dépendaient historiquement les entreprises de services technologiques.

"Nous avons assisté à une explosion de nos opportunités commerciales au cours des derniers mois. Notre pipeline d'opportunités commerciales dépasse déjà les 12 milliards de dollars, il a augmenté de 30% depuis le début de l’année", a renchéri Franck Greverie, directeur de la technologie, lors de l’événement.

Le vice-président Global Business d'OpenAI, Nate Harbacek, invité à prendre la parole lors de l'événement, a déclaré que les entreprises passaient "d'une utilisation et d'un émerveillement individuels à un véritable déploiement et une mise à l'échelle au sein de l'entreprise"

Il a ajouté que cette mutation nécessitait une connaissance du contexte sectoriel dont ils ne disposaient pas, déclarant à Aiman Ezzat : "Vous comprenez vos clients et les secteurs dans lesquels vous opérez bien mieux que nous ne le ferons à court et moyen termes."

(Rédigé par Coralie Lamarque et Leo Marchandon, édité par Augustin Turpin)