(Actualisé avec détails)
PARIS/WASHINGTON, 5 avril (Reuters) - Boeing BA.N et ses
fournisseurs étudient différents scénarios concernant le 737
MAX, dont un ralentissement de la production, si l'interdiction
de vol de ce type d'avion se prolonge pendant des mois, ce qui
sera vraisemblablement le cas selon des analystes, a dit une
personne proche du dossier.
Boeing, dont le titre perdait 0,80% en fin de séance à Wall
Street où le Dow Jones .DJI est inchangé, a refusé de
commenter ces informations.
Tous les 737 MAX sont cloués au sol depuis la catastrophe
aérienne d'Ethiopian Airlines du 10 mars et ses 157 victimes,
survenue cinq mois après l'accident d'un même appareil de la
compagnie indonésienne Lion Air, qui a fait 189 morts.
Un premier rapport publié jeudi par les autorités
égyptiennes dit que les pilotes d'Ethiopian Airlines ont
respecté les procédures d'urgence pour tenter de garder le
contrôle de l'avion, invitant Boeing à revoir son système de
contrôle de vol.
Boeing assemble aujourd'hui 52 exemplaires de la famille 737
par mois, la production du MAX, la dernière version de l'avion
le plus vendu au monde, représentant la part du lion de cette
production, même si l'avionneur a refusé de fournir des chiffres
précis.
Ce dernier avait prévu de porter la production des 737 à 57
par mois à partir du mois de juin.
Boeing est confronté à des problèmes logistiques du fait de
l'interdiction de vol du 737 MAX, le groupe devant trouver les
espaces nécessaires pour y stocker exemplaires qui sortent de
ses usines. Le groupe doit également faire face aux coûts de
maintenance de l'appareil puisqu'il ne peut les livrer aux
clients, ont dit deux autres sources proches du dossier.
Les industriels sont toujours réticents à arrêter puis
redémarrer une chaîne de production parce que cela perturbe le
circuit d'approvisionnement et peut donner lieu à des problèmes
industriels.
Une source a dit que, une fois complètement arrêtée, il
faudrait six mois pour relancer une chaîne de production aussi
complexe que celle du Boeing 737, notant toutefois qu'un arrêt
complet de cette chaîne était improbable.
(Tim Hepher, Benoit Van Overstraeten pour le service français,
édité par Dominique Rodriguez)