Boeing en perte à cause des futurs Air Force One mais l'horizon semble dégagé
information fournie par AFP 28/07/2026 à 18:36

Le président américain Donald Trump montant à bord d'Air Force One à l'aéroport d'Oakland County International (Michigan), le 27 juillet 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

L'horizon semble enfin se dégager pour Boeing, après plusieurs années de crises dues à moult problèmes de qualité de sa production mais le constructeur américain continue de pâtir des erreurs du passé.

"Nous continuons d'avancer dans la bonne direction et nous avons de nouveau réalisé un solide trimestre pour notre entreprise", a commenté Kelly Ortberg, PDG de Boeing, dans un message adressé aux employés, constatant "beaucoup de bonnes choses".

Le groupe a néanmoins réalisé une perte nette de 428 millions de dollars au deuxième trimestre, moins creusée qu'un an plus tôt et liée, surtout, à une charge supplémentaire de 280 millions de dollars pour le programme des futurs avions présidentiels américains.

Boeing a décidé de dédier davantage de ressources à ce programme, baptisé VC-25B, afin de respecter l'ultime calendrier dévoilé en décembre 2025: premier appareil mi-2028, le second l'année suivante.

Il s'agit de 747-8 spécialement aménagés, prenant le nom de code Air Force One lorsque le président américain est à bord. Ils devaient initialement être livrés avant fin 2024.

Vers 16H30 GMT, l'action Boeing gagnait 5,38% à la Bourse de New York.

Sur la trajectoire

Si le groupe achève un autre trimestre dans le rouge, il a néanmoins réussi à améliorer son chiffre d'affaires (+8% sur un an à 24,56 milliards de dollars) et à dégager un flux positif de trésorerie (631 millions de dollars), restant sur la trajectoire de 1 à 3 milliards sur l'année.

Le directeur financier Jay Malave a relevé lors d'une audioconférence avec des analystes que l'ancien objectif de 10 milliards par an de flux de trésorerie était "très atteignable", mais sans le réactiver à ce stade.

Ceci grâce au rebond des livraisons d'avions commerciaux, dans le sillage des cadences accrues de production du monocouloir 737 MAX après la crise profonde due à un incident en janvier 2024.

Le groupe, qui perçoit en général 60% du prix à la livraison, a remis à ses clients 314 avions (+12% sur un an) au premier semestre. C'est son meilleur niveau pour cette période en six ans, soit avant l'impact de deux crashes du 737 MAX 8 (346 morts au total), dus à un problème de conception.

Depuis octobre 2025, Boeing n'est plus contraint par le régulateur de l'aviation (FAA) à plafonner sa cadence mensuelle du 737 MAX à 38 exemplaires. Elle est de 47 actuellement, avec l'ambition de grimper à 63, voire davantage.

M. Ortberg a indiqué aux analystes que d'éventuels problèmes d'approvisionnement pourraient apparaître en passant de 52 à 57, précisant qu'ils avaient déjà affecté la production du 787 Dreamliner, qui a dû être ralentie "quelques jours en avril".

Huit exemplaires de ce dernier sont produits actuellement chaque mois, avec un objectif de passer à dix puis au-delà quand la seconde ligne d'assemblage sera achevée.

M. Malave a confirmé la livraison en 2026 de 500 exemplaires du 737 et de 90 à 100 Dreamliner.

Le groupe attend surtout avec impatience la certification, très retardée, de trois modèles.

Celle du 737 MAX 7 est attendue "sous peu", a indiqué M. Ortberg mardi sur CNBC, et celle du 737 MAX 10 devrait suivre rapidement. Les livraisons vont commencer en 2027.

Pour le gros porteur 777-9, ce sera un peu plus tard avec un début des livraisons toujours prévu pour 2027. Il devrait en produire cinq par mois.

"Nous avons bâti les fondations pour accomplir le travail important qui nous attend encore cette année", a souligné M. Ortberg aux employés.

"En regardant le niveau des livraisons, Boeing est clairement sur la bonne voie (...) mais il y a encore beaucoup à faire", a considéré Richard Aboulafia, expert en aéronautique, estimant que la certification des deux 737 MAX serait "cruciale mais garder le 777X sur les rails sera encore plus important, et loin d'être certain".

Sur le trimestre, Boeing a aussi enregistré 246 commandes nettes. Et l'avionneur rentre du salon de Farnborough (Royaume-Uni), la semaine dernière, avec 173 commandes fermes et options exercées dans son escarcelle, soit davantage que son grand rival européen Airbus (154 commandes).

Toutes branches confondues, le carnet de commandes atteignait 715 milliards de dollars à fin juin.