* Les résultats d'Atos sanctionnés en Bourse
* L'acquisition de Syntel mieux accueillie
* La SSII française confirme ses objectifs annuels
(Actualisé avec précisions, cours de Bourse et commentaires)
PARIS, 23 juillet (Reuters) - Atos ATOS.PA chute lundi en
Bourse, des résultats semestriels jugés décevants, éclipsant
l'effet plutôt positif de l'acquisition par la SSII française de
l'américain Syntel SYNT.O .
Après une brève hausse en début de séance, l'action Atos
s'est rapidement retournée à la baisse et creuse ses pertes.
A 11h45 elle perd 6,98% à 114,55 euros, accusant une baisse
de 5,4% depuis le début de l'année et accusant de loin le plus
net repli de l'indice parisien SBF 120 .SBF120 , qui baisse de
0,41% au même moment.
Le groupe a fait état d'une croissance organique de 1,7% au
premier semestre et d'une marge opérationnelle de 545 millions
d'euros représentant 9% de ses ventes.
Le résultat d’exploitation a quant à lui atteint 342
millions, en hausse de 4,4%.
Les analystes de Bank of America Merrill Lynch qualifient
ces résultats de mitigés avec notamment un Ebit inférieur de 1%
à leurs prévisions.
Ceux d'UBS relèvent pour leur part une croissance de 1,5% au
deuxième trimestre qu'ils qualifient de décevante et soulignent
des difficultés toujours présentes sur le marché nord-américain.
Ameet Patel, analyste de Northern Trust Capital Markets,
parle d'un environnement dégradé, en particulier aux Etats-Unis,
trahissant les espoirs d'une amélioration de la trajectoire de
croissance organique.
"Annoncer en même temps l'acquisition de Syntel pourrait
éloigner l'attention, au mois temporairement (...), mais nous ne
demandons pour combien de temps", dit-il.
Les analystes d'Invest Securities parlent de leur côté de
résultats "globalement en ligne" avec leurs attentes.
Atos a confirmé ses objectifs pour 2018, à savoir une
amélioration de sa marge opérationnelle à 10,5%-11% contre 10,2%
en 2017, une croissance organique de 2%-3%, après 2,3% l'an
passé, et un flux de trésorerie disponible de l'ordre de 60% de
la marge opérationnelle.
LE PRIX POUR SYNTEL JUGÉ CORRECT
Les commentaires sont un peu plus flatteurs concernant
l'annonce, dimanche, du rachat de l'américain Syntel SYNT.O ,
spécialisé dans le traitement de données, pour 3,4 milliards de
dollars (2,9 milliards d'euros).
Sept mois après sa tentative avortée de rachat de Gemalto
GTO.AS , qui lui a préféré Thales TCFP.PA , la SSII présidée
par Thierry Breton signe sa plus grosse acquisition depuis celle
du pôle informatique de Siemens SIEGn.DE en 2011.
"Le prix payé n'est pas excessif (...) mais il faut
souligner que la dynamique de croissance de Syntel a été
chahutée (stabilité en 2016, -4% en 2017), du fait de son
exposition aux secteurs de la santé et à quelques grands clients
dans le secteur financier ayant réduit leurs investissements",
écrivent les analystes d'Invest Securities.
Ils disent prévoir un impact relutif d’environ 7,5% avant
synergies et de 23% après synergies de coûts.
"Atos et Syntel sont très complémentaires en termes de
portefeuille d'offre, de base de clientèle et d'implantation
géographique", juge le PDG d'Atos, Thierry Breton, dans le
communiqué accompagnant les résultats.
"On va payer un prix tout à fait juste, en ligne avec notre
discipline financière", a déclaré pour sa part le directeur
financier, Elie Girard, lors d'une conférence téléphonique avec
la presse.
"Le multiple est de 14,7 fois l'Ebit des 12 derniers mois,
c'est légèrement supérieur a celui d'Atos, mais c'est justifié
par le taux de croissance de cet actif et son taux de marge
d'Ebit de l'ordre de 24%", a-t-il ajouté.
(Patrick Vignal et Pascale Denis, avec Sudip Kar-Gupta, édité
par Jean-Michel Bélot)