Airbus renonce à concourir pour le contrat de chasseurs canadiens
information fournie par Reuters 31/08/2019 à 00:00

 (Actualisé avec réaction du gouvernement canadien, contexte, no
comment de Lockheed Martin)
    OTTAWA, 30 août (Reuters) - Airbus  AIR.PA  a annoncé
vendredi qu'il se retirait de la compétition pour le futur
contrat canadien portant sur 88 avions de chasse, invoquant des
exigences trop onéreuses en matière de sécurité et des
modifications de dernière minute du cahier des charges.
    Cette décision pourrait permettre à Lockheed Martin  LMT.N 
de l'emporter, alors que les candidats concourant pour ce
contrat ont laissé entendre, ces derniers temps, que les
autorités canadiennes voulaient faire pencher la balance en
faveur du F-35 du constructeur américain.
    Dans un communiqué conjoint avec le ministère britannique de
la Défense, qui était censé convaincre Ottawa de s'équiper du
Typhoon, Airbus déclare que les exigences de sécurité imposaient
un "coût trop important aux plates-formes" et que "les
importantes révisions récemment apportées aux exigences de
retombées industrielles et technologiques (RIT) ne valorisaient
pas suffisamment les engagements fermes compris dans l'offre de
Typhoon Canada, alors qu'il s'agissait d'un point majeur".
    Le Canada a estimé ce contrat entre 15 et 19 milliards de
dollars canadiens (10 à 13 milliards d'euros).    
    La ministre canadienne des Services publics et de
l'Approvisionnement, Carla Qualtrough, a déclaré respecter la
décision d'Airbus, ajoutant que le gouvernement d'Ottawa était
déterminé à assurer l'équité de l'appel d'offres.
    Le Canada essaie sans succès depuis près de dix ans de
remplacer sa flotte vieillissante de F-18. En 2010, le
gouvernement conservateur de l'époque avait annoncé son
intention d'acheter 65 F-35 mais il avait ensuite annulé sa
décision. 
    A leur arrivée au pouvoir en 2015, les libéraux emmenés par
Justin Trudeau ont annoncé qu'ils n'achèteraient pas le F-35,
jugé trop cher, mais ils ont modéré leur position depuis. 
    Lockheed Martin s'est refusé à tout commentaire; Boeing
 BA.N  et Saab, eux aussi candidats potentiels à l'appel
d'offres n'ont pas répondu dans l'immédiat à des demandes de
commentaires. 
    

 (David Ljunggren, Pascale Denis pour le service français, édité
par Marc Angrand)