PARIS, 3 mai (Reuters) - La forte montée en cadence de la
production d'avions constitue un test pour la rentabilité du
secteur aéronautique français, qui va continuer à beaucoup
embaucher en 2016, a déclaré mardi Marwan Lahoud, président du
Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales
(Gifas).
Les avionneurs, au premier rang desquels Airbus AIR.PA et
Boeing BA.N , poussent leurs fournisseurs à accélérer leur
production afin d'absorber leurs impressionnants carnets de
commandes.
"Le défi principal, c'est l'augmentation de la production,
nous allons le relever parce qu'il est synonyme de croissance et
d'emploi et qu'il est un test de notre rentabilité", a précisé
Marwan Lahoud, responsable de la stratégie d'Airbus Group,
maison mère d'Airbus.
"Nous pouvons être très confiants pour 2016 parce que nous
cherchons à nous étendre et il faut se développer loin de nos
bases pour renforcer nos bases", a-t-il ajouté lors d'une
conférence de presse du Gifas, qu'il préside jusqu'en 2017.
Il a jugé prématuré de faire des prévisions sur le rythme de
croissance de la filière aéronautique française cette année,
après un chiffre d'affaires record de 58,3 milliards d'euros en
2015 (+8,5% à périmètre constant) grâce à des commandes, elles
aussi record, totalisant 78,3 milliards, dont 79% à
l'exportation.
Patrick Draher, PDG du fournisseur éponyme et vice-président
du groupe des équipements du Gifas, a rappelé de son côté que
les équipementiers connaîtraient un à deux ans de "plateau" de
production, avant un fort rebond une fois que les montées en
cadence du monocouloir A320 et des long-courriers A350 et Boeing
787 se répercuteront sur leur activité.
L'industrie aéronautique française, qui employait 185.000
personnes fin 2015, prévoit encore 10.000 recrutements cette
année, un rythme proche de celui de l'an passé.
Marwan Lahoud a rappelé que le secteur avait besoin
d'ingénieurs et de techniciens qualifiés pour répondre à la
montée en cadence de la production.
(Cyril Altmeyer, édité par Dominique Rodriguez)