Illustration de la carte montrant le détroit d'Ormuz
par John Irish et Andrew Gray
Les ministres des Affaires étrangères des pays membres du G7 se réunissent en France cette semaine, dans un contexte de guerres en Ukraine et en Iran, d'incertitude économique, et d'inquiétude quant à la politique étrangère des Etats-Unis.
Les ministres des Affaires étrangères de la France, de la Grande-Bretagne, du Canada, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon et des Etats-Unis, ainsi que des représentants de l'Union européenne, participeront à une réunion de deux jours qui se tiendra à l'abbaye de Vaux-de-Cernay, à quelque 40 kilomètres au sud-ouest de Paris.
Par le passé, le Groupe des Sept est généralement parvenu à trouver un large consensus sur les défis économiques et géopolitiques auquel il était confronté. Cette unité s'est toutefois affaiblie depuis le retour de Donald Trump à la Maison blanche en 2025.
LES USA, ÉLÉMENT DÉSTABILISANT
Les Etats-Unis ont obligé tant leurs alliés que leurs adversaires à s'adapter rapidement aux changements de politiques décidés par Washington sur des questions aussi diverses que les droits de douane ou l'Ukraine.
Ils sont désormais confrontés à un scénario similaire avec le conflit au Moyen-Orient, dont des diplomates et des responsables européens estiment qu'il manque d'objectifs précis ou d'une stratégie de sortie.
Le chef d'état-major des armées françaises, Fabien Mandon, a déclaré mercredi que l'imprévisibilité de Washington affectait les intérêts et la sécurité des alliés.
"L'attitude des Etats-Unis est un élément déstabilisant du système international pour tous ses acteurs, non seulement pour les membres du G7 mais aussi pour la Chine et bien d'autres pays dans le monde", a déclaré Thomas Gomart, directeur de l'Institut français des relations internationales (Ifri).
Les responsables ont renoncé à élaborer un communiqué final consensuel et exhaustif afin d'éviter toute tension manifeste, une rupture avec leur attitude passée.
OBTENIR DES CLARIFICATIONS SUR L'IRAN
L'une des priorités des partenaires de Washington sera le compte rendu du secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, qui assistera vendredi à la deuxième journée de la réunion.
Des responsables ont dit que les alliés espéraient obtenir des clarifications sur les opérations militaires menées par les Etats-Unis et Israël en Iran, et demander si un canal diplomatique existe pour parvenir à mettre fin au conflit.
Les discussions porteront également sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement près de 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL) et est actuellement bloqué par l'Iran
Les ministres du Brésil, de l'Inde, de la Corée du Sud et de l'Arabie saoudite, de grands acteurs économiques dont l'alignement est déterminant pour la sécurité mondiale, l'énergie et les crises diplomatiques, seront également présent.
ÉVITER UN MAUVAIS ACCORD POUR L'UKRAINE
Alors que les pourparlers de paix visant à mettre fin à la guerre en Ukraine sont au point mort, les responsables européens craignent de voir les Etats-Unis pousser Kyiv à accepter un accord de paix qui lui serait défavorable.
Des responsables européens ont indiqué qu'ils feraient comprendre à Marco Rubio qu'une telle possibilité était inacceptable et qu'ils demanderaient plutôt de nouvelles sanctions contre la Russie et des efforts immédiats pour préparer l'Ukraine à un nouvel hiver de conflit.
Des mesures pour la protection du secteur énergétique ukrainien, pris pour cible à plusieurs reprises par les attaques russes, ainsi que par la poursuite du soutien militaire à Kyiv, seront notamment nécessaires.
"Nous réaffirmerons notre soutien à Kyiv et aux efforts de médiation américains et soulignerons la nécessité de maintenir la pression sur Moscou par le biais de sanctions", a dit une source diplomatique italienne.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères participera aux discussions.
Cette réunion s'inscrit également dans le cadre des priorités françaises en vue du sommet des dirigeants du G7 qui se tiendra dans les Alpes en juin prochain, notamment en ce qui concerne la manière de remédier aux déséquilibres mondiaux et à la crise du multilatéralisme, des discussions auxquelles Paris s'est efforcé d'associer plus étroitement la Chine.
La création d'un groupe de travail chargé de lutter contre le trafic de drogue est l'un des domaines dans lesquels les responsables entrevoient un consensus potentiel pendant la présidence française du G7.
(version française Camille Raynaud)

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