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Invasion russe en Ukraine : comment Swift est devenu une arme financière pour sanctionner Moscou ?
information fournie par Boursorama avec Media Services31/05/2022 à 15:12

Le principal établissement bancaire de Russie soutient que la suspension de la plateforme dans le pays n'aura qu'"un effet limité".

Le logo de l'entreprise SWIFT, le 26 juin 2006.  ( BELGA / JACQUES COLLET )

Le logo de l'entreprise SWIFT, le 26 juin 2006. ( BELGA / JACQUES COLLET )

Les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne (UE) ont trouvé, lundi 30 mai dans la soirée, un accord pour exclure trois banques russes , dont Sberbank, du système international Swift : une décision qui enlèverait à ces banques l'accès à un rouage discret mais essentiel des échanges bancaires internationaux.

Le principal établissement bancaire du pays soutient de son côté que cette sanction n'aura qu'un effet limité , le groupe ayant déjà été frappé par d'autres sanctions depuis l'offensive russe contre l'Ukraine fin février. Quel est l'impact réel de cette arme financière, déjà appliquée à sept banques russes depuis le début du mois de mars ?

Qu'est-ce que Swift ?

Swift, fondé en 1973, est l'un des plus importants réseaux de messagerie bancaire et financière. La société, acronyme de Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, est basée à Bruxelles. Non coté, Swift est organisé sous forme de coopérative de banques . La société se présente comme neutre.

Elle est notamment à l'origine du code BIC, qui permet d' identifier une banque via un code unique composé de 8 à 11 caractères , prenant en compte le nom de la banque, son pays d'origine, sa localisation et l'agence ayant traité l'ordre en question.

À quoi sert Swift ?

Mis en œuvre pour remplacer la technologie vieillissante du Télex, le groupe assure plusieurs tâches : transit des ordres de paiement entre banques , ordres de transferts de fonds de la clientèle des banques, ordres d'achat et de vente de valeurs mobilières, etc. Le tout grâce à des messages standardisés, permettant une communication rapide, confidentielle et peu coûteuse entre établissements financiers.

La société met en avant sa fiabilité sur son site internet et revendique "plus de 11.000 organisations bancaires et de titres , infrastructures de marché et entreprises clientes dans plus de 200 pays et territoires".

Le rôle de Swift déborde le cadre de la finance : un accord signé mi-2010 par les États-Unis et l'Union européenne permet officiellement aux services américains du Trésor d'accéder aux données bancaires des Européens via le réseau, au nom de la lutte contre le terrorisme.

Que représente Swift en Russie ?

Selon le site de l'association nationale Rosswift, la Russie serait le deuxième pays après les États-Unis en nombre d' utilisateurs avec quelque 300 banques et institutions russes membres du système . Plus de la moitié des organismes de crédit russes sont représentés dans Swift, est-il précisé par cette source.

Moscou met cependant en place ses propres infrastructures financières, que ce soit pour les paiements (cartes "Mir", voulues comme l'équivalent de Visa et Mastercard), la notation (agence Akra) ou les transferts, via un système baptisé SPFS. Sberbank a ainsi souligné mardi que la décision de Bruxelles n'affectait pas les opérations internes à la Russie , qui ne dépendent pas de Swift.

Y a-t-il des précédents ?

L'exclusion de Sberbank et de deux autres banques russes n'est pas un cas isolé : en mars, sept établissements bancaires russes ont été débranchés du système financier international. Gazprombank, bras financier du géant des hydrocarbures par lesquels transitent la majeure partie des paiements pour les livraisons de gaz et pétrole russes à l'UE, reste en revanche dans le système.

Avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Swift avait déjà "suspendu" en novembre 2019 l'accès de certaines banques iraniennes à son réseau dans le cadre des sanctions décidées par les États-Unis contre l'Iran. L'Iran avait aussi été déconnecté du système Swift de 2012 à 2016.

Est-ce une arme efficace  ?

Couper l'accès d'une banque au réseau Swift, c'est lui i nterdire de recevoir ou d'émettre des paiements via ce canal . Par ricochet, c'est aussi interdire à des établissements étrangers de commercer avec cette banque. Cela complique donc les échanges économiques entre les pays qui utilisent Swift et la Russie, notamment pour l'achat de gaz dont Moscou est un important fournisseur.

Dans le cas de Sberbank, de lourdes sanctions avaient déjà été imposées par les États-Unis et le Royaume-Uni. "L'exclusion de Swift ne change rien à la situation pour les règlements internationaux", a affirmé la banque mardi. Sortir un pays aussi important que la Russie de Swift pourrait aussi accélérer le développement d'un système concurrent, avec la Chine par exemple. Le système Swift a d'autant plus d'efficacité que tout le monde y participe.

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5 commentaires

  • 01 juin08:58

    freudmar +1000